Stratégie

Antillo-guyanais : leur santé se dégrade

Antillo-guyanais : leur santé se dégrade

Avant la crise du Covid-19, 68 % des habitants de Guyane, 58 % en Guadeloupe et 55 % en Martinique se déclaraient en bonne santé.

Avant la crise du Covid-19, 68 % des habitants de Guyane, 58 % en Guadeloupe et 55 % en Martinique se déclaraient en bonne santé. Or, 53 % des habitants de la Martinique sont en surpoids, dont 38 % en situation d’obésité et souffrant d’hypertension artérielle. En Guadeloupe, ce sont 52 % des habitants qui sont en surpoids, dont 41 % en situation d’obésité et souffrant d’hypertension artérielle. En Guyane, la proportion est de 51 % de la population en surpoids, 34 % en situation d’obésité et souffrant d’hypertension artérielle. L’obésité est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Conséquence : six Antillo-Guyanais sur dix présentent un ou plusieurs facteurs de risque pouvant entraîner des formes graves du Covid-19.

De même, 33% de la population de plus de 15 ans en Martinique et en Guadeloupe se déclare être limitée depuis au moins six mois dans ses activités habituelles à cause de problèmes de santé. Ils sont 25 % en France continentale. Par rapport à une enquête précédente effectuée en 2014 aux Antilles, les limitations concernent davantage les hommes (+10 points) et les personnes âgées de 61 à 75 ans (+15 points).

Les causes de cette situation de santé dégradée des populations de ses territoires sont connues : une alimentation trop sucrée, trop transformée et de moins bonne qualité. En effet, sous prétexte de faible pouvoir d’achat, les produits qui y sont importés sont de mauvaise qualité. Enfin, dernière cause, le peu d’activité physique de ces populations.

En 2019, 91 % des Guadeloupéens déclaraient avoir recours à des soins, même si 28 % d’entre eux reconnaissaient les avoir retardés ou y avoir renoncé. La proportion est de 90 % en Martinique, dont 34 % qui les avaient différés ; et 85 % des Guyanais, un tiers déclarant y avoir renoncé. Les raisons des renoncements : dans l’ordre, le manque de capacité financière, les délais d’attente, les problèmes de transport et l’absence de spécialistes. Aux Antilles et en Guyane, ce sont surtout les femmes qui diffèrent leurs soins de santé.

De même, alors que ces territoires regorgent de fruits et de légumes, seuls 45 % des Guadeloupéens, 39 % des Martiniquais et 30 % des Guyanais consomment des fruits tous les jours. En outre, seuls 38 % des Guadeloupéens, 35 % des Martiniquais et des Guyanais consomment des légumes tous les jours, contre 59 % pour les fruits et 63 % pour les légumes en France continentale.

Ici aussi, les causes sont connues : en Guadeloupe comme en Martinique, les trois quarts des habitants sont inquiets de la contamination de leur alimentation par le chlordécone et autres pesticides. Ils craignent aussi la dégradation de la qualité de l’air due aux brumes de sable et les effets des gaz toxiques émis par les sargasses échouées. De même, les rejets importants dans l’air et dans la terre du mercure utilisé dans les activités d’orpaillage inquiètent un tiers des Guyanais.

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