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Questions à Edwige Duclay, chargée de la coordination interministérielle du plan chlordécone IV : ”Partager les informations et passer aux actes”

Questions à Edwige Duclay, chargée de la coordination interministérielle du plan chlordécone IV : ”Partager les informations et passer aux actes”

Après son premier déplacement en Guadeloupe et en Martinique, Edwige Duclay sait qu’elle porte sur ses épaules la diminution de la tension autour de ce dossier sensible.

Vous avez été nommée directrice de projet, chargée de la coordination interministérielle du plan chlordécone IV : quelle est votre feuille de route ?

J’ai effectivement pris mes fonctions le 15 février 2021 pour assurer la bonne mise en œuvre de ce plan chlordécone IV qui couvre la période 2021-2027. Il est ambitieux : le budget prévisionnel est de 92 M€, soit un montant trois fois plus important que celui du plan précédent. Mon rôle sera de m’assurer de la bonne exécution de ce plan qui mobilise plus d’une centaine de pilotes dans les deux régions et au niveau national.

Comment s’articule cette coordination ?

Outre le pilotage interministériel au niveau national, chaque région est dotée d’un comité de pilotage local, en Guadeloupe présidé par le préfet, en Martinique coprésidé par le préfet et le directeur de l’Agence régionale de santé. Ces comités de pilotage sont assistés de comités techniques sur les trois thématiques retenues, à savoir santé-environnement-alimentation, santé-travail et socio-économique.

Nous déployons également trois stratégies transversales : la communication, pilotée par les préfectures ; la formation et l’éducation, pilotées par l’Éducation nationale et les rectorats ; la recherche, pilotée par l’Enseignement supérieur et la Recherche avec les Délégations régionales à la recherche et à la technologie.

Comment s’articule le budget de 92 M€ dont est doté ce plan ?

Sur les 92 M€, 56 M€ viennent des fonds de l’État, dont 31 M€ du programme des interventions territoriales de l’État (PITE). Cette enveloppe est gérée par le préfet de la Martinique, à savoir 4,5 M€ par an. Les sommes seront attribuées en fonction de la nature des projets, soit en délégation de crédit aux services de l’État concernés, soit sous forme de convention avec des établissements, ou encore à l’ARS qui signera alors des conventions pour le déploiement des programmes JaFa, etc.

20 M€ viendront des organismes sociaux à destination des femmes enceintes, des enfants, etc.

Enfin, 16 M€ doivent venir des collectivités locales. Elles mobiliseront des lignes de fonds européens, comme le Feder, le Féam ou encore le Féader. Leur mobilisation est de leur responsabilité. En résumé, l’État a construit le cadre de ce plan après consultation des populations, met les moyens, et ce sont maintenant aux forces locales de se l’approprier pour atteindre l’objectif de zéro chlordécone.

Vous venez de présenter ce plan aux comités de pilotage de Martinique et de Guadeloupe : que ramenez-vous de cette première rencontre ?

J’ai ressenti un vrai besoin de communication claire, de partage de l’information et surtout d’actions rapides.

À quelle cadence les comités de pilotage se réuniront-ils ?

Nous n’avons pas encore arrêté les fréquences, mais je pense au moins trois fois par an.

Dans ce plan, pour partager l’information, notamment scientifique, est évoquée l’organisation de colloques : quand sera organisé le prochain ?

Nous n’avons pas encore arrêté de date, mais ce sera en 2022. Le comité de pilotage scientifique sur le chlordécone est en cours de constitution. Nous pensons qu’il sera opérationnel d’ici quelques semaines et qu’il pourra sortir son premier appel à projets fin 2021 pour mieux connaître l’action de la molécule chlordécone dans le métabolisme.

Plan chlordecone IV : quelques outils à créer

> Le comité scientifique qui sera chargé de coordonner les recherches et de lancer les appels à projets pour poursuivre la connaissance de la molécule.

> L’aide et les stratégies de désendettement pour les marins pêcheurs, et plus largement pour les professions fortement impactées par cette pollution.

> La modélisation des zones polluées et de leur environnement afin que les élus et les populations connaissent les degrés de pollution.

> Le centre de consultation des pathologies professionnelles environnementales Antilles-Guyane pour suivre les contaminations dans le cadre du travail.

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