Stratégie

Antilles-Guyane : la Banque des Territoires veut donner un coup d’accélérateur à l’activité

Antilles-Guyane : la Banque des Territoires veut donner un coup d’accélérateur à l’activité

Sur l’habitat, le tourisme et la transition énergétique, la Banque des territoires veut participer pleinement à la relance.

La Caisse des Dépôts et Consignation a apporté 26 Md€ au plan France Relance. À mi-2021, nous avons déjà mobilisé plus de 10 Md€ dont 200 M€ aux Antilles et en Guyane, soit précisément 130 M€ en Guyane, 40 M€ en Martinique et 30 M€ en Guadeloupe ?” : Pour Christophe Laurent, directeur régional de la Banque des Territoires/Caisse des Dépôts, un coup d’accélérateur est donné, même si l’activité peut paraître morose. Dans la région, la CDC intervient sur ses trois métiers : l’investissement direct, surtout dans le tourisme ; la transition énergétique et écologique ; l’ingénierie auprès des collectivités et des bailleurs sociaux. “En 2021, nous sommes moins intervenus pour soutenir les professions juridiques, qui ont mieux résisté à la crise. De même, nos engagements seront moins importants pour les collectivités après le prêt exceptionnel avec l’Agence française de développement en 2020 pour aider la collectivité territoriale de Guyane sur ses programmes concernant des écoles, des lycées et la mobilité verte”, poursuit-il.

 

Des EcoPrêts pour la réhabilitation

La Banque des territoires est également active auprès des bailleurs sociaux : “Nous n’avons pour l’instant signé qu’un écoprêt outre-mer. C’est un outil financier qui permet, grâce aux fonds du Livret A, de prêter à taux 0 aux bailleurs sociaux qui veulent rénover leur patrimoine. Seule la SIG en Guadeloupe y a fait appel”, poursuit-il. Il est vrai qu’entre le prêt vert de l’AFD également à taux 0 et les fonds mis à disposition par Action Logement outre-mer, la ressource ne manque pas pour réhabiliter le parc de l’habitat social.

 

Ingénierie pour Petites villes de demain

En 2021, la Banque des Territoires a également poursuivi ses engagements dans les programmes Action Cœur de Ville ainsi que dans le programme Petites villes de demain. “C’est un programme qui vise à améliorer les conditions de vie des habitants des petites communes et des territoires alentour. Sur ce programme, la nouveauté est que nous finançons le poste du chef de projet qui ne travaille que sur ce projet. L’objectif est de dynamiser les centres-villes et de mutualiser les foncières de réhabilitation.” Il s’agit notamment de réhabiliter les dents creuses, en mettant des commerces ou des tiers lieux au rez-de-chaussée et de confier les étages à des bailleurs pour location.

En Guyane, quatre communes sont dans le dispositif Petites villes de demain. Il s’agit de Saint-Georges, de Maripasoula, de Papaichton et de Grand-Santi. En Guadeloupe, ce sont sept communes : Bouillante, Le Lamentin, Morne-à-l’Eau, Le Moule, Sainte-Anne, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas. En Martinique, ce sont dix communes : Saint-Pierre, Le Carbet, Sainte-Marie, Trinité, Saint-Esprit, Le Vauclin, Rivière-Pilote, Sainte-Luce, Les Anse-d’Arlet et Les Trois-Îlets.

Sur le volet ingénierie, la Banque des territoires veut également comprendre pourquoi les choses n’avancent pas : “Par exemple, nous travaillons avec les Cellules économiques régionales de la construction (CERC) de Martinique et de Guyane pour identifier les freins à la réhabilitation pour pouvoir les lever : la Caisse des Dépôts veut clairement faire plus sur ce secteur !

 

Restructurer l’offre touristique

En matière de tourisme, la Banque des territoires se montre également volontariste, même si les grands chantiers annoncés ne sont toujours pas encore sortis, comme ceux de Batelière, du Bakoua en Martinique, ou encore de La Vieille Tour en Guadeloupe. “Les grandes entreprises savent venir nous voir quand elles souhaitent restructurer leurs activités à travers des foncières qui portent le patrimoine immobilier pour alléger la structure de leur bilan et réinjecter de l’argent frais dans l’entreprise. En revanche, les plus petites structures de huit à dix chambres sont clairement sous les radars. Or, dans le plan France Relance, il y a des capacités venues du Livret A pour aider les opérateurs privés à amortir leurs investissements immobiliers entre 25 et 50 ans en fonction de la valeur de l’actif, à la condition qu’elles obtiennent une garantie de leur collectivité. Dans cette période particulière, nous nous inscrivons dans une logique d’amélioration de l’offre dans ces territoires, nous ne souhaitons pas que les petites structures se retrouvent sans solution.

Par ailleurs, la Banque des territoires veut déployer en région Antilles-Guyane Alentour, une plate-forme du tourisme de proximité qui cherche à offrir le plus large catalogue possible d’activités de loisirs sur tous les territoires français. Alentour se veut être une vitrine pour les fournisseurs d’activités, les hébergeurs, etc., ainsi que les institutionnels, dont les offices de tourisme. Son objectif est de desserrer l’étau des géants du numérique de type Tripadvisor, Booking.com et Airbnb sur le secteur touristique français.

Même en matière d’eau, d’assainissement et de déchets, la Banque des territoires a une offre : “Nous pouvons mettre en place des financements ad hoc, à la condition qu’il y ait un vrai travail d’ingénierie de projet. Nous réfléchissons en ce moment avec la Communauté d’agglomération la Riviera du Levant (CARL) ainsi qu’avec Cap Excellence sur ce sujet en Guadeloupe avec notre casquette accompagnement. Dans les solutions imaginées, la Banque des territoires peut entrer au capital des structures d’exploitation aux côtés des opérateurs.

Le bras armé de l’État veut jouer pleinement son rôle aux Antilles et en Guyane : reste à sortir les projets.

 

Plan Innovation Outre-Mer

Dans le cadre du plan investissement d’avenir (PIA), un appel à manifestations d’intérêt avait été lancé fin 2020 à destination de l’outre-mer. Treize lauréats ont été retenus, dont trois aux Antilles et en Guyane : le réseau de coopération et de valorisation des bioressources porté par le Pôle agroalimentaire de la Martinique, la technopole Archipel Guadeloupe 5.0 portée par Audacia ; et un centre d’ingénierie biosourcé porté par l’université de Guyane. Ces trois organismes disposent d’un budget de 100 000 € pour réfléchir et faire émerger deux projets concrets avec des retombées réelles pour les territoires qui sera présenté aux prochains appels à manifestations du PIA entre 2022 et 2026. S’ils sont lauréats, ils auront la capacité de lever jusqu’à 1,6 M€ chacun auxquels s’ajouteront les fonds des collectivités locales, soit des budgets totaux de 3 M€. Le PIA réserve 14 M€ pour des innovations venues des outre-mer.
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