Stratégie

Grand port maritime de Guadeloupe : redonner confiance

Grand port maritime de Guadeloupe : redonner confiance

Bien que les performances soient là, le président du directoire du GPM de Guadeloupe relève de nombreuses incertitudes sur l’activité.

Le port repense ses installations

En 2018, l’année a été bonne pour tous les ports grâce à la reprise de l’activité économique mondiale, une bonne tendance sur les flux qui s’est retrouvée ici aussi en Guadeloupe. Par exemple, nous sommes enfin sortis de dix années de baisse continue pour le BTP ; la croisière aussi s’est bien comportée, toujours grâce aux effets reports après les cyclones Irma et Maria, et le transport maritime de passagers interîles a récupéré des passagers suite à la remontée des prix du transport aérien entre la Martinique et la Guadeloupe”, détaille Yves Salaun, président du directoire du Grand port maritime de Guadeloupe, plutôt satisfait. Au total, 3 780 millions de tonnes ont transité sur la plate-forme. “C’est un très bon score pour le port, il donne confiance !

Progression sensible du transbordement

Plus particulièrement, le trafic conteneurisé a progressé de 7 % avec 224 000 EVP (équivalents vingt pieds) manipulés. Les importations pour le marché guadeloupéen ont augmenté, preuve de la dynamique de la consommation, mais c’est surtout le transbordement qui a progressé avec 67 500 EVP (+12 %), là aussi le meilleur score du port depuis 2003.

De son côté, la croisière a progressé de 20 % et le total passagers, interîles compris, a augmenté de 10 %. “Pour la croisière, nous nous attendons à une baisse sur la saison 2019, parce que les ports touchés par Irma et Maria reprennent leur activité. Et nous n’avons pas pour l’instant de perspectives pour avoir un quatrième bateau en tête de ligne aux côtés des deux navires Costa et de celui de MSC.” La compagnie Carnival ne fait qu’un retour timide vers la Caraïbe française.

Au niveau du vrac, le port fonde de grands espoirs sur la transformation 100 % biomasse de la centrale électrique du Moule : “Avec Albioma, nous installerons un dispositif de stockage similaire à celui sur le port de la Martinique.” Pour faire face à l’arrivée de ce nouveau client qui débutera ses activités fin 2019, le port a réorganisé sa plate-forme pour davantage d’efficacité.

Un quatrième portique

De même, le GPM vient de s’équiper d’un quatrième portique à conteneurs qui entrera en activité d’ici début avril. “Nous pourrons travailler des bateaux plus grands dans le même nombre de shifts et avoir plus de souplesse pour nos opérations de maintenance.” C’est un investissement de 12 M€ amortissable sur 30 ans.

Au niveau des quais, le GPM prévoit une extension de 2 hectares qui sera achevée en mai 2019 : “Nous gagnons cette surface sur la mer. Nous avons en outre arrêté notre stratégie foncière pour notre domaine de 180 hectares. Nous voulons récupérer de la surface pour la mettre en cohérence avec les besoins de nos clients en lien avec l’activité portuaire.” Le port veut ainsi récupérer du chiffre d’affaires avec son domaine foncier.

Pour le port de Basse-Terre, le GPM de Guadeloupe s’est relancé dans une étude de développement pour repenser l’outil. “Nous avons mené un travail de concertation avec les clients, les institutionnels. Un plan d’action a été arrêté qui sera mis en œuvre en 2019 autour de la valorisation immobilière, de la reconstruction de la gare maritime dont les travaux débutent ce mois d’avril, l’enlèvement d’anciennes structures… Nous ferons de Basse-Terre un port urbain.”

Du côté de la croisière, quatorze escales se sont déroulées à Basse-Terre en 2018 : “C’est une embellie puisque nous faisions au mieux trois ou quatre escales par an ! C’est un produit que nous allons travailler, avec les Saintes, pour des navires plus petits et une clientèle plus haut de gamme.

Des incertitudes

Sur Marie-Galante, le GPM de Guadeloupe supervise uniquement la partie fret du port : “Nous sommes dans un principe de continuité territoriale : nous réorganisons les espaces afin de les sécuriser pour y accueillir de nouveaux clients en vue de développer le trafic.”

Pour Yves Salaun, les bonnes performances globales et les projets ne doivent pas masquer les incertitudes : “Nous constatons que CMA CGM, la principale compagnie qui dessert la Guadeloupe, change ses lignes, met de plus gros bateaux, développe un système informatique très propriétaire… : leur stratégie met les ports dans des situations inconfortables.” D’où l’intérêt d’intensifier l’interportuaire.

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