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L’UFR soigne les quinquas et les sexas

L’UFR soigne les quinquas et les sexas

La mutuelle régionale s’intéresse à une population, nombreuse, solvable, pour lui proposer des services sur mesure. Une manière de sécuriser des clients dans un marché devenu très volatil.

Avec le coronavirus, cette population, importante aux Antilles-Guyane, a moins consommé de médicaments. Elle n’a pas forcément été moins malade : simplement, elle s’est soignée différemment.” Forte de ce constat, l’UFR vient de mettre sur le marché Quinsax, un produit pour ces personnes de 57 à 67 ans, qui sont en train de sortir de la “vie active”, mais qui pourraient avoir d’autres envies et d’autres libertés. “Nous considérons que ce sont ces personnes, nombreuses, encore en bonne santé, qui ont le pouvoir économique et qui peuvent peser sur la destinée de ces territoires.” L’UFR leur propose donc, selon son slogan, “de se réinventer”. Le produit sera commercialisé à partir de ce mois de novembre en Martinique, mais aussi en Guadeloupe, en Guyane et à la Réunion.

Favoriser la médecine douce

Nous renforçons le 100 % santé, notamment en optique, et nous les incitons à utiliser la médecine douce pour se soigner, commet l’ostéopathie, de faire du sport, etc. Nous finançons jusqu’à 120€ de cotisation dans un centre sportif par exemple, pour les inciter à reprendre cette pratique. Nous leur proposons des tests particuliers, tels que celui pour dépister la contamination au chlordécone, etc.”, poursuit-il.

Trois formules sont proposées, aux noms ancrés dans les territoires : “Jacaranda”, “Mahogany”, “Courbari”.

L’UFR a construit Quinsax de manière à permettre aux clients de cette tranche d’âge une transition douce entre les garanties prises en charge par les entreprises du temps du salariat, et la situation de retraite qui entraîne une baisse de revenus : “Nous proposerons à nos clients cotisant à travers leurs entreprises de transformer leur contrat, ce qui leur coûtera ainsi moins cher tout en étant aussi bien couverts”, poursuit-il.

Marché volatil

L’UFR, comme toutes les mutuelles et assurances de France, doit en outre faire face, ce 1er décembre, à l’entrée en vigueur de la possibilité de résiliation à n’importe quel moment de leurs contrats d’assurance. “C’est une vraie révolution. D’une part, elle rend le marché nettement plus volatil : les contrats ne sont plus assis sur une durée de douze mois, ils peuvent s’arrêter à tout moment. D’autre part, cette modification réglementaire oblige les sociétés à transformer leurs outils informatiques puisqu’elles doivent désormais être en capacité de mettre à jour de manière instantanée les cartes des assurés. Si elles ne font pas, les pharmaciens et autres professionnels de santé délivreront des médicaments ou des soins, et la mutuelle ou l’assureur sera obligé de les payer même si l’adhérent n’est plus chez lui.” Selon lui, cette révolution technique est de nature à mettre en difficulté bien des organisations. Il s’attend à de nouveaux regroupements dans le secteur durant les prochains mois.

Un autre élément va également fragiliser les positions des moins nantis : c’est la contribution financière demandée aux organismes de complémentaire santé, la taxe Covid, au motif que les dépenses de santé ont diminué pendant le confinement.

Une taxe peut en cacher une autre…

Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2021 destiné à financer le plan de relance, les assureurs santé devront payer 1 milliard d’euros au titre de l’exercice 2020 et 1 demi-milliard pour 2021, via la taxe de solidarité additionnelle (TSA). Cette contribution pour l’exercice 2020 devra être déclarée et liquidée au plus tard le 31 janvier 2021. Ces montants correspondent respectivement à des taux de 2,6 % et 1,3 % de l’ensemble des cotisations du marché. Ces sommes alimenteront la caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam).

Cette taxe, collectée par les assureurs dans leurs contrats pour le compte de l’État, pourra être indolore pour leur organisation, ce qui reviendra à faire financer une partie du plan de relance par les Français à travers leurs assurances.

Le PLFSS jette également les bases de la cinquième branche de sécurité sociale consacrée à la perte d’autonomie et remet le dossier du tiers payant sur le haut de la pile, en lien avec la réforme du 100 % Santé. Il le rend obligatoire sur les équipements et les soins du panier 100 % Santé en audiologie, dentaire et optique, dans le cadre des contrats responsables. Tous ces sujets viendront impacter la santé financière des entreprises de ce secteur.

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