Entretien

Sophie Brocas, DG des Outremer, présidente du Conseil interportuaire

Sophie Brocas, DG des Outremer, présidente du Conseil interportuaire

Pour Sophie Brocas La pandémie oblige les partenaires maritimes à s’interroger collectivement sur leurs organisations.

Après cet épisode de pandémie qui a rendu difficiles, voire impossibles, les déplacements, à quel point en sont les travaux du Conseil de coordination interportuaire des Antilles-Guyane ?

Nous avons poursuivi nos réflexions communes avec les grands ports maritimes, ce qui nous a permis d’aboutir à la première feuille de route du Conseil de coordination interportuaire Antilles-Guyane. Cette dernière a été adoptée à l’unanimité par les représentants de l’État, les collectivités, les ports et les personnalités qualifiées. Nous avons pu nous réunir en visioconférence le 30 avril 2021 et nous projetons de nous réunir une nouvelle fois avant la fin de l’année ou tout début 2022, en présence physique cette fois, espérons-le.

 

Une feuille de route et des actions ont donc été validées en avril 2021 : quels en sont les détails ?

Les trois grands ports maritimes membres du CCIAG, en lien avec la DGOM, ont mené entre 2017 et 2019 une démarche collaborative pour se doter d’un document commun construit autour des quatre grands axes suivants :

–    un développement et une promotion coordonnés : le document décrit les orientations stratégiques coordonnées sur des marchés communs (transbordement de conteneurs, réparation de yachts), le codéveloppement sur de nouvelles activités (cabotage fret intracaraïbe) et une promotion commune de la croisière ;

–    la construction de réponses cohérentes à des enjeux partagés : la transition écologique et énergétique (ports à énergie positive, économie circulaire, gestion des fonds marins, pollution marine), la transition climatique (catastrophe naturelle et protection des côtes) et la transition numérique (smart ports et incubateurs) ;

–    un alignement des processus métiers et des outils au service de l’amélioration de la qualité de service : homogénéisation de procédures de sûreté, de sécurité et d’exploitation, et création de réseaux métiers pour partager les compétences avec des référents transversaux ;

–    la mutualisation de certains outils et fonctions : mise en place d’un observatoire économique commun, agent comptable partagé, mutualisation de la mise en œuvre de la réglementation générale sur la protection des données.

Ce document de coordination a été formellement adopté lors du CCIAG du 30 avril 2021. L’objectif est désormais de passer de l’intention aux actes en mettant en œuvre les premières actions concrètes qui permettront d’accroître les synergies entre les ports et d’incarner le vieil adage “l’union fait la force”. Je sens qu’il y a une belle énergie, une dynamique manifeste autour de ce projet.

 

La pandémie vous a-t-elle obligé à revoir les priorités de votre feuille de route ?

La pandémie a surtout amené les partenaires à s’interroger collectivement sur leurs organisations, à questionner davantage leurs méthodes et notre capacité collective à agir dans un environnement dégradé. Ce qui est manifeste, c’est combien les réponses aux situations de crise sont à rechercher d’abord dans des actions collectives et solidaires, combien il faut les fonder sur le partage d’expériences, de compétences et de connaissances. Or c’est précisément le but du CCIAG. Toujours dans cet objectif d’amélioration continue, nous organiserons d’ailleurs un retour d’expériences de la crise sanitaire lors de notre prochaine réunion.

 

Votre feuille de route évolue-t-elle également par rapport à la stratégie nationale qui vient d’être dessinée lors des Assises de la mer, ce mois de septembre ?

Le CCIAG a pour mission de créer des solidarités entre les grands ports maritimes de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique en favorisant l’émergence d’une coopération entre ces ports sur des sujets d’intérêt commun, tout en facilitant leur adaptation aux enjeux actuels et notamment à l’élargissement du canal de Panama. Ces missions, incarnées par la feuille de route, s’inscrivent pleinement dans la stratégie nationale portuaire adoptée lors du Conseil interministériel de la mer (CIMER) le 22 janvier 2021 et explicitées par le président de la République lors des Assises de l’économie de la mer. Tous les acteurs de l’État avancent dans le même sens sur ces questions, conscients de l’importance des enjeux et du rôle particulier des outre-mer dans la stratégie maritime française.

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