Editorial

Y’a comme des choses à changer !

Y’a comme des choses à changer !

L’Autorité de la concurrence regarde enfin ce qui se passe réellement outre-mer dans le secteur alimentaire.

Ils tremblent tous ! Tous les distributeurs des Antilles-Guyane sont très attentifs à la déferlante qu’ils voient arriver dans la grande distribution. Ils pensaient que l’éloignement les protégeait de l’approche à la hussarde des vendeurs en ligne que sont Amazon, vente-privée.com ou encore Alibaba. Ils savent désormais qu’ils n’y échapperont pas, comme les grands groupes nationaux qui sont littéralement KO debout.

il y en a qui reconnaissent le problème, se mettent en mouvement, innovent pour être encore là demain. C’est le cas du groupe Créo avec sa nouvelle enseigne Méga Stock, un “trois en un” ayant pour objectif de “couper en deux” la vie chère estimée à 38% de plus aux Antilles-Guyane (p46). Il y en a qui cherchent, comme le groupe Safo, prenant des libertés avec l’assortiment de ses Carrefour Market et qui imagine un modèle de regroupement pour la myriade de petits indépendants qui résistent encore dans les mornes et sections (p40).

Il y en a aussi, comme le groupe Parfait, qui a décidé de rompre un contrat de 24 ans d’âge avec Système U, incertain de la survie de ce groupement d’indépendants (p44).

Il y en a enfin, comme le groupe GBH, confiant dans sa puissance construite au fil des années, qui pense continuer à remporter toute la mise (p41).

Concurrence non faussée

Or, l’Autorité de la concurrence semble enfin dessiller ses yeux sur les pratiques outre-mer : une accumulation de marge à cause d’une trop forte concentration, des avantages concurrentiels sur le transport parce qu’un groupe assure le transport retour des containers avec la banane ; des conditions d’achat à tarif industriel obtenues grâce à la massification des volumes, facturées de manière à contourner l’octroi de mer, etc., etc. Le ménage sera-t-il enfin fait pour que la concurrence ne soit plus faussée ?

De même, le ménage sera-t-il également fait dans l’organisation des coopératives animales en Martinique ? Alors qu’en dix ans, La Réunion est parvenue à être autosuffisante en matière de production de porcs, de volailles, de lapins, de lait et d’œufs, grâce notamment aux aides publiques, dans le même temps, les Antilles-Guyane ont de moins en moins produit, quelques-uns ayant pris l’argent public pour leur argent de poche (p32). Y’a comme des choses à changer ! 

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