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Alain Fabre : “Devenir un acteur majeur sur tous nos nouveaux territoires !”

Alain Fabre : “Devenir un acteur majeur sur tous nos nouveaux territoires !”

“Devenir un acteur majeur dans tous nos nouveaux territoires !”

N123-Quest-a-FabreAlain Fabre, vous êtes membre du directoire de la CEPAC. Le 18 septembre dernier, la Banque centrale européenne pris une décision importante pour le groupe Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse : quelle est-elle ?

Ce jour là, la Banque centrale européenne (BCE) a donné son accord pour la cession de l’intégralité des participations de Banque Populaire/Caisse d’Epargne International et Outre-Mer (BPCE IOM) au sein de la Banque de la Réunion, de la Banque des Antilles Françaises et de la Banque de Saint-Pierre-et-Miquelon à la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse (CEPAC). Notre dossier a été la première décision prise par la BCE dans ces nouvelles prérogatives de régulateur du secteur bancaire européen. Jusqu’alors ce type de décision était pris au niveau franco-français.

Qu’est-ce qui change ?

La CEPAC est aujourd’hui propriétaire de ces trois banques. Nous sommes donc dans un processus de prise des majorités dans les conseils d’administration. Voilà un mois, Alain Lacroix, Président du directoire de la CEPAC, a pris la présidence de celui de la Banque de la Réunion, et avec Serge Derick, nous en sommes devenus administrateurs en lieu et place de ceux de BPCE IOM. Nous avons fait de même voilà quinze jours au sein de la BDAF, puis à la Banque de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Nous allons donc plus loin qu’en 1999 : à cette époque, la CEPAC était propriétaire de la BDAF, mais uniquement en participation. Cette fois-ci, nous allons intégrer totalement les réseaux bancaires dans ceux de la Cepac. Nous sommes donc dans une phase transitoire durant laquelle chacune des banques conserve son identité. Nous nous donnons un an pour finaliser la fusion.

Quelles seront les prochaines grandes étapes de cette fusion?

En avril 2016, nous opérerons la fusion juridique, c’est-à-dire que tous les réseaux ne feront plus qu’un, aussi bien au niveau des équipes, que des agences, etc. Nous achèverons la fusion par la migration informatique qui s’effectuera le 11 novembre 2016 précisément. Elle entraînera la renumérotation de tous les comptes clients dans la base CEPAC. Nous nous donnons du temps pour réussir notre fusion informatique qui peut se révéler une catastrophe industrielle si elle est mal menée.

Combien a coûté à la CEPAC cet achat ?

La CEPAC a déboursé au total 1 Md€, dont 320 M€, pour les trois banques, payés sur nos fonds propres, auxquels s’ajoutent 750 M€ pour le portefeuille de crédits, qui, pour des raisons réglementaires, étaient hébergés chez BPCE IOM. Nous investissons en outre 60M€ pour notre projet informatique.

Des ratios de la CEPAC sont-ils impactés par ce rachat ?

Trois de nos ratios sont impactés : il s’agit de celui concernant les clients douteux. Le volume est multiplié par deux et atteint 800M€ : nos équipes travaillerons d’arrache pied pour le ramener à de meilleures proportions. Il s’agit ensuite de notre ratio de solvabilité qui passera de 16 % à 12 % -l’exigence des autorités de régulation se situe à 9%- et enfin, de notre coefficient d’exploitation. Avec nos équipes, nous nous donnons trois ans pour retrouver ces performances.

Après ce rachat, quel est le périmètre de la CEPAC outre-mer ?

La CEPAC est désormais présente à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe ainsi qu’à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, en Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon qui sont de nouveaux marchés. Après rachat, nous détiendrons un portefeuille total 200 000 clients. L’outre-mer représente aujourd’hui 12% de notre activité, ce pourcentage atteindra 30% d’ici 2020. Notre ambition est d’être un acteur majeur dans tous les territoires où nous sommes désormais implantés.

Ce rachat a-t-il entraîné une réorganisation au niveau de la CEPAC ?

Nous avons en effet décidé de répartir nos activités en deux pôles : l’un appelé Métropole, l’autre Outre-mer. Nous ne sommes plus organisé par type de clients (professionnels, particuliers, associations…). Nous considérons en effet que nos collaborateurs doivent être en capacité d’offrir tous nos produits à nos clients quelle que soit leur demande, en fonction de leur situation géographique.

Quelles expertises proposerez-vous à termes ?

Nous allons développer la banque privée, de l’expertise sur l’habitat, sur l’IRD, toute la modernité de la banque…

Fusion : Onze chantiers à réussir

Dans le cadre de la fusion de la banque de la Réunion, de la Banque des Antilles-Françaises et de la banque de Saint-Pierre-et-Miquelon dans la Cepac, onze chantiers ont été lancés avec 140 salariés et les dirigeants de toutes les banques et de tous les territoires. L’objectif est de construire une nouvelle banque en termes de distribution, de marketing, de process bancaires, l’organisation, la réglementation, les produits, la marque, les valeurs…

En ce qui concerne la marque, la CEPAC va interroger les collaborateurs mais aussi les clients sur ce qui fonde la valeur de la marque, comme par exemple la proximité, le service au territoire, etc. Les nouveaux propriétaires acceptent même le principe de revoir leur appellation Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse. Selon elle, depuis 1995, avec l’implantation à la Réunion, suivie en 2005 de celle à la Guadeloupe et en 2007 à la Martinique, ce nom n’était plus pertinent. Il serait donc temps de trouver une nouvelle identité qui incarnera la réalité de tous les territoires.

L’objectif affiché est de garder le meilleur des quatre mondes bancaires.

Du côté des salariés, l’enthousiasme domine : “Les raisons de ce rachat sont clairement expliquées et surtout, c’est un projet de développement ambitieux”, déclare Daniel Germé, directeur commercial Antilles-Guyane de la banque d’affaires de la BDAF. “En termes de business, la puissance de la CEPAC nous permet désormais de nous positionner sur des dossiers que nous ne pouvions même pas ouvrir auparavant avec 6% de part de marché. En outre, ce rachat ouvre des perspectives de carrière et de mobilité pour les collaborateurs puisque nous intégrons un groupe fort de 3000 collaborateurs et présent sur un grand nombre de métiers bancaires”, explique Christian Isola, directeur commercial Martinique et Guyane sur la banque de détail de la BDAF.

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