Économie

Chlordécone/prostate : l’Anses sur le chemin d’une position

Chlordécone/prostate : l’Anses sur le chemin d’une position

Début juillet, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) vient enfin de conclure qu’il existe un lien probable entre l’exposition aux pesticides, en particulier le chlordécone, et la survenue du cancer de la prostate.

Début juillet, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) vient enfin de conclure qu’il existe un lien probable entre l’exposition aux pesticides, en particulier le chlordécone, et la survenue du cancer de la prostate. S’appuyant sur l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de 2019 et sur les dernières publications scientifiques, l’Anses confirme des  risques « significatifs et reproductibles» concernant cette pathologie chez les travailleurs exposés aux pesticides. Cet avis est une première étape significative. Aujourd’hui, il n’existe que deux tableaux de maladies professionnelles, dans le régime agricole, pour l’exposition professionnelle aux pesticides. Ils concernent la maladie de Parkinson et les hémopathies malignes. Seuls trois cas, sur douze demandes, de reconnaissance de cancers de la prostate associés à une exposition aux pesticides ont été reconnus entre 2011 et 2018. L’Anses s’achemine vers la création d’un tableau de maladie professionnelle pour le cancer de la prostate associé aux pesticides dans les régimes agricole et général. C’est maintenant à l’État de prendre une décision sur la création d’un tel tableau après consultation des partenaires sociaux.

Par ailleurs, ce 1er juillet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a lancé, en Guadeloupe et en Martinique, une enquête sur les habitudes d’approvisionnement et de préparation des aliments pouvant contenir du chlordécone. 750 foyers de Guadeloupe et 750 foyers de Martinique ont participé à cette enquête qui a duré deux mois à domicile. Les habitants ont été interrogés, d’une part, sur leurs habitudes d’achat des aliments contribuant le plus à l’exposition au chlordécone et, d’autre part, sur leur manière de les cuisiner. Les données collectées, strictement confidentielles, serviront de point de départ de l’étude ChlorExpo qui durera trois ans.  Cette étude a pour objectif d’obtenir une nouvelle photographie du niveau d’exposition alimentaire de la population antillaise au chlordécone avec à terme de nouvelles recommandations pour limiter les risques d’exposition des consommateurs à ce pesticide.

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