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Digicel et Iliad créent une co-entreprise

Digicel et Iliad créent une co-entreprise

Elle s’appelle Madiadom et met en commun les équipements actifs, à savoir les antennes et les infrastructures. Le monde de demain se prépare dans la téléphonie aux Antilles-Guyane.

Iliad, propriétaire de Free qui prépare son déploiement dans la zone Caraïbes et Guyane française, a créé, le 4 février dernier avec Digicel Group, Madiacom, une co-entreprise détenue à part égale. Implantée en Guadeloupe, elle est le réceptacle de l’ensemble des actifs de Digicel Antilles françaises-Guyane estimé à 74,6M€ et de son passif à hauteur de 24,6M€.

A travers Madiacom, Free Mobile et Digicel vont partager le réseau en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane. Digicel a obtenu de l’Arcep, le 5 février 2020 l’exploitation pour 10 ans de ses fréquences.

Déploiement stratégique

Pour se déployer aux Antilles-Guyane, Iliad change donc de stratégie : exit Telco Oi, la co-entreprise que le groupe a créé avec le groupe malgache Axian pour le déploiement de Free à la Réunion et à Mayotte. Les Antilles et la Guyane devaient suivre dans la foulée. Dans son rapport annuel 2019, Iliad reconnaît juste que “Free Caraïbe et Telco Oi n’ont pas satisfait les engagements souscrits dans le cadre des autorisations d’utilisation de fréquence et font à ce titre l’objet de procédures ouvertes par l’Arcep sur le fondement de l’article L. 36-11 du Code des postes et communications électroniques.” A suivre donc.

Quant aux  215 pylônes de Digicel Antilles françaises-Guyane, ils avaient été vendus à Phoenix Tower International (“PTI ”) par le biais de sa filiale Phoenix Tower FWI, S.A.S en 2018. Iliad de son côté vient de céder, fin 2019, à l’espagnol Cellnex 70% de de sa filiale TowerCo, aujourd’hui dénommée On Tower France, qui regroupait ses 5 700 pylônes en France continentale. Cette cession, valorisée à 2Md€, a permis à Iliad une entrée d’argent frais, lui permettant ainsi d’alléger sa dette, la faisant passer de 5,2Md€ à 3,6Md€

Désendettement

De son côté, Denis O’Brien, Pdg de Digicel, a trouvé un accord avec ses créanciers pour réduire la dette de son groupe de 1,7Md$, tout en en conservant son contrôle. Ce sont les détenteurs d’obligations remboursables en 2021 qui ont accepté le deal d’échanger la dette en cours contre un montant réduit de nouvelles obligations. Pour y parvenir, Denis O’Brien a dû apporter 50 M$ de fonds propres, la moitié en espèces et l’autre moitié sous forme d’un immeuble de bureaux, siège du groupe Digicel en Jamaïque. La dette du groupe est ainsi ramenée à 5,4 Md$.

Quand aux détenteurs d’obligations à hauteur de 925 M$ qui devraient être remboursées en 2023, quelques 97% d’entre eux viennent d’accepter l’offre de Denis O’Brien qui consistait en échanger ces avoirs contre une dette de 786 M$ remboursable en 2027.  Denis O’Brien avait déjà utilisé cette technique en 2018 pour une dette exigible de 3Md€.

Les deux dirigeants dont les groupes respectifs se ont réduit leur dette et vont entamer une collaboration pour sur la zone Antilles-Guyane françaises.

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