Environnement

Les travaux de l’INRAE A 2030

Les travaux de l’INRAE A 2030

Pour la première fois, l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) vient de préciser quelle sera sa feuille de route d’ici à 2030.

Pour la première fois, l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) vient de préciser quelle sera sa feuille de route d’ici à 2030. L’institut de recherche français s’est donc doté de cinq orientations scientifiques et de trois orientations de politique générale. Le premier axe scientifique est de “répondre aux enjeux environnementaux et gérer les risques associés”. Le second concerne l’accélération des “transitions agroécologique et alimentaire, en tenant en compte les enjeux économiques et sociaux”. Le troisième concerne la “bioéconomie basée sur une utilisation sobre et circulaire des ressources”. La quatrième orientation a comme objectif de “favoriser une approche globale de la santé”. Enfin, le cinquième axe veut “modéliser la science des données et les technologies du numérique au service des transitions”. L’INRAE se donne donc comme fil rouge de développer la connaissance du vivant pour trouver des solutions aux problèmes environnementaux créés par le système économique dominant. Les problèmes listés concernent le climat, la biodiversité, les risques naturels et la santé. Les trois orientations de politique générale ont pour objectif de placer la science, l’innovation et l’expertise au cœur des relations de l’INRAE avec le reste de la société pour tenter d’y développer la culture de l’impact ; de renforcer ses partenariats avec les universités françaises mais aussi européennes et internationales ; enfin, de remonter sa stratégie de responsabilité sociale et environnementale (RSE) au nombre de ses priorités. Dans son organisation, l’INRAE veut travailler davantage en approche globale et inciter ses équipes à chercher ensemble. Ainsi, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), qui était jusqu’alors concentré sur la recherche pour les pays du Sud, dont ceux de l’outre-mer, devrait rejoindre les travaux des équipes de l’INRAE pour avoir une vision plus systémique du vivant, et ainsi sortir de l’approche Nord/Sud. La fusion des équipes débute par celles travaillant sur l’Afrique. Elle n’est pas encore à l’ordre du jour dans l’outre-mer français : le faire gagnerait en efficacité et en moyens. Concernant les pesticides, dans ses orientations, l’INRAE prévoit de davantage s’impliquer dans la mise en œuvre des plans Ecophyto. Le constat est en effet que ces plans lancés depuis 2015 avec comme objectif de réduire l’utilisation des pesticides n’atteignent pas leurs objectifs puisque l’achat de ce type de produits a au contraire augmenté durant cette période. Concernant le chlordécone, l’INRAE ne prévoit aucune recherche particulière, ni pour accélérer la dépollution des sols de la Martinique et de la Guadeloupe, ni pour réduire la contamination des habitants de ces territoires. Leurs résidents sont cependant contaminés respectivement à 92 % et 95 % et, dans l’état actuel des connaissances, cette contamination perdure sur plusieurs générations et est transmissible par le cordon ombilical aux enfants à naître.

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