Blog de Francette

Plan de Relance

BTP : Bruno Le Maire convoque tout le monde pour que son plan fonctionne !

BTP : Bruno Le Maire convoque tout le monde pour que son plan fonctionne !

Le ministre de la Relance a pris les représentants de la FFB, de la Capeb, de la FNTP et de la CNATP entre quatre yeux : avec les 100Md€ pour le BTP inscrit au plan de relance, il veut des résultats en termes de formation et d’emploi des jeunes !

Sur tous les tons, nous entendons que le BTP sera l’instrument de la relance :

Rénovation énergétique des bâtiments publics de l’Etat, des collectivités, des logements privés, réhabilitation des logements sociaux, des locaux de TPE/PME : l’Etat met 100 milliards d’euros sur la table et cela doit ruisseler outremer, singulièrement aux Antilles-Guyane voire particulièrement en Martinique !

Bonne nouvelle n’est-ce pas ?

Sauf que le secteur du BTP n’est pas en très grande forme en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane.

Pourquoi ?

Parce qu’après 2009, de nombreuses entreprises de taille moyenne, capable de suivre plusieurs chantiers à la fois, ont disparu.

Résultat.

Si Bouygues et Vinci, les gros faiseurs nationaux, sont encore dans les parages, ils ont drastiquement réduits la voilure à cause de la crise

A côté d’eux exercent une myriade d’artisans.

S’ils ont quelques savoir-faire et compétences, mais ces dernières années, ils se sont surtout bagarré pour survivre dans un marché déprimé.

Conséquence :

Plus personne ne se parle dans cette profession : les architectes font à leur guise, les aménageurs sont inexistants, les maîtres d’ouvrage aux abonnés absents et les représentations locales des syndicats Capeb et Fédération française du bâtiment se tirent une bourre telle qu’elle leur empêche de se fédérer pour proposer une offre qui tienne la route quand une telle masse de travail arrive !

Les jeunes se détournent des métiers du BTP

Conséquence encore, et sans doute la plus dommageable : alors que le secteur devrait être une voie royale pour beaucoup de jeunes car il y a de belles carrières à y faire, en plus tournées vers les technologies avec le bâti immobilier modélisé, le BIM, norme de la profession depuis plus de cinq ans encore inutilisée aux Antilles-Guyane ; donc à cause de ces bagarres incessantes, les jeunes regardent avec défiance ces métiers qu’ils constatent désorganisés et les centres de formation des apprentis peinent à recruter.

Le tableau est donc plutôt sombre localement.

Mais au niveau national il y a aussi des failles : à tel point que Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du Logement, et Alain Griset, ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, 4 ministre donc ont réuni voilà deux jours tous les acteurs du secteur du BTP, à savoir la Fédération française du bâtiment (FFB), la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et la Chambre nationale des artisans des travaux publics (CNATP).

Les acteurs mis en face de leurs responsabilités

Ces quatre ministres leur ont fixé 3 objectifs :

  1. Le recrutement, en particulier des jeunes et des apprentis, et la formation des jeunes, des demandeurs d’emploi et des salariés aux métiers de la rénovation énergétique. Nous avons en plus rajouter chez nous le confortement des bâtiments avec le plan séisme ainsi que de désamiantage à mener à bien. 
  2. Les 4 ministres ont rappelé aux acteurs du BTP leur responsabilité pour que l’activité induite lors de la Relance conduise à la préservation et la création d’emplois locaux ainsi qu’à l’insertion dans l’emploi sur l’ensemble du territoire, dont outre-mer

 

3) La nécessité du développer le label « Reconnu garant de l’environnement » (le fameux RGE), gage de la qualité des travaux de rénovation énergétique. A ce label, nous pouvons rajouter Qualibat et Handibat, des normes  qui existent respectivement depuis 71 ans et 10 ans dans la profession. Pourtant, aucune entreprise martiniquaise, guadeloupéenne et guyanaise n’en dispose !

Vous voyez, il y a du pain sur la planche pour les entreprises locales, de l’indispensable transformation avec du travail en commun et du bien bel ouvrage en perspective pour nos jeunes !

Partager cet article :

Suggestion d'articles :