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Digicel Group : l’opérateur leader dans la Caraïbe va mal !

Digicel Group : l’opérateur leader dans la Caraïbe va mal !

Digicel Group doit d’urgence trouver des liquidités et Free Mobile doit d’urgence trouver un réseau pour se déployer : de bonnes raisons pour que les deux hommes d’affaires s’entendent !

Notre confrère Joe Brennan, rédacteur dans le journal irlandais The Irish Times a publié un article étayé sur la situation réelle de Digicel Group, l’opérateur téléphonique dans la Caraïbe. Il est très éclairant sur la situation financière préoccupante de Digiciel Group qui doit  trouver des liquidités pour faire face à une échéance importante d’ici un an. Il indique également l’avancée de discussions avec un concurrent intéressé par la Caraïbe avec la création d’une coentreprise. Dans le portefeuille de Digicel Group, ce sont les trois marchés français (Martinique, Guadeloupe, Guyane et îles du Nord) qui intéresseraient un opérateur national (Free Mobile) qui sont de nature à lui permettre une vraie levée de fonds pour faire fac à une échéance de 1,3 Md$ début 2021. Digicel Group avait acheté les actifs de Bouygues Télécom dans la Caraïbe pour 165M€. Cette partie du groupe représentant un marché à pouvoir d’achat d’1 million d’habitants a depuis 2006 pris de la valeur.

Voilà donc ce qu’a diffusé notre confrère The Irish Times  sur la santé financière de Digicel Group.

“Digicel conclut un accord de partage de réseau dans un contexte de liquidités «limitées»
Le partenariat serait une première pour un groupe qui avait une dette de 6,8 milliards de dollars fin décembre

Le groupe de télécommunications Digicel de l’homme d’affaires Denis O’Brien est en pourparlers pour former un partenariat de partage de réseau avec un rival sur l’un de ses marchés afin de redémarrer les niveaux de trésorerie alors qu’il traite des paiements d’intérêts en cours sur sa dette de près de 7 milliards de dollars.

Les dirigeants de la société ont déclaré aux obligataires cette semaine que les niveaux de liquidité du groupe restaient «serrés mais gérables», selon des sources, même après avoir annoncé que son niveau de trésorerie avait glissé à 126 millions de dollars (115 millions d’euros) en décembre contre 180 millions de dollars sur trois mois plus tôt. Il était de 214 millions de dollars au début de l’année.

Les dirigeants ont signalé les pourparlers de la coentreprise de réseau lors de l’appel, sans identifier lequel des 32 marchés sur lesquels il opère dans les îles des Caraïbes, d’Amérique centrale et du Pacifique est soumis au plan.

Alors que Digicel aurait collecté plus de 150 millions de dollars grâce à la vente de tours mobiles en Jamaïque, au Salvador et aux Antilles françaises au cours des trois dernières années, un accord de partage de réseau serait une première pour le groupe.

Digicel serait en mesure d’augmenter le produit de la vente en vendant des actifs dans un véhicule de coentreprise, qui serait en mesure de lever le financement de la dette à part entière. Un partenariat avec un autre opérateur se traduirait par une réduction globale des futures demandes d’investissement.

Un porte-parole de la société a refusé de commenter le contenu de l’appel obligataire.

Le groupe télécoms, créé par M. O’Brien en Jamaïque en 2001 après avoir réalisé environ 200 millions d’euros pour la vente d’Esat Telecom au groupe BT l’année précédente, a déclaré cette semaine aux détenteurs d’obligations que son résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (ebitda) a augmenté de 4% en glissement annuel pour atteindre 251 millions de dollars au troisième trimestre de l’exercice de Digicel.

Mouvements de devises
Cette évolution est due à des mouvements de devises plus favorables sur certains de ses principaux marchés par rapport au dollar et à la croissance continue des revenus de données, qui a compensé la baisse des ventes de voix dans sa division mobile.

L’amélioration de la situation des bénéfices intervient à un moment où Digicel réfléchit à la manière de refinancer 1,3 milliard de dollars d’obligations arrivant à échéance au début de 2021, ce qui est devenu un problème croissant pour les créanciers et les agences de notation de la société.

Le groupe de notation Fitch a averti en novembre dernier que Digicel était confronté à un “ risque de refinancement imminent ” et devrait probablement restructurer les obligations de 2021, ce qui pourrait à son tour déclencher une restructuration de 3,8 milliards de dollars supplémentaires de dette qui devrait arriver à échéance entre 2022 et 2024.

Le groupe a souligné à plusieurs reprises qu’il avait «un historique de succès de refinancement des échéances de la dette avant leur échéance, et il continue d’évaluer les options à cet égard».

Les investisseurs s’attendraient à ce que Digicel propose un plan de refinancement au moins un an avant l’échéance des obligations, en avril 2021.

Les emprunts nets de Digicel s’élevaient à 6,8 milliards de dollars fin décembre, entraînant un endettement net de 6,8 fois l’Ebitda, selon des sources. Cela par rapport à un ratio de 7,3 fois six mois plus tôt.

L’entreprise compte 14 millions d’abonnés après avoir dépensé plus de 5 milliards de dollars pour développer ses réseaux au cours des 19 dernières années.

M. O’Brien a également retiré au moins 1,9 milliard de dollars de dividendes divulgués au groupe entre 2007 et 2015.”

Dans ce contexte, Xavier Niel et Denis O’Brien ont de bonnes raisons pour s’entendre. Les deux hommes d’affaires se connaissent, ils ont des trajectoires professionnelles similaires, et leurs entreprises ont toutes les deux besoin “de se refaire une virginité”.

 

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