Économie

Sommet social européen : Emmanuel Macron souhaite une transformation rapide des compétences

Sommet social européen : Emmanuel Macron souhaite une transformation rapide des compétences

Selon le Président de la République, le système de formation doit être réformé en profondeur.

Au sommet social pour les emplois et la croissance de l’Union européenne qui vient de se tenir à Göteborg, sur la côte ouest de la Suède, Emmanuel Macron, président de la République, a réaffirmé la nécessité de définir un standard social commun. Les points-clés de son discours.

> Le modèle :Nous ne pouvons pas constamment parler de compétitivité et d’ajustement si nous ne parlons pas en même temps de notre modèle social, parce que sinon cela veut dire que nous renonçons à notre modèle social et que nous serons attirés vers un modèle de type asiatique ou hyperlibéral où le facteur d’ajustement sera toujours le moins-disant social.

> La situation :Nous sommes face à une explosion du savoir mondial, une accélération de celui-ci par le numérique et une transformation de nos économies qui sont impactées par les grands acteurs du numérique. Ce qui fait qu’aujourd’hui en Europe, nous avons 15 millions de décrocheurs et 70 millions d’Européens qui n’ont pas les compétences de base pour trouver un emploi. En France, nous avons 1 million et demi de décrocheurs, 1,3 million exactement, et entre 1,5 million et 2 millions de gens qui n’ont pas les compétences. Cela veut dire que nous pouvons faire tous les efforts d’ajustement en termes de compétitivité, réduire les droits, etc., nous n’arriverons pas à faire travailler nos concitoyens avec ces conditions.

Nous ne pouvons pas continuer à avoir une politique territoriale et de cohésion territoriale en ne regardant pas le sujet social. Nous devons conditionner à la convergence sociale les fonds structurels et la cohésion. Nous ne pouvons plus avoir un modèle où nous laissons se développer des business models de dumping social ou fiscal financés par les fonds européens. Je suis pour que notre politique commerciale prenne en compte nos objectifs sociaux. Nous ne pouvons pas dire que nous voulons être le “best in class” sur le modèle social, mais ne pas défendre nos travailleurs quand il y a du dumping. Aujourd’hui, il y a une trop grande divergence sur le plan social entre les États membres.

> Le constat :Nous vivons collectivement dans des systèmes qui sont organisés avec une certitude de base : à 20 ans, 22 ans ou 23 ans, on est formé pour toute la vie et on n’aura plus besoin d’être formé. Or, les dernières études le montrent, l’obsolescence des compétences apparaît au bout de cinq ans ; ce qui veut dire que si vous n’entretenez pas vos compétences, au bout de cinq ans, il faut vous reformer. Nous avons besoin d’un investissement public, massif, mais qui suppose une bonne organisation collective pour qu’il soit productif et qu’on utilise bien cet argent qu’on va devoir mettre.

> La mutation :Pour les jeunes comme les moins jeunes, nous avons un besoin de transformation des compétences très rapide. En France, nous devons réformer l’apprentissage, la formation continue parce que notre organisation ne correspond plus à ce défi et nous allons investir 15 milliards d’euros durant le quinquennat sur ces priorités.

Travailleurs détachés

> Les outils :Le plan Juncker 2 doit être regardé aussi comme un plan sur les compétences. Nous devons adapter les instruments financiers que nous avons. Le Fonds social européen doit être mieux utilisé sur les plans de formation et de compétences. La convergence au sein de l’Union européenne a été pervertie : ce n’est plus une vraie convergence, parce qu’on a créé des modèles de dumping fiscal et social et nous l’avons mis en lumière lorsque nous avons travaillé sur les travailleurs détachés. Il faut utiliser le Fonds social européen pour aider tous les Européens les moins formés, les décrocheurs, parce qu’il y a de la divergence sociale dans tous nos pays. Nous devons pouvoir mieux utiliser le Fonds d’adaptation à la mondialisation. Les critères aujourd’hui sont assez rigides, notamment celui de 500 emplois au moins supprimés pour pouvoir utiliser le Fonds d’adaptation à la mondialisation ; il faut peut-être le revoir pour le rendre plus souple et activer cette poche financière un peu mieux, parce que partout en Europe des transitions sont à l’œuvre et nous devons reformer les gens, pour passer de la vieille économie à la nouvelle économie.

> Erasmus :Erasmus ne marche pas suffisamment fort parce que nous n’y avons pas mis l’argent. Collectivement, nous sommes très hypocrites : nous disons à chaque fois que nous parlons d’Erasmus que c’est très bien, nous fêtons son 30e anniversaire, mais nous ne voulons jamais mettre de l’argent. Aujourd’hui, quasiment 50 % des Erasmus ne sont pas honorés parce que nous ne disposons pas de l’argent communautaire.

> Erasmus professionnel :Nous devons avoir une vraie ambition pour l’Erasmus apprentissage : mettons l’argent, mais mettons-le vraiment ! Parce que nos jeunes en ont besoin pour entrer justement dans le monde du travail.

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