Stratégie

Marc Labaye : “Martinique Nutrition Animale n’utilise plus de matières premières OGM dans ses productions !”

Marc Labaye : “Martinique Nutrition Animale n’utilise plus de matières premières OGM dans ses productions !”

La société de production d’aliments pour le bétail donne un avantage concurrentiel à ses clients éleveurs martiniquais. Certaines viandes produites en Martinique pourront être labellisées sans OGM.

Cela fait longtemps que nous y pensions et trois ans que nous y travaillons : avec le chlordécone, le glyphosate, la vache folle, le consommateur perd confiance dans les productions. Lui envoyer un message clair sur le fait que nous enlevons les organismes génétiquement modifiés (OGM) de nos productions est une manière de participer à la reconstruction de la confiance”, explique Marc Labaye, président de Martinique Nutrition Animale (MNA), unique producteur d’aliments pour le bétail en Martinique. Il faut en effet savoir que le soja, principale matière première entrant dans la production d’aliments pour le bétail, est produit dans le monde à 80 % à base d’OGM. Par ricochet, 80 % de la production importée de viande est à base d’OGM.

3 M d’investissement

Nous agissons selon le principe de précaution parce que, à la date d’aujourd’hui, rien ne démontre que les OGM ne sont pas nuisibles à la santé”, poursuit-il.

MNA a donc investi 3 M en trois ans afin de s’équiper d’un nouveau silo pour diversifier ses sources d’approvisionnement en matières premières. “Notre premier navire contenant du soja sans OGM est arrivé mi-décembre et dès janvier nous avons pu mettre sur le marché de l’aliment sans OGM pour les volailles de chair, pour les poules pondeuses, pour le porc, les ovins, caprins, bovins, l’aliment pour les chevaux et pour les écrevisses”, détaille-t-il. L’aliment, diffusé à l’usine et par un réseau de revendeurs, se présente en vrac et en sacs de 25 kg. “Avec le soja sans OGM, nous avons un surcoût de 5 % que nous ne répercutons pas au prix vendu à nos clients.

Concurrence frontale de l’import

MNA poursuit en outre sa modernisation : “En 2019, nous prévoyons d’investir 600 000 €, d’une part dans la rénovation du point de vente à notre usine pour favoriser le libre-service, d’autre part pour installer une usine d’ensachage de sacs de 5 kg qui se retrouveront dans la grande distribution de l’île”, poursuit-il. Ces produits seront dans les rayons en avril, une fois les packagings finalisés.

Ce passage pour MNA à 100 % de sa production sans OGM est également une réponse à la situation concurrentielle du marché qui risque d’encore se tendre. Agri Pro, filiale de la coopérative agricole Madivial, accélère en effet l’implantation d’un hangar équipé de silos à grains à l’habitation La Rivière La Manche, quartier Lourdes, à Ducos.

Agri Pro a en effet obtenu le déclassement du terrain où se construisait ce hangar jusqu’alors sans autorisation. Ce terrain était dans le Plan local d’urbanisme (PLU) classé en tant que carrière : il est devenu terrain agricole ; et dans le Plan de prévention des risques de la ville de Ducos, il est passé de terrain classé en zone rouge à une zone orange, modifications qui ont permis au maire de délivrer le permis de construire fin décembre. Le temps que la construction s’achève, les activités ont débuté au Lamentin.

Maïsadour à la conquête

Ces installations permettront à Agri Pro de faire rentrer en vrac de l’aliment du bétail fabriqué par Sud-Ouest Aliment, filiale du groupe landais Maïsadour qui fait de l’export sa stratégie gagnante pour se relancer. À cause de la crise de la grippe aviaire qui avait touché la France continentale et entraîné l’abattage de milliers de volailles, le groupe a en effet décidé d’augmenter ses exportations de 54 % par rapport à 2018. Sud-Ouest Aliment vend également en Guadeloupe et en Guyane.

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