Stratégie

CMA CGM zone Caraibes-Amérique : disposer de deux hubs, Est et Ouest

CMA CGM zone Caraibes-Amérique : disposer de deux hubs, Est et Ouest

La compagnie vise une progression de 5 à 10% avec les ports des Antilles françaises en 2019. CMA CGM veut
massifier les volumes.

Le développement du trafic est très fort en Guyane, très rapide en Guadeloupe grâce aux nombreux projets publics et privés et à la consommation soutenue des ménages, et plus en retrait en Martinique parce qu’il y a moins de projets publics et privés” : pour Grégory Fourcin, directeur central des lignes nord et sud de CMA CGM et de sa filiale de cabotage Mercosul, le constat est rapide et les lignes maritimes de la zone Caraïbe, Amérique et Europe sont en pleine mutation. Selon lui, pour l’instant, les chargeurs de la zone Caraïbe-Brésil-États-Unis n’ont pas encore le réflexe Antilles françaises pour expédier leurs marchandises vers l’Europe alors que les lignes sont là et que le trafic ne demande qu’à croître.

À l’importation, CMA CGM continuera la desserte actuelle des Antilles françaises, à savoir cinq rotations par semaine vers la Martinique et vers la Guadeloupe. L’enjeu porte sur une rotation supplémentaire pour accroître les volumes. “Avec les ports, le challenge pour l’année 2019 est de massifier le trafic. Nous le ferons sur une des deux îles. Nous n’avons pas encore pris notre décision : les critères de choix sont multiples et chaque port a de bons arguments”, précise-t-il.

Changer les habitudes

Selon lui, l’offre de services des ports de la Martinique et de la Guadeloupe ne rencontre pas encore les volumes au regard de leur capacité et les opérateurs travaillent encore trop exclusivement avec la France continentale. Pour lui, si les chargeurs modifiaient leurs manières de faire, CMA CGM a une telle palette de services dans la zone qu’elle permettrait d’augmenter sans difficulté les volumes traités sur les ports français de la Caraïbe.

Renforcer les positions

Sur la Guyane, la problématique est différente : “En ce qui concerne la consommation, la demande est nettement plus soutenue, d’une part grâce à la dynamique démographique, d’autre part parce que de nombreux projets publics sont programmés, comme le palais de justice, la prison, des collèges, des lycées, etc. Le grand Ouest, avec Saint-Laurent-du-Maroni, porte aussi la dynamique”, détaille-t-il.

Dans la Caraïbe, CMA CGM renforce également ses positions : le port de Kingston, en Jamaïque, en concession depuis le 1er juillet 2016 pour 30 ans, monte en puissance. “C’est une implantation stratégique pour desservir l’ouest de la Caraïbe et l’Amérique du Nord. Nous avons sept portiques qui ont traité 700 000 EVP [équivalents vingt pieds] en 2018 : d’année en année, nous progressons”, précise Grégory Fourcin. Cette plate-forme effectue beaucoup de transbordements, notamment avec Cuba, Haïti, le Venezuela et plus largement le centre de l’Amérique : “C’est une position parfaite entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique !

Un hub ouest, un hub est

À terme, Kingston devrait disposer de plus de 2400 m de quais répartis sur 80 ha et bénéficier d’un tirant d’eau de 15,5 m, le tout servi par 18 portiques et 60 cavaliers qui lui permettront de traiter 3,6 millions d’EVP par an. Kingston sera l’un des trois principaux terminaux à conteneurs de la Caraïbe.

Pour CMA CGM, les deux ports français de la Caraïbe sont un pendant de ce hub de Kingston, cette fois pour la zone est de la Caraïbe et des Amériques. “Nous avons transbordé 100 000 EVP en 2018 sur la Martinique et la Guadeloupe. Nous avons travaillé à l’import avec le Surinam, le Guyana, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, et à l’export vers le Surinam, la Colombie, le Nord du Brésil. Notre objectif est de faire mieux : les nouveaux bateaux doivent servir à cela.

Cabotage  : CMA CGM renforCe ses positions au Brésil

Fin 2017, CMA CGM a finalisé l’acquisition de Mercosul Line. C’est un acteur important du cabotage pour le marché domestique du transport de conteneurs au Brésil. Cette acquisition permet à CMA CGM de renforcer son offre au Brésil, mais aussi plus largement en Amérique du Sud, grâce à son service porte-à-porte. Cette compagnie dessert douze ports avec une flotte de quatre navires pouvant transporter 2500 EVP. En 2018, Mercosul Line a transporté 500 000 EVP. “Avec cette filiale, nous voulons asseoir notre position dans cette partie du monde. Pour l’instant, le cabotage avec les pays voisins comme le Pérou, l’Équateur et l’Argentine est limité, mais ces marchés peuvent se développer”, déclare Grégory Fourcin. Le cabotage dans la zone Caraïbe peut selon lui présenter un intérêt : “Nous voulons le développement régional des volumes. Le cabotage rapproche le sourcing des lieux de consommation, limite le stockage, etc., et pour CMA CGM, c’est un vrai axe de développement.”

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