Stratégie

Good Funders recherche des clients outre-mer

Good Funders recherche des clients outre-mer

Ce cabinet-conseil en financement veut démocratiser la levée de fonds et la restructuration de capital. Reste aux opérateurs locaux à jouer complètement le jeu.

Souvent, nous rencontrons des opérateurs qui nous déclarent, doctement : “Nous avons des projets, un bon dossier, mais nous ne trouvons pas d’investisseurs et les banques sont frileuses.” Difficile d’argumenter quand vous manquez de matière. Nous en avons trouvé avec Good Funders, un cabinet-conseil en financement des entreprises qui déclare avoir un pool d’investisseurs souhaitant investir dans les Antilles françaises. En 2020, il a d’ailleurs accompagné de manière positive un concessionnaire en développement sur la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. “Nous existons depuis cinq ans et nous sommes trois associés cumulant des expériences nous permettant d’accompagner nos clients de manière efficiente : Mariam Menni a exercé pendant 10 ans à la BPCE sur la partie bancaire et dans l’immobilier ; Leila Khayatei vient d’Ernst & Young, plus précisément de la partie audit, transaction, restructuration de capital et due diligence ; et moi-même j’ai exercé pendant 10 ans dans le capital investissement, dont je connais les rouages”, détaille Mohamed Gadi, cogérant avec Mariam Menni de Good Founders.

En cinq ans, ils ont à leur actif 350 M€ levés pour 50 clients qui sont des PME et des ETI. “Notre taux de transformation positive d’un dossier est de 96 % alors que dans notre profession il est de 50 % : nous parvenons à ce résultat parce que nous connaissons bien l’écosystème de la finance”, poursuit-il. Le ticket moyen est de 7 M€.

Good Funders intervient aussi bien en levée de fonds qu’en restructuration de capital, en émission obligataire, pour arranger les dettes bancaires, qu’en immobilier et en leasing. “Nous avons une approche 360 degrés des dossiers, retenant toujours les meilleurs montages pour permettre aux entreprises de croître”, explique Mohamed Gadi.

 

Se développer outre-mer

Aujourd’hui, ces experts exercent principalement en Île-de-France et dans le sud de la France, mais ils ont la volonté de se développer outre-mer, même si l’avancée est lente : “Comme le Maroc d’où je viens, l’outre-mer est un marché vierge pour le type d’opérations que nous faisons. À titre de comparaison, il se signe une vingtaine d’opérations de ce type par jour en métropole alors qu’au maximum une vingtaine sont menées à bien pour tout l’outre-mer par an. Nous devons donc vulgariser ces opérations financières afin qu’elles se démocratisent et que les temps de concrétisation se réduisent.” Comptez huit mois pour qu’un dossier soit finalisé dans les DOM-TOM contre deux mois sur le continent.

Outre le manque de connaissances du public, les financiers de Goog Founders ont été confrontés à des particularités : “Nous n’obtenons pas toujours les bonnes informations financières”, déclare Mohamed Gadi, une manière élégante de dire que les comptes ne sont souvent pas sincères…

 

Freins aux signatures

Autres particularités qui freinent l’avancée des dossiers : le niveau de subvention et les délais de paiement trop longs de l’État. “Nous ne rencontrons pas ce type de problème en métropole. Toutefois, ce sont des éléments de contexte du modèle économique local. À nous, financiers, de déployer des actions correctives qui permettent aux entrepreneurs de trouver des ressources pour développer leurs affaires”, précise-t-il, c’est-à-dire trouver la bonne articulation entre le niveau de subventions, les besoins financiers et les fonds propres. Par exemple, les banques ne finançant pas le besoin en fonds de roulement (BFR), les investisseurs se substituent à eux en quelque sorte, bien que ce ne soit pas leur rôle.

Au-delà de l’aspect purement financier, pour Good Founders, cinq éléments font la différence : “Nous sommes attentifs au marché, à la solidité de l’offre, à l’avantage concurrentiel de l’entreprise, à la maîtrise de la chaîne de valeur et à la qualité de l’équipe. Et puis, comme dit notre slogan, les deux choses les plus importantes n’apparaissent pas au bilan de l’entreprise : sa réputation et ses hommes.”

Cinquante pour cent des investissements de Good Founders sont dans l’économie présentielle, tels les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les hôtels, les crèches, la logistique, la boulangerie artisanale, le cabotage…

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