Gestion

Le CDI Intérimaire, Un nouvel outil pour un nouveau type d’intérim

Lancé en mars 2014, le CDI intérimaire ou CDI-I, en plus d’avoir été critiqué par les syndicats, a peu séduit les chefs d’entreprise durant cette première année de mise en place. Inter-Entreprises revient sur ce contrat.

Lancé en mars 2014, le CDI intérimaire ou CDI-I, en plus d’avoir été critiqué par les syndicats, a peu séduit les chefs d’entreprise durant cette première année de mise en place. Inter-Entreprises revient sur ce contrat.

 

1/ Le principe

Ce contrat à durée indéterminée s’inscrit dans la politique de sécurisation des parcours professionnels des intérimaires et est signé entre l’employé, le technicien ou le cadre, et l’agence d’intérim. Cette dernière se charge alors de la rémunération de l’intérimaire, de ses congés payés et de la formation. Une garantie minimale mensuelle de rémunération de l’intérimaire couvrant ses missions et intermissions et prévue. En retour, l’intérimaire doit accepter les missions qui lui seront proposées dans son bassin d’emploi soit un rayon de 50 km et à 1h30 de son domicile, il se doit également d’être joignable en intermissions pour se rendre disponible dans la demi-journée, et est obligé de renoncer à sa prime de précarité de 10%. Un délai de carence de six mois est toutefois toujours obligatoire au bout de dix-huit mois, comme dans l’intérim classique. L’intérimaire n’est pas contraint de signer un CDI-I s’il ne le souhaite pas et la possibilité de signer un CDI-I ne résulte pas de l’ancienneté de l’intérimaire.

Une fois le contrat signé, l’intérimaire obtient donc son contrat de travail en CDI, ainsi qu’une lettre de mission pour chaque mission définissant les conditions de mise à disposition. Le but de ce nouveau contrat est de sécuriser les parcours professionnels des salariés intérimaires et de renforcer leur employabilité.

 

2/ Les avantages

Les entreprises ayant fait appel aux CDI-I s’accordent à dire qu’il permet de pérenniser le poste d’un collaborateur intérimaire ayant acquis les compétences nécessaires d’un poste donné. Par ailleurs, le coût d’un CDI-I est quasiment équivalent à celui d’un intérimaire classique. Il faut en effet compter entre 1 et 5% de plus d’un contrat à l’autre. Cette différence dépendra notamment de la capacité de l’agence d’intérim à pouvoir replacer facilement l’intérimaire sur le bassin d’emploi en fin de mission. Si son profil est recherché, cela sera moins onéreux. Dans la même logique, plus la mission proposée par l’entreprise est longue, plus le prix sera bas.

Pour l’intérimaire, le CDI-I lui procure une certaine constance dans son parcours professionnel, mais sert également de garantie dans des démarches administratives courantes telles que l’accès au logement.

Les agences d’intérim quant à elles s’assurent une certaine fidélité des salariés intérimaires.

D’un point de vue administratif, le CDI-I est plus simple à gérer qu’un CDD étant donné que les responsabilités sont partagées entre l’entreprise et l’agence d’intérim. Du point de vue de la personne embauchée, la précarité induite par le CDD est beaucoup moins attrayante qu’un CDI-Intérimaire.

 

4/L’allongement de la durée d’emploi annuelle

Parallèlement au CDI Intérimaire, l’allongement de la durée d’emploi annuelle des intérimaires via la formation ou l’apprentissage est préconisé par les partenaires sociaux. Le principal objectif de cet allongement est de sécuriser le parcours professionnel des intérimaires et concerne les intérimaires ayant une durée d’emploi de 800 heures dans l’année et ayant accepté un plan d’accompagnement spécifique, et ceux ayant une faible intensité d’emploi c’est-à-dire 400 heures par an sur une période de 2 ans dans l’agence d’intérim. Grâce à cet allongement, les partenaires sociaux espèrent augmenter de 5% par ans sur trois ans les durées d’emploi des intérimaires concernés.

 

A RETENIR :

> Le gouvernement s’est donné pour objectif de signer 20 000 CDI Intérimaires en trois ans.

> A la signature d’un CDI-I l’intérimaire consent à accepter les missions dans son bassin d’emploi, être joignable en intermissions pour se rendre disponible dans la demi-journée, et est obligé de renoncer à sa prime de précarité de 10%.

> Les partenaires sociaux espèrent augmenter de 5% par ans sur 3 ans les durées d’emploi des intérimaires concernés grâce à l’allongement de la durée d’emploi annuelle.

 

 

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