Questions à ...

Carine Sinaï-Bossou, présidente de la CCI de Guyane : ”Le moral des chefs d’entreprise est au plus bas”

Carine Sinaï-Bossou, présidente de la CCI de Guyane : ”Le moral des chefs d’entreprise est au plus bas”

Pour la présidente de la CCI de Guyane et de l’ACCIOM, les objectifs sont de ré-insuffler la confiance aux chefs d’entreprises et d’influencer Bercy !

Encore au cœur de la crise sanitaire, comment vont les chefs d’entreprise en Guyane ?

Depuis plusieurs semaines, avec la Direction régionale des finances publiques (DRFIP), nous faisons un CCI Tour dans les communes. De Saint-Laurent-du-Maroni à Mana, de Sinamari à Kourou, de Macouria à Roura, de Saint-Georges à Cayenne, nous avons fait des réunions publiques puis nous sommes allés dans les entreprises : le moral des chefs d’entreprise est au plus bas ! Beaucoup n’ont plus envie de se battre : s’ils connaissent les mesures gouvernementales et régionales, beaucoup d’entre eux n’ont plus le courage de les activer, de monter les dossiers.

Dans un nombre significatif de quartiers, beaucoup de commerces ont fermé tout simplement et beaucoup de ceux qui demeurent ouverts ne font aucun chiffre d’affaires et se disent donc “à quoi bon être ouvert !”

Autre indicateur : au Centre de formalité des entreprises (CFE) que la CCI gère, nous avons constaté une baisse de 76 % du nombre de créations d’entreprises au 30 juin 2020 par rapport à la même époque en 2019. Nous n’enregistrons pas encore un nombre significatif de fermetures parce que de nombreux chefs d’entreprise mettent leur activité en “hibernation”, ne prenant pas encore de décision définitive.

Il faut se souvenir que la Guyane n’est toujours pas déconfinée. Les mesures de couvre-feu viennent tout juste d’être assouplies sur Cayenne, à Kourou seulement, c’est-à-dire une interdiction de circuler à partir de 23 h au lieu de 20 h. Les restaurants peuvent ouvrir uniquement en terrasse que depuis peu, uniquement après validation par le préfet d’un protocole sanitaire strict.

Aujourd’hui encore, le Centre spatial guyanais a une majorité de ses salariés en télétravail. Conséquence : tous les commerces fonctionnant autour de cette activité connaissent des baisses importantes de chiffre d’affaires, voire ont fermé.

Le transport, le tourisme, la culture, les salles de sport, etc., l’ensemble des activités sont durement impactées. Notre objectif aujourd’hui, avec nos visites de terrain, est de ré-insuffler de la confiance. Durant le mois de septembre, nous ferons la même action auprès des entrepreneurs installés dans les communes le long du fleuve Maroni.

Les aides promises aussi bien par l’État que par la collectivité territoriale ont-elles été versées ?

Celles gérées par la DRFIP ont été versées dans des délais courts. En revanche, celles venant de la Collectivité territoriale de Guyane ont été accélérées depuis que deux personnes supplémentaires ont été embauchées. Les versements sont en cours.

Dans ce contexte dégradé, comment préparez-vous la relance ?

Avec 32 autres signataires, la Chambre de commerce a présenté un plan de relance pour la Guyane au sortir du confinement. Il est toujours d’actualité.

Au sein de l’Association des CCI d’outre-mer (ACCIOM), nous reprenons ces propositions : nous sommes en train de préparer un livre blanc que nous porterons le 22 septembre prochain au ministre des Outre-Mer. Dans cet ouvrage seront présentées les priorités pour chacun des territoires d’outre-mer et pour chaque secteur d’activité.

Avec le ministère des Outre-Mer, nous voulons ainsi peser afin que des mesures particulières soient retenues dans la loi de finances pour 2021, qui est en préparation.

Partager cet article :

Suggestion d'articles :