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“Toucher de nouveaux marchés émetteurs”

Question à Frantz Thodiard, président du directoire de la Samac :

Question à Frantz Thodiard, président du directoire de la Samac :

Pour le président du directoire de la Samac, il y a du potentiel dans le transport aérien aux Antilles françaises.

Comment le transport aérien a-t-il évolué ces dernières années ?

Pendant longtemps, les passagers des plateformes aéroportuaires venaient de trois sources : les touristes à 50 % ; la diaspora, venant principalement de France métropolitaine, à 25 % ; et les locaux qui prenaient de plus en plus l’avion, qu’ils soient entrepreneurs, élus, institutionnels ou simples habitants. Cette tendance s’est maintenue mais avec une diversification des marchés émetteurs depuis cinq ans.

Les nouveaux visiteurs sont d’abord venus de l’Europe, d’Allemagne, d’Italie, etc. Ensuite, avec Air Canada puis Norwegian, les marchés du Canada et des États-Unis se sont rouverts. Et maintenant, avec Level, le low cost long-courrier s’installe dans les Antilles françaises.

Quelles ont été les réponses des compagnies historiques ?

Elles s’adaptent, ou même modifient leur offre : Air Caraïbes a lancé French Bee pour l’instant vers La Réunion. Air France déploie Transavia : cette compagnie low cost du groupe Air France-KLM pourra être la réponse à l’arrivée de Norwegian sur la Guyane.

Le low cost devrait aussi concerner le régional, notamment entre la Martinique et la Guadeloupe et le reste de la Caraïbe. Il y a eu des tentatives avec Air Calypso, Ava Air, mais les appareils choisis n’étaient pas fiables. Les conditions ont changé.

Quels sont les freins au développement du trafic caribéen ?

Le premier est l’absence d’accord sur les droits de trafic entre la France et les autres pays de la Caraïbe. Les autres freins sont le contrôle aux frontières, les visas, l’absence de volume économique et bien sûr les prix. On le voit sur la Guyane : quand les tarifs sont ajustés, les échanges se développent.

Comment voyez-vous l’évolution générale du trafic ?

Les Antilles françaises doivent continuer à travailler le marché français avec les connexions vers la province. L’offre aujourd’hui est chère et peu adaptée à cause des ruptures de charge, par exemple avec TGV Air. Corsair et Air Caraïbes y travaille notamment avec Easy Jet.

Vers l’Europe, il y a encore des points à gagner en Allemagne. En outre, les connexions de Level avec Vueling mettent l’Espagne et l’Italie, ce qui est déjà visible en Guadeloupe. De même, si Norwegian accepte de maintenir ses vols toute l’année, nous pouvons inverser les remplissages à certaines époques : aujourd’hui, 85 % de la clientèle est américaine, 15 % antillaise ; en fin d’année et pendant les grandes vacances, ce peut être différent.

Et sur le marché caribéen ?

La commission Caraïbe de l’Association des aéroports français accompagne le projet CaribSky porté par Air Antilles Express avec Winnair et la Liat. Nous insistons également auprès de la France pour qu’elle ouvre les droits de trafic avec le Brésil, l’Argentine et le Panama : nous avons récemment été auditionnés par l’Aviation civile pour en étudier les modalités.

La croisière tête de ligne est aussi une opportunité de trafic que nous ne négligeons pas : quand MSC annonce remplacer un navire de 3000 passagers par un de 4000 : 1000 personnes de plus, c’est l’équivalent de deux gros porteurs par semaine. Tout comme le développement de l’activité de congrès ou d’événements sportifs et culturels.

Et en termes de métiers ?

Les plateformes investissent, elles ont des besoins sur tous les nouveaux métiers en matière de sécurité, au sol comme sur les avions, de digital, d’environnement, etc., sans parler des métiers supports classiques. Le potentiel est là.

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