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Complémentaire santé obligatoire : de nombreux salariés non couverts ! Aux Antilles-Guyane, une majorité des TPE-PME n’a pas souscrit à cette nouvelle obligation. Mais il y a comme un frémissement…

Complémentaire santé obligatoire : de nombreux salariés non couverts ! Aux Antilles-Guyane, une majorité des TPE-PME n’a pas souscrit à cette nouvelle obligation. Mais il y a comme un frémissement…

Aux Antilles-Guyane, une majorité des TPE-PME n’a pas souscrit à cette nouvelle obligation. Mais il y a comme un frémissement… La concentration des acteurs va se poursuivre.

En matière de souscription de la complémentaire santé obligatoire aux Antilles-Guyane, nous sommes devant deux tendances. La première concerne les plus grandes entreprises, généralement outillées avant la généralisation de la couverture santé obligatoire en 2016 ; leurs comité d’entreprise et délégués du personnel, au courant de l’évolution, ont souvent été intéressés aux discussions. Aujourd’hui, elles sont dans une optimisation de leurs contrats au niveau des groupes. “Auparavant, les groupes laissaient leurs filiales gérer les complémentaires santé un peu à leur convenance. Cette période s’est achevée en 2018 : maintenant, les contrats sont gérés au niveau des groupes, et les appels d’offres ont nettement comme objectif de diminuer les coûts sans préoccupation première de la qualité de l’accès aux soins”, observe Daniel Annonay, directeur général de la mutuelle UFR.

50 % de TPE non couvertes

La seconde tendance concerne les très petites entreprises (TPE) et les PME  : “Nous estimons entre 48 et 50 % le nombre de TPE/PME ayant mis en place un contrat de complémentaire santé obligatoire pour leurs salariés aux Antilles-Guyane”, observe Anaïs Rezzag, manager du Pôle Entreprises Antilles-Guyane de la Mutuelle Mare-Gaillard, membre fondateur du groupe VYV (voir encadré).

Pour les acteurs locaux de la complémentaire santé, de nombreux dirigeants de TPE-PME semblent être passés au travers des campagnes d’information des organisations sociales ou de leurs conseils, comme les comptables. Nombre d’entre eux considèrent encore cette nouvelle obligation comme une charge supplémentaire que leur entreprise ne peut supporter financièrement ou dont le dirigeant lui-même ne veut s’occuper, même si le montant moyen du panier de soins oscille entre 16 et 18par mois par salarié. Cependant, il y a comme un frémissement : “Depuis le début de l’année, nous avons souscrit une trentaine de contrats pour des TPE qui sont venues spontanément jusqu’à nous. Nous avons constaté qu’elles ne se contentaient pas du panier de soins minimum : elles étaient toutes sensibles à proposer quelque chose de bien à leurs salariés, aussi bien en tant que personne isolée, en couple ou en famille”, a observé Yannick Salemeron, responsable santé chez GFA Caraïbes/Generali.

Pas de contrôle de la Sécu

Cependant, selon lui, une seule chose permettra d’augmenter de manière sensible les souscriptions : “Le nombre d’entreprises n’ayant pas souscrit à des contrats de complémentaire santé obligatoire est encore important aux Antilles-Guyane parce que la Sécurité sociale ne fait pas de contrôle. Le jour où elle le décidera, la couverture des salariés sera nettement meilleure”, pronostique-t-il.

Au-delà de cette contrainte, beaucoup des TPE/PME des Antilles-Guyane n’ont simplement aucune stratégie en matière de ressources humaines. Cette situation oblige les acteurs de la complémentaire santé de développer vis-à-vis d’elles des dispositifs d’assistance renforcée qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’avec un système informatique puissant permettant une large dématérialisation de la démarche pour que l’ensemble demeure rentable.

La phase critique d’absorption des flux massifs des premières souscriptions semble être derrière les opérateurs, qui déclarent avoir tous été débordés. De même, même si le marché demeure disputé, la période de dumping commercial semble aussi derrière nous : les frais de gestion ont été les juges de paix. Ils représentent 16 % dans les instituts de prévoyance, qui sont les plus performants, mais 20 % pour les mutuelles et 22 % pour les sociétés d’assurance. Pour les souscriptions 2018/2019, de nombreuses primes ont augmenté entre 12 et 15 %.

Suivi au plus près des dossiers

Un système d’information performant permet également un meilleur suivi des dossiers : la complémentaire santé obligatoire se concentrant sur les remboursements des soins d’optique, dentaires, de ville et des médicaments, il est aisé de constater les dérapages et d’alerter les services RH. Tous les acteurs de la complémentaire santé ont ce dialogue compétitif avec leurs clients, en demeurant toujours à la limite de la confidentialité médicale. Ils appellent cela la cartographie des risques : le comparatif est fait sur les 18 derniers mois. Un service qui permet d’ajuster les primes lors des renouvellements de contrats.

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