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Chlordécone et cancer de la prostate : l’État lance enfin des recherches !

Chlordécone et cancer de la prostate : l’État lance enfin des recherches !

Cinq chercheurs travailleront pendant cinq ans.

L’État semble enfin prendre à bras le corps un effet collatéral du pesticide chlordécone sur la santé des Guadeloupéens et des Martiniquais. Avec l’Institut national du cancer, il lance un programme de recherches sur le lien entre ce pesticide et la survenue du cancer de la prostate. Doté d’un budget de 3,4 M€, le programme est prévu pour durer cinq ans. Pluridisciplinaires, les recherches devront apporter des réponses claires et argumentées sur la fréquence, la mortalité et la survenue du cancer de la prostate en Guadeloupe et Martinique ; les caractéristiques cliniques du cancer de la prostate dans ces territoires ; la relation entre l’exposition au chlordécone et le risque de cancer de la prostate, en particulier les formes graves ; le niveau d’accumulation du chlordécone dans les tissus gras et prostatiques. Ainsi, durant cinq ans, cinq chercheurs travailleront sur quatre axes : la constitution de vrais registres des cancers en Guadeloupe, en Martinique et la cartographie de l’exposition ; le lancement d’une nouvelle étude épidémiologique en Martinique ; l’évaluation, en Martinique et en Guadeloupe, de l’expérience individuelle et collective de la contamination au chlordécone à partir d’entretiens et d’un questionnaire en ligne ; enfin, l’évaluation de la distribution du chlordécone dans le sang, le tissu gras et le tissu de la prostate. Pour rappel, depuis 2018, l’étude Kannari a révélé que 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais ont des traces de chlordécone dans leur sang et que ces populations ont le taux d’incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde.

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