Transport

Le Grand port maritime de Guadeloupe face à la crise sanitaire

Le Grand port maritime de Guadeloupe face à la crise sanitaire

Consolider, accompagner les clients pour mieux repartir

En 2020, malgré la crise sanitaire, le Grand port maritime de Guadeloupe n’a jamais cessé de fonctionner. Nous n’avons pas connu de cluster et avons pu assurer le service à nos clients et rattraper en fin d’année le retard pris en début d’année” : pour Jean-Pierre Chalus, président du directoire du Grand port maritime de Guadeloupe, si l’activité du GPM n’a fléchi “que” de 2,9 %, les regards en détail montrer des mutations profondes. Par exemple, le vrac liquide chute lourdement (-12,3 %) à cause de l’arrêt du trafic aérien, trafic qui n’a toujours pas réellement redémarré en 2021, ce qui pèsera encore sur les comptes. En revanche, le vrac solide ne chute “que” de 2,9 % malgré la crise qui touche le secteur du BTP et des carrières. La chute a été amortie par les importations d’agrégats de la Dominique qui a permis à certains chantiers de se poursuivre. L’importation de clinker a aussi été à la peine (-22 %) ainsi que celle du charbon (-18,7 %). L’importation de pellets, cette matière première alimentant les usines de biomasse du Moule, a débuté fin 2020 : les quantités n’ont pas été significatives mais sont appelées à devenir prépondérantes dans les années à venir.

L’exportation du sucre est également à la peine : il chute de 40,9 %. Cela s’explique par le passage du vrac à la conteneurisation du produit qui est désormais conditionné sur place, mais les quantités exportées baissent tout de même.

Sur la plate-forme, en 2020, les mouvements de conteneurs sont en hausse de 6,4 %, une augmentation portée par la manipulation des boîtes vides (87 221) qui a progressé de 15,9 %, la tendance étant sensible à partir de juillet.

En 2020, l’activité conteneurs du GPM de Guadeloupe a été soutenue grâce au transbordement, plus précisément à la mise en place de la ligne Fortaleza Express, connexion directe entre le Brésil et la Guadeloupe pour l’expédition des fruits et minerais vers l’Europe. “Nous avons bien travaillé en 2020. Pour 2021, notre objectif est de consolider et de développer ce service”, précise Jean-Pierre Chalus.

Autre service apprécié des compagnies : depuis novembre, le GPM propose un service de remplissage de soutes : “Rubis a en effet mis en place une citerne barge qui peut accoster à flanc de navire et remplir ses soutes en carburant en même temps qu’il est en train d’opérer la manutention des conteneurs, ce qui optimise le temps et les escales”, explique-t-il.

Une branche de l’activité portuaire est quasiment à l’arrêt : il s’agit du trafic passagers. Globalement, il chute de 45,3 %, soit 70,1 % en interîles, 39,5 % dans l’archipel et 37 % pour la croisière. “Pour la croisière, nous observerons les reprises qui se feront éventuellement ailleurs, en Europe notamment. Mais nous devrons inventer de nouvelles pratiques qui cumuleront celles de l’Europe avec celles de l’Amérique du Nord et de la Caraïbe. Quant au trafic régional, la pression est très forte sur les compagnies locales : il faut qu’elles tiennent au moins jusqu’en juillet.

En 2020, le GPM de Guadeloupe a réalisé 41 M€ de chiffre d’affaires contre 43 M€ en 2019. Il compte reprendre son cycle d’investissements : 15 M€ prévus en 2021 contre 6,5 M€ réalisés en 2020.

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