Editorial

Trois sujets à mettre dans tous les programmes !

Trois sujets à mettre dans tous les programmes !

Toutes les équipes en lice aux Antilles-Guyane devront proposer des solutions concrètes pour le désenclavement, contre la vie chère et pour le déploiement des énergies renouvelables.

Les élections régionales auront lieu en juin 2021… ou plus tard : c’est le Covid-19 le véritable gardien du calendrier. Quoi qu’il en soit, voire à cause de cette incertitude qui bouleverse les habitudes, ne serait-il pas judicieux que les candidats à ces élections s’éloignent de la politique politicienne, des petites phrases et anathèmes, choux gras des périodes fastes, pour se concentrer sur des argumentations et des propositions solides capables de jeter les bases du modèle de vie et de développement des territoires insulaires et éloignés de France.

Celui qui a dominé ces 100 dernières années était bâti sur le principe de la dépendance, consolidé par le matraquage du concept des “handicaps”. Ce modèle a été construit pour les grands industriels français, voire européens, qui disposent ainsi de zones captives : des fonds de marchés, de rayons, de cales… qui consolident les bilans dès le premier jour de l’an.

Cette situation de rente existe encore dans le maritime (voir IE Février 2021), constitue un élément majeur expliquant la vie chère  (p34), et est en reconsolidation dans l’énergie (p40).

Pour ce dernier secteur, un peu d’histoire : le moratoire intervenu en 2010 a stoppé net le développement de la production d’énergie à partir du soleil par des entreprises locales. Un arrêt volontaire par l’État pour donner le temps à l’énergéticien historique d’implanter de nouvelles centrales aux capacités toujours supérieures qui seront en activité pendant 30 ans ; la dernière est en construction au Larivot, en Guyane. Ce temps donné lui a également permis de tester la technologie de la biomasse liquide importée, lui permettant d’annoncer, voilà quelques semaines, la conversion de ses centrales fuel à ce nouveau combustible et d’afficher que ces nouvelles unités sont à énergie renouvelable ! Le Plan pluriannuel de l’énergie (PPE) de la Réunion a déjà été modifié en ce sens et l’Union européenne a donné son accord pour ce “tour de magie” dans son Green Deal, qui interdit le transport de biomasse au-delà d’une certaine distance… sauf pour l’outre-mer. Une décision qui va ralentir le déploiement de filières locales, voire obérer celui de sources renouvelables constantes comme la géothermie en Guadeloupe. L’Adème vient opportunément de sortir une étude expliquant qu’il faudra changer la fiscalité de ces nouvelles centrales pour l’énergéticien historique, car le développement des ENR provoquera une diminution de leur utilisation…

Derrière les contraintes de la crise sanitaire, de manière déterminée, l’État applique sa vision de la France à 25 ans détaillée par Bruno Lemaire en mai 2020. Les futurs élus des Antilles-Guyane doivent l’avoir en tête pour que ces territoires ne ratent pas le coche.

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