Entretien

Navi Radjou : “Réhumaniser la société et l’économie !”

Navi Radjou : “Réhumaniser la société et l’économie !”

Pour Navi Radjou, l’Occident doit sortir de son égocentrisme et sortir des modèles fixes de développement. Pour ce spécialiste de l’innovation frugale, il faut réenchanter la psyché des gens et projeter une autre vision du monde.

Le G7 vient de s’achever à Biarritz : qu’en pensez-vous ?

Je n’ai pas suivi en détail cet événement, mais juste lu quelques articles. Ce qui en ressort est évident : ces chefs d’Etat, et plus largement les grandes institutions comme l’Organisation des Nations-Unis (ONU), se rendent compte qu’ils ne peuvent pas changer grand chose à la situation actuelle du monde, comme pour le changement climatique. Ils n’ont pas la main et ils le savent.

La complexité du monde a entraîné une prise de conscience qu’il n’y a pas une seule méthode, ni une seule approche qui prévaut aujourd’hui. Chaque pays, chaque région, chaque ville doit mener, dans son contexte, le combat contre les grands fléaux qui touchent le monde. Il faut le faire en inventant un nouveau modèle socio-économique qui doit forcément être circulaire et inclusif. Face à cette nouvelle réalité, le G7 seul perd de sa pertinence.

Par exemple, aux Etats-Unis, les villes de San Francisco et de New York ont déclaré l’urgence climatique, prennent des mesures et s’opposent ainsi aux positions climatosceptiques du président Donald Trump.

Qu’est-ce que cette attitude augure ?

Elle augure d’une prise de conscience générale : chacun redevient le genius loci, l’esprit protecteur de la place où il est, de son environnement, et comprend qu’il doit en prendre soin.

N’est-ce pas là une prise de conscience révolutionnaire ?

Elle l’est indéniablement ! C’est la fin du concept du “papa-blanc-qui-détient-et-apporte-la-connaissance-au-reste-du-monde !”.

L’ONU l’a compris : elle vient de lancer dans son Programme des Nations-Unies pour le développement (UNDP) un réseau mondial de 60 accélérateurs qui vont identifier des innovations locales dans différentes régions du monde, et les amplifier rapidement.

Enfin, il n’est plus question de plaquer des “bonnes pratiques  inventées en Occident  sur toutes les autres régions du monde, mais de regarder sur place ce qui existe, d’identifier des solutions qui dont déjà fait leurs preuves, et de les amplifier. C’est la sortie de l’approche impérialiste du colon !

Cette nouvelle approche partant de la base rejoint celle de l’innovation frugale que je promeus depuis de nombreuses années.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une approche de l’innovation en partant du terrain. Elle est frugale, c’est-à-dire économe des ressources en capital, et matières premières, tout en étant très imaginative et adaptée au contexte local et impliquant la population locale.

L’innovation frugale est un vecteur prometteur de développement socio-économique. Elle contraste avec le “vieux” modèle classique de développement inspiré par l’Occident qui s’appuie sur de gros projets chronophages très structurés et de lourds investissements en recherche & développement qui se révèlent souvent inadaptés. Les pays émergents sont le cimetière de ce genre de projets pilotes !

Avec l’innovation frugale, nous sortons de ce modèle monolithique et coûteux pour aller vers un réseau agile constitué d’acteurs locaux ingénieux et ouverts d’esprit tels les ONGs, les entreprises, les start-ups, les chercheurs académiques. Ces acteurs sont capables de découvrir et de co-créer des modèles inclusifs et durables qui ne sont peut être pas dans la pure orthodoxie à l’occidentale, mais qui fonctionnent. Il s’agit de valoriser et de perfectionner des savoir-faire traditionnels au lieu de les critiquer !

Est-ce la réhabilitation du système D ?

Oui, en le préservant, mais en le valorisant avec des outils complémentaires comme l’impression 3D, les réseaux sociaux, et les FabLabs, afin qu’il devienne profitable au plus grand nombre.

C’est aussi la sortie de cette obsession de l’argent et du faux prétexte “On ne pas innover, et encore moins changer le monde, car on n’a pas les ressources !  Par exemple, réaliser les objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU d’ici à 2030 à travers le monde nécessiterait l’investissement de presque 5 000 Md$ par an. Aujourd’hui, la moitié de cette somme manque, car elle doit être apportée par les pays en développement, qui ne le peuvent pas. Faut-il renoncer à cet objectif déterminant pour la planète ? Assurément non !

Comment faut-il faire alors ?

Commençons par arrêter de parler d’argent pour privilégier la recherche de la bonne volonté, de l’ingéniosité, de l’agilité et de toutes les autres ressources intangibles comme la connaissance traditionnelle, le capital social, pour co-construire notre communauté de destin qui est une force incroyable pour faire émerger des solutions innovantes “par la base”.

Par exemple, pour la construction, au lieu de chercher de nouveaux matériaux énergivores, pourquoi ne pas utiliser la terre, matériau humble et durable par excellence, en s’inspirant des constructions en Afrique, ou en Inde par exemple, en la valorisant et en imaginant de nouvelles manières de l’utiliser.  C’est une approche très excitante pour les jeunes ingénieurs en quête de sens. Le laboratoire de recherche international et pluridisciplinaire CraTerre à Grenoble mène depuis quarante ans des travaux très intéressants sur la terre crue pour répondre aux grands enjeux environnementaux. Il s’agit de moderniser les traditions millénaires et non plus de les occidentaliser !

Il faudrait alors que l’Occident sorte de son ethnocentrisme…

Oui ! Aux Etats-Unis, 60% des grands patrons pensent que les USA sont numéro 1 en matière d’innovation et qu’ils n’ont rien à apprendre du reste du monde, une impression sans doute renforcée par l’attitude raciste de Donald Trump. Mais quand ils sortent des Etats-Unis insulaires, ils se rendent compte que c’est simplement une pensée fausse.

Aujourd’hui, l’Occident s’inspire du Sud. C’est une tendance lourde que j’observe depuis cinq ou six ans. En 2017, par exemple, l’opérateur de télécommunications Orange a lancé en France une banque exclusivement mobile basée sur le succès de ses services financiers mobiles en Afrique. Orange estime que sa banque 100 % mobile séduira les consommateurs à faibles revenus et la jeunesse française qui est très frugale.

Nous sommes dans le “grand moment du Sud”. Le Sud est en train de devenir la référence mondiale en innovation et en développement. Cependant, pour qu’il advienne vraiment, il faudrait que les gens du Sud prennent confiance en eux pour mener le reste du monde.

Qu’est-ce qui manque pour que cela arrive ?

Même en Inde, que l’on peut considérer comme un grand pays porteur d’innovations frugales, on est toujours en train d’importer un modèle extérieur. Par exemple, l’économie circulaire y est pratiquée depuis des millénaires. Or, c’est parce qu’elle est présentée aujourd’hui comme une innovation par l’Occident qu’on y repense. On a encore besoin d’un “label” occidental pour “valider” et valoriser des pratiques traditionnelles.

Il en est de même pour la mesure du développement. Les pays émergents utilisent le Produit intérieur brut (PIB) venu de l’Occident, alors que cet indicateur n’est pas pertinent. Le PIB ne prend pas en compte les “externalités négatives” comme l’exclusion sociale, la pollution et  promeut la compétitivité, valeur socle du capitalisme sans conscience.  En utilisant le PIB comme étalon, le Sud est toujours dans l’esprit colonial qui veut que l’on doive faire mieux que le maître ! C’est le fameux concept du rattrapage, du dépassement – tant adulé par les économistes du développement. Je crois que les pays du Sud doivent arrêter de raisonner en termes de dépassement et tracer avec confiance le nouveau chemin.

Qu’est-ce qui prévaudrait alors ?

Ce qui serait plus pertinent, par exemple, serait de mesurer la capacité de coopération qui est le seul garant de la cocréation de valeur durable.

De même, pour évaluer le niveau d’innovation d’un pays, l’indicateur prédominant est le montant des investissements en R&D et la propriété intellectuelle. Or, les pays pauvres n’ont pas d’argent pour investir en R&D au sens occidental du terme—ni l’argent pour breveter leurs inventions. C’est pour cela que l’Occident est toujours numéro un dans ce type de classement. Faut-il en déduire que les pays en développement ne sont pas innovants ou créatifs ?

Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, a eu le culot de dire publiquement que “les Indiens ne sont pas créatifs !” Les médias occidentaux n’ont rien mentionné de ce commentaire visiblement raciste ! La réalité  est tout le contraire, comme je l’ai démontré dans mon livre L’Innovation Jugaad qui célèbre l’inventivité des pays du Sud comme l’Inde !

Les pays émergeants doivent inventer un nouvel indicateur d’innovation, tenant compte du triple impact économique, social et écologique de leurs inventions, et non plus se concentrer sur le seul niveau de dépenses en R&D.

Comment y parvenir  ?

Il ne s’agit plus en effet de faire comme l’Occident, mais de créer avec confiance une nouvelle piste qui met l’humain au centre du modèle de développement.

Le développement industriel a remplacé l’homme par la machine, a désacralisé la nature. La science a pris le dessus : nous sommes au paroxysme de cette stratégie en “abdiquant” notre pouvoir  aux robots, à l’intelligence artificielle, tendant à dévaloriser l’apport de l’humain à la création.

Cette pensée “dualiste”, à savoir l’Homme contre la Nature, est née au début de ce qui est communément appelé le Siècle des Lumières qui a été, en réalité, un siècle des pénombres, parce qu’il a occulté notre “âme et cœur” au profit de “l’esprit”. Or, comme disait Descartes : “Je pense donc je suis”.

Pour en sortir, il faut réhumaniser la société et l’économie.  Il faut décoloniser les esprits, guérir les traumatismes collectifs, et redevenir fiers de nos racines.

Comment caractériseriez-vous la période actuelle ?

La période actuelle est dominée par un sentiment d’impuissance devant la complexité du monde. Les personnes ont tendance à ne plus croire en elles, en leur intuition et ont tendance à sous-traiter à d’autres le soin de trouver des solutions. Elles sont en attente de l’homme providentiel, du sauveur… et c’est la caractéristique du début des totalitarismes !

Nous voyons cette tendance à l’œuvre partout. Il est donc urgent de reprendre conscience de notre pouvoir et surtout de notre responsabilité individuelle.

Comment y parvenir ?

Je crois que, contrairement à une idée dominante, l’homme n’est pas intrinsèquement mauvais. A nous de créer un cadre qui lui permette de se reconnecter à la bonté qui est en lui. Et ce ne sont pas les réseaux sociaux qui vont le lui permettre.  Au contraire, ils ont accentué une triple déconnexion, envers  soi-même, envers les autres et envers la nature.

Nous sommes face à une crise existentielle, voire une crise spirituelle, et les réponses apportées par le G7 n’y sont pas adaptées !

Voyez-vous émerger des pistes dans le monde ?

Oui. Par exemple, le Costa Rica qui a acté la fin du pétrole en 2030, s’oriente vers 100% d’énergies renouvelables en développant des programmes politiques autour de cette décision stratégique. De même, la Norvège vient de bannir la voiture au centre d’Oslo pour recréer des interactions entre les habitants. Il y en a d’autres.

Etes-vous optimiste pour la suite ?

Je suis optimiste par nature. Je le suis aussi parce que je constate que les grands pays émergents comme la Chine, qui veut devenir une référence mondiale, sont en train de prendre des positions en faveur de l’environnement qui peuvent faire basculer positivement et rapidement les choses.

Pensez-vous ce mouvement irréversible ?

Je le pense, grâce notamment aux technologies. Internet crée une sorte de cerveau global qui amène une nouvelle conscience portée principalement par les nouvelles générations.

Les nouvelles générations font en outre preuve d’une grande maturité : elles ont une connaissance intuitive et systémique des choses, bien au-delà de la connaissance “orthodoxe” inculquée à l’école. Sans avoir forcément appris, elles “savent” et elles sont impatientes face à l‘inaction des adultes, agrandissant encore le décalage de perception du monde et de valeurs entre générations.

Aujourd’hui, les jeunes passent à l’action plus vite, se retroussent les manches. Ils n’attendent plus les décisions du G7 !

Ils décident par exemple de nettoyer l’océan, au lieu d’aller explorer la planète Mars ! Si cela ne marche pas, ils considèrent qu’ils auront tout de même appris et ils rechercheront une approche collaborative pour faire émerger de meilleures solutions.

N’est-ce pas là une nouvelle mode ?

Je ne le crois pas. C’est un changement de valeurs, une nouvelle conscience plus évoluée prête à mettre en œuvre plus rapidement les actions qui vont avec. Les adultes qui adhèrent à cette nouvelle conscience doivent juste dégager les terrains afin de soutenir ces jeunes pour accélérer le mouvement.

Y aurait-il donc un risque que cette nouvelle conscience n’émerge pas ?

Celle nouvelle conscience a déjà émergé mais elle ne s’est pas encore entièrement “manifestée” et “exprimée”. La vieille garde résistera par tous les moyens, et tous les coups seront permis, parce qu’elle a beaucoup à perdre !

Pour éviter les blocages de la vieille garde, il faudra faire preuve de lucidité, être malicieux, patient, mais utiliser tous les nouveaux outils de façon éthique pour parvenir à changer le système. Un peu comme une stratégie de guérilla en sachant surprendre et charmer à la fois : ce sont les actions imprévisibles qui ébranleront le système.

Surprendre et charmer…

Il faut réenchanter la psyché des gens, sortir du cynisme, donner envie, projeter une autre vision du monde. De grandes figures y ont contribué comme Nelson Mandela, le Dalaï-Lama. Mais au lieu d’espérer que de nouvelles grandes figures, voir messianiques au besoin, émergent, le Grand Sud doit collectivement prendre confiance en lui et inspirer le monde.

Le spectacle du G7 est volontairement intimidant : les gens d’en haut présentent les choses avec une telle complexité que ceux d’en bas ne comprennent pas. Il est nécessaire de simplifier les grandes idées.

N’y a-t-il pas là aussi un risque ?

Deux sortes de simplicité s’affrontent en effet. Nous avons d’un vôté le simplicisme à la Donald Trump qui prône le repli sur soi, la fermeture des frontières, etc. Cette approche insulaire et ethnocentrique est à bannir.

De l’autre, il y a la possibilité que j’évoque qu’ont certains leaders de rendre simples les les choses complexes grâce à une communication d’une élégante simplicité. Dans une période tumultueuse telle que celle que nous connaissons aujourd’hui, cette communication simple et élégante aidera les gens à surmonter leurs peurs et à oser cocréer un meilleur monde.

2020 sera un champ de bataille entre “la simplicité laide” et la “simplicité noble”.

 

 

 

Navi Radjou : la bio

Navi Radjou, basé dans la Silicon Valley, est spécialiste de l’innovation et du leadership. Depuis 1995, il conseille des dirigeants du monde entier sur des stratégies de croissance innovantes. Navi est chercheur à la Cambridge Judge Business School. Auparavant, il a été vice-président chez Forrester Research à Boston et San Francisco. En 2013, Navi a reçu  le prestigieux prix Thinkers50 Innovation Award, qui récompense les spécialistes du management redéfinissant notre manière de penser et de mettre en pratique l’innovation. Navi Radjou est intervenu à TED Global 2014 sur l’innovation frugale et sa vidéo compte plus de 1,7 million de vues.

Coauteur des best-sellers internationaux L’Innovation Jugaad et Donner du sens à l’intelligence, il travaille actuellement sur son prochain livre : Conscious Society (littéralement “société consciente”) dont la sortie en anglais est prévue pour 2021.

Navi Radjou est un conférencier très demandé et beaucoup cité dans les médias internationaux. Il est né et a grandi à Pondichéry, en Inde, et possède la double nationalité franco-américaine. Il est passé par École centrale Paris et par Yale School of Management. Navi vit aujourd’hui à Palo Alto, en Californie.

Depuis de nombreuses années, il pratique le yoga, l’ayurveda, le qigong, ainsi que la méditation Vipassana.

 

 

Être humble

“Les grandes institutions comme l’ONU, mais aussi les grosses fondations américaines comme Ford Foundation, Bill Gates Foundation, comprennent qu’elles doivent se réinventer. Au lieu de se “parachuter” dans les pays du Sud et de “prêcher” des solutions émanant de l’Occident, ces institutions doivent devenir humbles et reconnaître qu’il existe déjà des solutions et ressources “sur le terrain” qu’elles peuvent/doivent valoriser davantage : c’est leur nouvelle mission maintenant.”

 

 

Donner du sens à l’intelligence

C’est le titre de l’ouvrage qu’a coécrit Navi Radjou avec Prasad Kaipa, docteur ès sciences, coach et conseil auprès de dirigeants.

Selon eux, les leaders les plus brillants impressionnent par leurs capacités intellectuelles et la manière dont tout semble leur réussir. Cependant, ils ne savent pas toujours inscrire leurs réussites dans la durée, ni même se prémunir contre l’échec. Selon Navi Radjou et Prasad Kaipa, tout dirigeant intelligent peut devenir un leader éclairé. Cela implique d’aller au-delà de la seule intelligence pour acquérir une certaine sagesse pratique lui permettant de :

– s’extraire du prisme purement opérationnel et stratégique pour adopter une vision d’ensemble plus large ;

– agir de manière authentique et s’adapter à chaque situation ;

– distinguer les moments où asseoir son leadership et ceux où s’effacer pour laisser les autres diriger ;

– trouver l’équilibre entre éthique et pragmatisme, essentiel à chaque décision ;

– se montrer courageux dans l’adversité, savoir quand persévérer et quand renoncer ;

– agir pour créer de la valeur tant pour les actionnaires que pour la société.

Donner du sens à l’intelligence – Comment les leaders éclairés réconcilient business et sagesse. Édition Diateino.

 

 

Créer ensemble un monde meilleur avec peu de ressources ? C’est possible ! 

En plein essor mondial, l’innovation frugale est un mouvement éclairé de cocréation de valeur qui répond à l’urgence à la fois écologique et sociale. Il s’agit de développer des produits et services de qualité abordables et durables qui ont un impact positif sur la société et la planète, tout en consommant le moins de ressources possible et sans polluer.

Cette stratégie de croissance révolutionnaire repose sur plusieurs tendances de fond (la consommation collaborative, l’économie circulaire et régénératrice, le mouvement des makers) et des technologies de rupture (l’intelligence artificielle, l’impression 3D).

Dans ce livre, écrit par les auteurs du best-seller L’Innovation Jugaad (plus de 200 000 exemplaires vendus), vous trouverez les six principes clés pour faire mieux avec moins dans tous les secteurs d’activité.

Ce guide contient plus de 100 bonnes pratiques et 50 cas inspirants d’entreprises pionnières et de start-up révolutionnaires qui vous pousseront à l’action, que vous soyez dirigeant, manager, entrepreneur ou salarié.

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