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Photovoltaïque : l’Agence Française de Développement aide les collectivités à finaliser leurs projets

Photovoltaïque : l’Agence Française de Développement aide les collectivités à finaliser leurs projets

Elle met en place une équipe locale d’experts et des outils financiers pour réaliser les projets.

Le gouvernement vient de déléguer aux communes et aux établissements publics (EPCI) des moyens supplémentaires à l’investissement local pour des appels à projets. Cette stratégie est pour lui un élément de la relocalisation de la production d’énergie à partir des ressources propres des territoires. L’État est en effet également conscient que pour atteindre les objectifs des programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE), les territoires insulaires doivent accroître leur volume de production en multipliant les sources : l’apport du parc des collectivités est déterminant.

La première nouvelle ligne budgétaire porte sur le soutien à la rénovation énergétique des équipements publics ou installations sportives dans les quartiers en politique de la ville, les bâtiments scolaires en évitant l’installation de systèmes de climatisation, la réduction de la facture énergétique d’au moins 30 %. La dotation est de 3,6 M€ pour la Guadeloupe, de 3,9 M€ pour la Martinique et de 3,2 M€ pour la Guyane.

Le second concerne la transition écologique, la résilience sanitaire, la préservation du patrimoine public historique et culturel, le développement écologique des territoires, la qualité du cadre de vie, la mise aux normes et la sécurisation des équipements publics, le développement d’infrastructures en faveur de la mobilité ou en faveur de la construction de logements, pour la création, la transformation et la rénovation des bâtiments scolaires. La dotation s’élève à 3,1 M€ pour la Guadeloupe, à 3,2 M€ pour la Martinique et à 5 M€ pour la Guyane.

Renforcer les capacités

Ces sommes doivent être engagées avant décembre 2021, les projets réalisés et payés avant décembre 2022. Le temps est donc compté pour des collectivités locales qui ne sont pas forcément outillées pour mener à bien des projets, en matière d’énergies renouvelables notamment.

Pour donner une chance à ces sommes d’être dépensées dans ces territoires, l’Agence française de développement (AFD) a déclaré comme une priorité la rénovation énergétique des bâtiments outre-mer, singulièrement en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique.

Ce plan stratégique est supporté par trois outils. Le premier est la mise à disposition des collectivités locales des Antilles-Guyane d’un réseau de consultants labellisés par l’AFD. La labellisation est en cours afin que ces consultants soient opérationnels d’ici juin 2021. Ils seront chargés de renforcer les capacités des collectivités locales et seront rémunérés par un marché à bons de commande en fonction de la sollicitation des communes.

Définir les besoins

Ces consultants seront chargés de travailler avec les communes, d’aller sur le terrain pour faire émerger les projets, et de faire notamment évoluer une nouvelle vision de l’aménagement du territoire prenant en compte la production énergétique. Ils devront également fluidifier les relations entre les communes et les services de l’État (Déal, DAF…) qui ont parfois des approches contradictoires. Il s’agira donc de définir avec elles les besoins, c’est-à-dire répertorier le parc immobilier de chaque collectivité qui pourra soit recevoir une centrale photovoltaïque, soit en rénover une, soit repérer le réseau électrique à réhabiliter, etc. Une fois les besoins définis, le consultant sera chargé de monter le dossier de financement, notamment en mettant en cohérence toutes les financements possibles (Europe, Région, Ademe, préfecture, AFD…).

Une fois le dossier de financement ficelé, le consultant accompagnera la collectivité dans la rédaction de son appel à projets. Il l’aidera également à choisir les entreprises qui auront soumissionné et suivra le chantier jusqu’à sa bonne fin.

Aide à la trésorerie

Le second outil mis à disposition par l’AFD pour les collectivités inscrites dans la rénovation énergétique est le préfinancement des subventions européennes et d’État une fois que les dossiers sont validés. Cette aide à la trésorerie donnera plus de chances aux projets de voir le jour, l’AFD étant consciente de la situation financière dégradée d’une majorité des collectivités auxquelles ces sommes sont destinées.

Le troisième outil est, quand le fonds de roulement de la collectivité est négatif, de lui proposer un prêt à taux zéro sur 25 ans pour pouvoir faire face à la part qui demeure à sa charge. Pour ce faire, l’AFD va se rembourser sur le montant des économies réalisées à la suite de ces investissements énergétiques.

Énergies renouvelables : les acteurs, les puissances et les projets en cours

> Génergies, spécialiste de la production d’énergie solaire en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et en Rhône-Alpes, gère aujourd’hui 15 MW en propre. 15 MW sont en construction avec une entrée en fonctionnement fin 2022. La société projette d’implanter 50 MW supplémentaires dans les cinq ans en développant notamment des projets industriels de plus de 100 kW. Elle emploie aujourd’hui 35 collaborateurs. Génergies porte en outre le projet d’implantation de 200 bornes de recharge aux Antilles-Guyane d’ici 2023. Pour ce faire, la société recherche des sites recevant du public (supermarchés, salles de sport, hôtels…) pour implanter ses bornes.

> Systeko propose depuis 2014 des études de dimensionnement, de faisabilité, de conception, les démarches administratives, la construction, la maintenance et l’exploitation pendant 20 ans de centrales photovoltaïques sur toitures pour professionnels et particuliers en Martinique, en Guyane et en Guadeloupe. La société gère ainsi plus de 300 000 m² de toitures dans ses salles de monitoring, dont une majorité de projets de moins de 100 kW pour lesquels l’électricité produite est obligatoirement achetée par EDF. La société implante 20 MW par an, dont la moitié en Martinique. Systéko emploie 45 personnes.

> Albioma a des projets plein les cartons. Aujourd’hui, Albioma dispose aux Antilles-Guyane de 35 MW installés en photovoltaïque, soit 14 MW en Martinique, 5 MW en Guadeloupe et 16 MW en Guyane. L’énergéticien a en outre en construction 1,2 MW en Martinique, 0,5 MW en Guadeloupe et 0,5 MW en Guyane. Par ailleurs, dans le cadre de l’appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) 2019-2020, Albioma va donc installer plusieurs centrales photovoltaïques pour un total de 12 MW : au sol de 7 MW en Guyane, de 1 MW chacun sur toitures en Guadeloupe et en Guyane, et de 2 MW sur toitures avec stockage en Martinique et de 1 MW sur toitures avec stockage en Guadeloupe. Par ailleurs, la société a plusieurs projets dans ses cartons : 10 MW en Martinique, 10 MW également en Guadeloupe et 20 MW en Guyane. Albioma envisage par ailleurs de convertir Albioma Moule 1 et 2 au fonctionnement à la biomasse importée et locale. Ces deux centrales fonctionnent aujourd’hui à la bagasse/charbon. L’énergéticien vient de déposer un dossier en ce sens auprès de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Pour gérer cette partie solaire, Albioma dispose d’une équipe de 20 personnes qui assurent le développement, l’ingénierie et la maintenance.

> Partie de Guyane en 2005, Voltalia est aujourd’hui installée en Europe (France, Royaume-Uni, Grèce, Portugal, Italie, Espagne, Belgique), en Afrique (Kenya), en Asie (Égypte) et en Amérique latine (Brésil), soit un total de 1,3 GW d’électricité produit dans le monde. En Guyane, Voltalia produit 31 MW d’énergie, dont 1,7 MW à partir de la biomasse à Kourou, grâce à la centrale photovoltaïque Coco Banane sur 5 hectares de 4,7 MW, du barrage hydraulique de Saut Maman Valentin de 5,4 MW, de la centrale photovoltaïque avec stockage de Savane des Pères d’une puissance de 3,8 MW à Sinnamary et du centre de stockage de Mana d’une capacité de 10 MW. Voltalia a en outre trois autres centrales en projet.

> En Martinique, EDF PEI a en file d’attente quelque 1000 demandes de raccordement pour de la production photovoltaïque injectée sur son réseau, dont 600 petits projets d’une puissance de moins de 100 kW, la plupart étant portés par Systéko. De son côté, EDF PEI Archipel Guadeloupe a enregistré des demandes qui vont multiplier par 2,2 l’offre d’énergie produite à partir de l’éolien, passant exactement de 42 MW installés aujourd’hui à 91 MW dans les deux ans. La production à partir du photovoltaïque progressera de 82 MW à 129 MW et la géothermie passera de 14,7 MW à 24,7 MW.

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