Blog de Francette

Financement de crise

Prêt garanti par l’État : il ne fait pas recette aux Antilles-Guyane !

Prêt garanti par l’État : il ne fait pas recette aux Antilles-Guyane !

A fin février 2021, moins de 5% de PGE ont été octroyés aux Antilles-Guyane par rapport au nombre d’entreprises en activité : Pourquoi des pourcentages aussi faibles ? Explications.

Aujourd’hui, j’ai envie de faire un point d’étape sur le Prêt garanti par l’État (PGE), vous savez, ces prêts mis en place par le gouvernement depuis l’an dernier pour permettre aux entreprises de faire face à l’arrêt volontaire de l’activité économique par ce même gouvernement, du fait de la crise sanitaire du covid-19.

Et bien, au 19 février 2021, c’est-à-dire hier, seuls 3475 entreprises implantées en Martinique, 4 273 en Guadeloupe et 1 069 en Guyane avaient obtenu ce fameux prêt garanti État !

Antilles-Guyane : peu de PGE octroyés !

L’Insee estime qu’il existe en Martinique très exactement 86 760 entreprises en activité, 88 806 en Guadeloupe et 28 652 en Guyane.

En faisant un rapide calcul, on arrive à un pourcentage de 5% d’entreprises locales qui ont obtenu cet accompagnement de l’État par temps de crise pour la Guadeloupe et 4% en Martinique, et un pourcentage un peu plus faible en Guyane, exactement 3,7%.

Comment comprendre ces faibles pourcentages ?

Tout d’abord, il existe dans ces territoires des entreprises qui n’ont pas besoin jusqu’à présent du PGE pour passer la crise : leurs capitaines tiennent leur barre dans cette mer agitée et ne veulent surtout pas charger leurs barques de dettes !

Il existe aussi un certain nombre d’entreprises qui ont simplement fermé, submergées par cet arrêt brutal d’activité : on estime ce nombre à 10% à fin 2020 dans ces territoires.

Il existe enfin des entreprises qui, percluses de dettes fiscales, sociales, de fournisseurs, de clients, salariales, etc., ne parviennent pas à réunir les papiers nécessaires pour avoir accès à ce fameux PGE.

Ces papiers sont des bilans récents, la signature de moratoires pour les dettes fiscales et sociales avec la direction régionale des services fiscaux et la Sécu, et surtout, ces entreprises n’ont pas un volume d’affaires suffisant à venir pour pouvoir rembourser les dettes déjà existantes auxquelles s’ajoute celle contractée avec le PGE.

Dialoguer avec les services fiscaux et sociaux

Et si aucun dialogue n’est entamé avec les services de l’État, les ATD ou avis à tiers détenteurs, qui ponctionnent directement sur le compte de l’entreprise, pleuvent !

C’est cela le processus, complètement dématérialisé, qui a mis les entrepreneurs guadeloupéens dans la rue la semaine dernière !

En outre, on sait que, les banquiers et BPIFrance, à la manœuvre pour l’octroi de ces PGE, ne sont pas des philanthropes, d’autant que l’État leur a mis une épée de Damoclès au dessus de la tête : si les dossiers sont mal ficelés, les banques les auront totalement à leur charge.

On comprend mieux pourquoi les rues de Guadeloupe ont donc été bloquées la semaine dernière, et pourquoi celles de Martinique risquent de l’être, mais avec le risque d’avoir la même conclusion qu’en Guadeloupe. A savoir, n’obtenir qu’un calendrier de RV avec le préfet et le ministère des DOM, et une proposition de l’étude au cas par cas des situations des entrepreneurs par les services fiscaux et sociaux pour leur permettre de rembourser leurs dettes.

L’histoire est donc déjà quasi écrite !

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