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Financement de la création d’entreprise aux Antilles-Guyane : les attentes de ceux qui prêtent

Financement de la création d’entreprise aux Antilles-Guyane : les attentes de ceux qui prêtent

Les acteurs du financement de la création d’entreprise attendent clarté et réalisme.

C’est grâce à l’entreprise et au développement de l’activité économique que les taux de chômage de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane vont baisser. Plus personne ne discute ce fait désormais établi. Il se crée beaucoup d’entreprises aux Antilles-Guyane : sur les onze premiers mois de 2018, il s’en est créé 4593 en Guadeloupe (+13,7 % par rapport à 2017), 3024 en Martinique (+6,2 %) et 1624 en Guyane (+29,6 %). Ces sociétés sont principalement des entreprises individuelles (+26 %), qu’elles soient sous le régime des microentrepreneurs (29 %) ou sous le régime général de la SASU ou de l’EURL (+ 21 %). Leurs activités sont principalement destinées aux services à la personne, au commerce alimentaire, à la santé, etc.

Comment cette dynamique de création se finance-t-elle ? Visiblement peu auprès des banques. “Sur le volume de créations enregistré, nous faisons en réalité peu de dossiers : nous pensons qu’un nombre important de créateurs d’entreprise n’envisagent même pas de pousser la porte d’une banque”, regrette Pierre-Louis Deumier, directeur régional de BNP Paribas Antilles-Guyane. Un constat identique est fait au Crédit Agricole. Cependant, au cours de notre enquête, nous avons pu constater qu’une majorité des banquiers des Antilles-Guyane préfèrent que la création pure se finance sans elles : nombre d’entre elles ont évité nos questions.

D’abord des dons et des microprêts

Pour ces entreprises, principalement des microentreprises et des SASU, les premiers financements viennent de dons auprès de la famille, de connaissances, en direct ou via des plates-formes participatives (Dalendo, Leetchi…), ou alors de prêts auprès de mêmes sources. Les subventions tiennent également une part importante dans les plans de financement, fragilisant d’autant les projets quand leur versement tarde, voire qu’ils ne sont pas obtenus.

Les premiers financements se trouvent souvent auprès des réseaux d’accompagnement de type Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), Initiative, Réseau Entreprendre. Première nouveauté : depuis le 1er janvier 2019, Bpifrance a intégré l’Agence France Entrepreneur ainsi que la branche de la Caisse des Dépôts & Consignations finançant les réseaux de soutien et d’accompagnement à la création d’entreprise et à l’entrepreneuriat sous forme de garanties, prêts d’honneur, microcrédits… Ce sont Réseau Entreprendre, France Initiative, France Active, Adie… Ces actions sont désormais logées sous la marque ombrelle Bpifrance Création. Les Antilles-Guyane sont concernés par cette mutation. L’unité en termes de financement devrait donner de la cohérence à l’ensemble, notamment en performances. Ces réseaux visent en effet des publics différents : l’Adie prête même aux séniors jusqu’à 12 000 avec un montant de prêt moyen de 6000 en Martinique, 4000 en Guadeloupe et en Guyane ; et le réseau initiative prête jusqu’à 25 000 avec un prêt moyen à 19 000e. Réseau Entreprendre prête aux Antilles-Guyane jusqu’à 50 000, avec des prêts moyens variant de 25 000 à 40 000 en fonction des territoires.

Ces réseaux disposent de fonds de prêts abondés désormais par BPI Création mais aussi par des privés, les collectivités et les fonds européens. Depuis 2013, ils n’ont pu bénéficier de fonds européens : cette date coïncide avec la fin des programmes opérationnelles dans lesquelles des dotations étaient fléchées vers ces réseaux et le transfert aux Régions la gestion des fonds européens et l’attribution de ces fonds désormais sous forme d’appel à manifestation d’intérêt. Entre 2013 et 2017, aucun AMI n’a pu être lancé, les documents administratifs n’étant pas validés. Après des atermoiements en 2018, un AMI a enfin été lancé en fin d’année : le résultat de la répartition des fonds n’est pas encore connu au moment où nous mettons sous presse. Résultat : les réseaux Initiative accordent deux fois moins de prêts qu’avant 2013 ; l’Adie travaille dans certaines régions grâce aux fonds de sa société-mère ; Réseau Entreprendre freine réduit le montant de ses prêts d’année en année.

Par ailleurs, en Guadeloupe, le Département ne finance pas la création d’entreprise alors que les chiffres montrent que c’est la voie choisie par beaucoup de ceux qui perçoivent le RSA pour sortir de la précarité. De même aux Antilles-Guyane, les femmes sont les premières clientes des réseaux de microcrédits comme l’Adie, un fait visiblement méconnu des élus qui tergiversent pour leur accorder des financement. Tout comme certains financeurs nationaux comme La Banque Postale n’ont visiblement pas l’intérêt d’étendre leur partenariat aux Antilles-Guyane.

Une plate-forme commune

Pour les personnes porteuses de handicap, l’Agefiph Antilles-Guyane a décidé de sortir du bois. Elle octroie une aide forfaitaire de 5000 et un suivi de trois ans. L’Agefiph veut doubler ses engagements en 2019, notamment auprès des demandeurs d’emploi, et ce, avec l’aide de Pôle Emploi.

Autre nouveauté également confiée à BPI Création : le déploiement en région de la plate-forme Internet La fabrique à Entreprendre. Une première vient d’être installée en Martinique. Il s’agit de rendre visibles et de faire travailler ensemble les acteurs de la création d’entreprises. On y retrouve l’Association des Régions de France (ARF), le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables (CSOEC), CCI France et l’Assemblée permanente des chambres des métiers et de l’artisanat (APCMA), ainsi que les six réseaux d’accompagnement et de financement : l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), la Boutique de gestion (BGE), Initiative France, Avise, France Active, Réseau Entreprendre. Tout ça coûte un peu d’argent : 535 000 pour la Fabrique de la Martinique.

Il est de bon ton aujourd’hui, notamment pour les élus, de montrer leur engagement pour la création d’entreprises : dommage que les mots ne soient pas toujours suivis d’actes opérationnels.

 

 

 

Michèle Papalia, Directrice Antilles-Guyane

BPIFrance : sans limite de décaissement

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

Nous avons investi 354 M aux Antilles-Guyane en 1100 opérations. Avec l’intervention des banques, ce sont au total 794 M qui ont été injectés dans les économies de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane. Nous intervenons sur les projets en innovation, en financement direct et sous forme de garantie avec les partenaires financiers. Nous gérons aussi des outils avec les Régions, comme le Prêt Croissance TPE de Guadeloupe.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet pour que cela se passe bien ?

Qu’il utilise monbpifranceenligne ! Outre nos offres, il peut y déposer son dossier de demande de financement. Une fois que le dossier est complet, il est validé. S’il est accepté, le porteur de projet est informé par SMS, il prend connaissance du contrat que nous proposons, le signe grâce à la signature électronique que nous avons installée en 2018. Quand tout est authentifié, le décaissement se fait dans la foulée.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous voulons faire plus dans tous les domaines. Nous n’avons pas de limite de décaissement.

 

 

 

Alexis Turpin, Délégué régional Antilles-Guyane St-Pierre & Miquelon

AGEFiPH : se faire accompagner

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

Nous avons accompagné 32 personnes en situation de handicap, 30 en création pure, une en réorientation d’activité et une dernière pour une reprise, dont 19 en Guadeloupe, 15 en Martinique et 5 en Guyane. Nous avons versé un total de 100 000 aux Antilles-Guyane. En outre, les entreprises ont bénéficié d’un accompagnement et d’un suivi gratuits avec la BGE. Ces porteurs de projet étaient pour les deux tiers dans le dispositif Cap Emploi et un tiers nous était envoyé par Pôle Emploi. C’était majoritairement des hommes : 17 dossiers sur 32. 

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet ?

Qu’il prenne le temps de préparer son projet et qu’il se fasse accompagner pour se donner plus de chance possible d’aboutir.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous voulons mieux faire connaître l’appui apporté par l’Agefiph à la création d’entreprise aux Antilles-Guyane. Nous n’avons pas de blocage financier : nous voulons doubler notre volume d’activité, passant de 0,5 % à 1 % de la création financée dans le réseau Agefip. Nous voulons participer à solidifier les plans de financement des porteurs de projet.

 

 

 

Jérome Trinelle, représentant Antilles-Guyane

ADIE : être sincère

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

En 2018, l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) a accompagné 1963 Antillo-Guyanais dans leur projet de création ou de développement d’entreprise, soit 608 personnes en Martinique, 628 en Guyane et 727 en Guadeloupe, soit une progression de 13 % par rapport à 2017. La progression est portée principalement par la Guyane (+35 %) et la Guadeloupe (+9,32 %).

À travers ces microcrédits, l’Adie a ainsi injecté 10 Mdans l’économie des Antilles-Guyane, soit 2 M de plus par rapport à 2017. Cette somme a été prêtée principalement à des femmes : 73 % des porteurs de projet en Guadeloupe, 61 % en Martinique et 59 % en Guyane.

Par ailleurs, l’Adie a octroyé 250 microcrédits mobilité en 2018, des financements pour permettre à des personnes qui ont un emploi d’acquérir un moyen de locomotion pour s’y rendre, soit faire un volume identique à celui de 2018, et 265 contrats d’assurance en responsabilité civile avec Axa Caraïbes et en assurance voiture avec Allianz.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet pour que cela se passe bien ?

Nous demandons au porteur de projet d’être sincère : dire qui il est, ce qu’il veut et où il veut aller. Nous sommes opérateurs financiers, nous pouvons facilement vérifier les situations bancaires… Donc, ce n’est pas la peine d’enjoliver. Il doit en outre être progressif dans son approche et respecter les procédures.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous voulons accompagner 2210 personnes en microcrédit aux Antilles-Guyane, signer 250 microprêts mobilité, 265 en assurance, ouvrir notre antenne à Saint-Martin, une seconde en Guadeloupe et deux en Guyane.

 

 

 

Christian Isola, Directeur commercial CEPAC Martinique-Guyane

Cepac Antilles-Guyane : travailler avec les réseaux

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

Au 30 novembre, la CEPAC Antilles a accompagné un peu plus de 50 créations d’entreprises et, sur l’ensemble des territoires, ce sont près de 12 M de crédits qui ont été engagés auprès de plus de 200 porteurs de projet.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet pour que cela se passe bien ?

Pour la CEPAC, l’accompagnement par un des réseaux nationaux comme Réseau entreprendre, Martinique initiative, etc., est primordial. Ces réseaux sont pour nous le gage de qualité des dossiers et de pérennité de l’entreprise créée. Nous avons d’ailleurs mis en place une offre de crédit à taux zéro que nous appelons Prêt Décollage Pro, qui double le prêt d’honneur distribué par ces réseaux.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous n’avons pas d’objectifs chiffrés spécifiques à la création. Nous allons accentuer nos partenariats avec les réseaux d’accompagnement locaux. Nous allons poursuivre notre engagement pour l’entrepreneuriat féminin, dans la continuité de l’accord-cadre signé en mai 2018 entre l’État, le groupe Caisse des Dépôts, la BNP et le groupe Caisse d’Épargne. Nous travaillons sur quatre axes : la sensibilisation et l’accompagnement vers la création et la reprise d’entreprises par les femmes, le développement d’outils financiers et d’actions d’accompagnement à la médiation financière, la valorisation de l’entrepreneuriat féminin par la formation et des actions dans les territoires fragilisés et auprès des publics jeunes.

 

 

 

 

Pierre-Louis Deumier, Directeur Antilles-Guyane

BNP Paribas Antilles-Guyane : clarté et réalisme

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

En création et en reprise d’entreprise pures, BNP Paribas Antilles a investi 18 M en 2018. Il y a en fait très peu de projets de création d’entreprise en fait, sauf en immobilier. Il y a un peu plus de projets de reprise d’entreprise par les salariés. Ces projets sont portés aux trois quarts par des hommes. Une majorité de ces projets tournent autour de l’agroalimentaire, mais peu dans le secteur du tourisme par exemple et peu dans l’industrie, ce qui est dommage.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet pour que cela se passe bien ?

Le premier critère est la personnalité de l’entrepreneur : nous devons percevoir ses capacités. Le projet doit en outre être clair : le porteur de projet doit connaître son marché, son territoire et en avoir une vision réaliste. Nous voulons aussi un engagement financier minimum de 10 %, c’est son socle de fonds propres. Enfin, il faut un business plan, mais nos experts en crédit peuvent aider. En création, en fonction de la demande, nous débloquons en quinze jours à un mois.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

L’objectif global est augmenter le financement de la création d’entreprises aux Antilles-Guyane : plus il en aura, plus nous les financerons. Les montants sont aujourd’hui faibles, nous sommes loin de nos limites. Nous souhaitons de bons dossiers dans tous les secteurs, industriels, artisanaux… Par exemple, il manque de bons ferronniers dans nos territoires pour alimenter les chaînes industrielles existantes.

 

 

 

Tony Mirande, Président

Réseau Entreprendre Guyane

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises?

Nous avons accordé cinq prêts d’honneur pour un total de 165 000 à des porteurs de projets suivis d’un accompagnement qui dure trois ans. Ils ont permis de créer huit emplois et d’en maintenir neuf. Nous avons par ailleurs distribué onze prêts à des entreprises de cinq à dix salariés dans le cadre des plans Corail 1 et 2 mis en place par l’État et abondés par la Caisse des Dépôts suite aux événements sociaux qui ont touché la Guyane, soit un total de 260 000. Sur les plans Corail, nous pouvons encore instruire des dossiers.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet ?

Nous attendons ouverture et réciprocité. À Réseau Entreprendre, ce sont des chefs d’entreprise bénévoles qui accompagnent de futurs chefs d’entreprise : c’est un échange entre deux professionnels. Il faut que le projet soit mûr : nous apportons notre expertise pour le finaliser.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous voulons accompagner 7 porteurs de projet, aussi bien en création qu’en développement ou en reprise.

 

 

 

 

Philippe Eugène, Directeur des marchés spécialisés Martinique-Guyane

Credit agricole Martinique-Guyane : Avoir des dossiers clairs

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

Avec 200 M investis en 2018, soit 30 % du marché, nous sommes le premier financeur des entreprises en Martinique-Guyane. La création d’entreprises est une petite part de cette activité : elle représente une centaine de projets. Nous aurions pu faire plus si nous avions davantage de demandes. Notre taux de refus oscille en 10 et 12 %, ce qui est faible. Nous finançons aussi bien en besoins en fonds de roulement (BFR), en trésorerie à moyen et court terme qu’en affacturage, etc.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet pour que cela se passe bien ?

Nous préférons des dossiers clairs avec un socle minimum : projet, marché, plan de financement, de trésorerie. Il arrive que nous refusions des dossiers que pour cela, ce qui est dommage. C’est pour cette raison que nous incitons les porteurs de projet à passer par les réseaux d’accompagnement comme Réseau Entreprendre, Martinique initiative, les CCI. Mais le plus important est le porteur de projet lui-même, homme ou femme, il faut que nous sentions qu’il est prêt à se battre pour que son projet réussisse, et ce quel que soit le secteur d’activité, même ceux en difficulté. C’est pour cela que nous avons besoin de rencontrer le porteur de projet, et il faut qu’il fasse preuve de transparence.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Poursuivre l’accompagnement de l’entreprise, améliorer la relation client pour sortir des malentendus. Nous pouvons accroître notre volume de 30 M€ sans que cela pose de problème.

 

 

 

Dorothée de Reynal, Présidente

Réseau Entreprendre Martinique

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

Nous avons accompagné cinq lauréats avec des prêts moyens de 44 000 au lieu de 35 000en 2017, soit un engament total de 224 000. Quinze emplois ont été créés. Pour consolider les dossiers, nous demandons désormais un apport personnel de 20 % du projet à financer ; nous demandions jusqu’alors 15 %. Les projets ont été menés en majorité dans l’alimentation. 

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet ?

Nous voulons être face à des personnes constructives, dans l’écoute, l’échange et qui acceptent de suivre régulièrement les étapes pour tirer tout le bénéfice de Réseau Entreprendre. Nous souhaitons au moins une ébauche de business plan et que le porteur maîtrise son projet.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous voulons créer un Fonds Booster dédié au développement. Abondé par la Caisse des Dépôts à hauteur de 150 000, nous souhaitons accompagner trois entreprises en croissance. Pour nos prêts d’honneur classiques, nous souhaitons dix lauréats et augmenter le nombre de nos membres, passer de 60 à 70 adhérents.

 

 

 

 

Jean-Pierre Barbotteau, Président

Réseau Entreprendre Guadeloupe

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprises ?

Nous avons accompagné 6 lauréats, quatre en création, un pour une reprise et le dernier en développement. Soit un total 105 000 et 26 emplois créés ou maintenus. Le montant moyen est prêts    a été de 20 000€ contre 35 000€ en 2017

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet ?

D’abord, il faut que le projet soit ficelé : la phase pour le rendre éligible prend au moins quatre mois. Nous attendons que les porteurs de projet soient ouverts à l’accompagnement et qu’ils respectent leurs engagements aussi bien avec leur accompagnateur que pour rembourser notre prêt sans intérêts et sans caution. Nous attendons des porteurs de projet qui aient de l’éthique, qu’ils soient majoritaires dans leur actionnariat afin qu’ils puissent prendre facilement ses décisions. Nous voulons qu’ils prévoient au moins une création d’emploi.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous voulons accompagner 7 dossiers.

 

 

 

 

Marinette Torpille, Présidente

Initiative  Martinique Active : Dialogue et écoute

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprise ?

Nous avons accordé 122 prêts d’honneur en création et développement pour un montant total de 1,7 M. Notre action a permis la création ou le maintien de 277 emplois. Par ailleurs, 16 garanties de prêts bancaires ont été accordées ainsi que sept avances remboursables à des structures associatives.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet pour que cela se passe bien ?

Pour la bonne avancée du dossier de prêt d’honneur, nous attendons dialogue et écoute. Le dossier est entièrement dématérialisé : un conseiller détaillera au porteur du projet les préconisations et un code lui est attribué pour qu’il le complète directement en ligne. Bien que nos conseillers soient à l’écoute, nous lui recommandons de se faire aider par un professionnel du conseil. Le dossier complet est présenté au bout de maximum un mois en comité d’agrément. Une fois l’accord donné, le porteur de projet est notifié sous quinzaine.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous souhaitons accorder 140 prêts et une vingtaine de garanties. Nous voulons accroître notre niveau d’activité et améliorer l’accompagnement, en élargissant nos champs d’intervention au numérique et à l’innovation.

 

 

 

 

Corrinne Offranc, Directrice

Initiative Guadeloupe  : intégrer tous les frais

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprise ?

Nous avons accordé 150 financements pour un total de 2,5 M. Ils ont permis de mobiliser 3,8 M de prêts bancaires, soit un total de 6,4 M injecté dans l’économie en Guadeloupe. 129 prêts ont été pour des créations, 4 pour des reprises, 10 pour de la croissance et 7 pour de la dynamisation. 274 emplois ont été créés. 40 % des porteurs de projets ont moins de 30 ans, 52 % sont des femmes et 59 % sont des demandeurs d’emploi ou des allocataires du RSA.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet ?

Pour faire passer une activité d’informelle à formelle, un porteur de projet doit comprendre qu’il doit intégrer de nouveaux frais, comme un local. Il doit comprendre qu’une activité viable doit faire face à toutes ses charges et dégager un revenu, même modeste, pour le porteur de projet. Il ne doit pas confondre chiffre d’affaires et bénéfice. Avec les cabinets Parthénon et S2F, nous aidons les porteurs de projet à y parvenir aussi bien pour le financement que pour l’organisation

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous nous limiterons 150 projets tant que la situation des fonds européens n’est pas clarifiée alors que la demande est là.

 

 

 

 

Catherine Padra, Directrice

Initiative Centre Est Guyane : transmettre rapidement les pièces

Quelles ont été vos performances en 2018 en matière de création d’entreprise ?

Pour un total de 752 000, nous avons accompagné 17 entreprises en création et 28 dossiers dans le cadre des plans Corail 1 & 2. Sur les 46 dossiers, 29 étaient portés par des hommes. Les financements ont été accordés majoritairement à des seniors (18 dossiers sur 46). Nous avons également financé 22 dossiers pour un total de 74 000e dans le cadre des dispositifs des quartiers prioritaires politique de la ville. Nous avons une moyenne de 30 % de refus, soit parce que l’avis du comité est défavorable, soit à cause de pièces manquantes.

Qu’attendez-vous d’un porteur de projet ?

Qu’ils transmettent les pièces une fois qu’elles leur sont notifiées. Nous mettons gratuitement à leur disposition un expert-comptable pour finaliser leur dossier financier.

Quelles sont vos objectifs pour 2019 ?

Nous voulons financer entre 65 et 78 dossiers et accompagner 380 porteurs de projet.

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