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Vaches laitières en Martinique : 32 prim’Holstein en déserrance dans une exploitation liquidée

Vaches laitières en Martinique : 32 prim’Holstein en déserrance dans une exploitation liquidée

32 vaches laitières de race prim’Holstein, inadaptées au climat tropical, en situation de maltraitance dans une ferme liquidée dans le Sud de la Martinique.

Nouvel épisode, cette fois dramatique, dans la filière lait en Martinique : 32 vaches laitières importées sont en véritable souffrance animale dans une exploitation en cours de liquidation, au Vauclin, au lieu dit Petite Grenade.

Le 5 décembre, 32 prim’Holstein, race bovine laitière d’origine néerlandaise, adaptée au climat tempéré de la France métropolitaine, mais pas au climat tropical des Antilles françaises, ont été importées par la coopérative Madivial dans l’objectif de les installer chez des producteurs de lait afin de relancer cette filière qui ne possède plus que trois laiteries actives dans le territoire pour un cheptel total de 63 bêtes.

La Direction de l’agriculture et de la forêt (DAF) qui n’était pas favorable à cette importante importation, a constaté l’arrivée des bêtes qui doivent subir une mise en quarantaine. Par le passé, cette race a déjà été importée en Martinique, et aucune n’a survécu.

Seuls problèmes avec ce nouvel arrivage : aucune nouvelle ferme de production lait n’a été installée ni aucun professionnel formé pour accueillir ces vaches laitières, la DAF ayant refusé que ces animaux ne soient mis en quarantaine dans les exploitations existantes, parce qu’en nombre insuffisant (3) et parce qu’elles n’ont pas la capacité d’absorber un volume aussi important de bêtes. Pour information : une importation est normalement autorisée quand la filière est constituée d’au moins 5 laiteries en capacité de recevoir dans de bonnes conditions les animaux.

Ces animaux se retrouvent donc parqués, sans soins appropriés, sur une exploitation en cours de liquidation dans le Sud de la Martinique. Le liquidateur a d’ailleurs constaté par deux fois que l’ancien employé de cette exploitation s’occupait des animaux alors que, dans le cadre de la liquidation, il bénéficie de mesures de maintien de salaire, ce qui lui interdit toute activité, surtout sur la même exploitation qui, normalement, n’a plus d’activité déclarée.

Manque de soins

Depuis plusieurs jours, ces vaches, arrivées porteuses de petits, sont livrées à elles même, puisque la coopérative Madivial n’a mis aucune organisation digne de ce nom autour de cette importante arrivée d’animaux qui représente l’équivalent 50% du cheptel laitier actuel de la Martinique.

Plusieurs prim’Holstein ont déjà perdu leur petit, hypothéquant leur production de lait, mais surtout sans perspective de gestation dans les vingt jours, la Martinique ne disposant plus de centre d’insémination, sauf à avoir recours à des privés et à l’importation.

La quarantaine s’achève le 5 janvier 2019. A cette date, la coopérative Madivial devra fournir à la Direction des services vétérinaires (DSV), au Service santé et protection animales et environnement, à la DAF, tous les papiers prouvant le suivi des soins de ces animaux, notamment les échographies des gestantes et de celles ayant perdu leur petit, et surtout de préciser sa stratégie de déploiement pour une telle quantité d’animaux sur une activité de l’élevage qui ne s’improvise pas.

A l’heure où la maltraitance animale est enfin reconnue et fait l’objet de condamnation sévère, mettre de manière volontaire des animaux inadaptés au climat tropical dans des situations de véritable supplice, sans doute uniquement pour une question de subvention à ne pas perdre, est simplement inacceptable.

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