Transport

Transport aérien en Guadeloupe et en Martinique : après le plongeon, tenir en attendant le reprise

Transport aérien en Guadeloupe et en Martinique : après le plongeon, tenir en attendant le reprise

Les plates-formes aéroportuaires de Guadeloupe et de Martinique subissent la crise !

Après une année 2019 de tous les records, 2020 a été une douche froide pour Guadeloupe Pôle Caraïbes et Martinique Aimé Césaire : chute totale respectivement de 49 % du trafic passagers et de 50,2%. Toutes les destinations sont touchées : vers la France, le trafic a baissé de 45,9 % pour la Guadeloupe, de 44,9 % pour la Martinique ; entre les deux îles et la Guyane, respectivement de 52,7 % et 59,1 % ; vers le reste de la Caraïbe, respectivement de 78,1 % et de 73,7 %. Le fret a également été en recul durant ces douze mois de 2020 : -18,1 % pour la Guadeloupe et -14,8 % pour la Martinique. Sur les deux plates-formes, Air Caraïbes demeure la compagnie qui a transporté le plus de passagers, suivie par Air France et Corsair.

Pour faire face à cette contraction d’activité, les deux plates-formes ont pris des mesures immédiates, telles que l’arrêt des opérations de maintenance préventive en ne réalisant que les interventions réglementaires, la diminution drastique des frais de fonctionnement, dont la communication, les réparations, les achats, les prestations d’assistance…, et tous les contrats ont été renégociés. Seuls les investissements pour maintenir les capacités ont été conservés. La Martinique reprend doucement ses travaux d’agrandissement qui devraient s’achever en 2023. Pôle Caraïbes a repoussé ses projets d’extension.

Côté social, 50 % des salariés a été en activité partielle, les recrutements ont été gelés et le recours aux contrats à durée déterminée limité. Le personnel a épurer ses jours de congé et mis en formation.

Au niveau de la trésorerie, pour faire face à ce trou d’air, les deux plates-formes ont eu recours à un prêt garanti État (PGE) de 15 M€ en moyenne, Guadeloupe Pôle Caraïbes a en outre débloqué un emprunt de la Banque européenne d’investissement (BEI) de 10 M€ pour le financement des travaux effectués en 2020 et a souscrit à une avance de trésorerie de 7,6 M€ pour faire face au non-versement de la taxe d’aéroport des compagnies. Martinique Aimé Césaire a déployé une stratégie identique et a souscrit un PGE de 13M€. Les échéances de tous les crédits ont été reportées de six mois et des échéanciers ont été signés avec les services fiscaux.

Avec les nouvelles mesures de restriction des déplacements annoncées par le Premier ministre pour ce début février, leur seule préoccupation est d’assurer le service minimum autorisé en attendant la reprise, qui n’est pour l’heure pas à l’horizon.

Partager cet article :

Suggestion d'articles :