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Transition écologique : Et si l’hydrogène bleu n’était pas si vertueux…

Transition écologique : Et si l’hydrogène bleu n’était pas si vertueux…

Le seul hydrogène écologique est l’hydrogène vert !

Selon la revue Energy Science & Engineering et des chercheurs des universités Cornell et de Stanford, l’hydrogène bleu n’apporte “aucun bénéfice” en matière de décarbonation et ne serait qu’une “distraction” destinée à reporter les actions nécessaires pour véritablement décarboner l’économie mondiale. Les différents types d’hydrogène (H2) sont en effet classés par couleur. L’hydrogène vert est celui produit par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité provenant d’énergies renouvelables. Depuis septembre 2020, le gouvernement français encourage en priorité la production de ce type d’hydrogène (6,5 GW visés d’ici 2030), à l’aide d’une enveloppe de 7 Md€. L’hydrogène gris, quant à lui, est issu du vaporeformage, une méthode consistant à surchauffer la vapeur d’un gaz naturel, comme le méthane (CH4) – ce qui émet une certaine quantité de gaz à effet de serre, en fonction de la source de l’électricité employée. L’hydrogène bleu, enfin, provient, comme le précédent, du vaporeformage de gaz naturel mais est associé à une étape supplémentaire de compensation : le captage et le stockage (dans le sol, par exemple) d’une partie des gaz à effet de serre émis par sa production. L’hydrogène bleu est ainsi perçu comme une étape intermédiaire moins polluante vers l’hydrogène vert. Deux installations dans le monde produisent aujourd’hui de l’hydrogène bleu : celle de Shell au Canada et celle d’Air Products au Texas, précise la Fondation européenne pour le climat (ECF) dans un communiqué. Cependant, pour les auteurs de cette étude, ce type d’hydrogène n’est pas si “décarboné” que cela. En admettant que le carbone capturé soit stocké indéfiniment sans possibilité de s’échapper, les chercheurs estiment que les émissions de dioxyde de carbone équivalent (CO2eq) dues à la production d’hydrogène bleu ne sont que de 9 % à 12 % inférieures à celles de l’hydrogène gris. Si les émissions sont effectivement réduites selon les chercheurs, les fuites de méthane restent plus importantes du fait de l’utilisation d’électricité produite elle-même, le plus souvent, à partir de gaz naturel dans le processus de captage des gaz à effet de serre. Ainsi, selon leurs calculs, le taux d’émission de CO2eq de l’hydrogène bleu serait même de 20 % supérieur à celui de la combustion du gaz naturel pour le chauffage. Ces chercheurs lancent donc un signal d’alarme : le seul hydrogène “propre” dans lequel nous devrions investir des fonds publics est l’hydrogène vert, véritablement net zéro, produit à partir de l’énergie éolienne et solaire.

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