Économie

Sargasses : Le coût économique en Martinique et en Guadeloupe

Sargasses : Le coût économique en Martinique et en Guadeloupe

En 2018, la chambre de commerce des îles de Guadeloupe (CCI-IG) a mené une enquête auprès de 450 entreprises implantées dans des zones touchées par les sargasses.

En 2018, la chambre de commerce des îles de Guadeloupe (CCI-IG) a mené une enquête auprès de 450 entreprises implantées dans des zones touchées par les sargasses. Un tiers d’entre elles ont perdu plus de la moitié de leur chiffre d’affaires, et ont même dû fermer. Avec la Diectte, l’Urssaf, la DRFIP et les caisses de retraite, un guichet unique a été créé. En plus d’éviter aux chefs d’entreprise de faire un parcours entre les différentes administrations, l’objectif est de suspendre le paiement des charges, de trouver des solutions d’indemnisation pour les salariés sans activité et de travailler avec Bpifrance pour mobiliser les aides à la restructuration.

En Martinique, un dispositif analogue avait été mis en place, piloté par la chambre de commerce de Martinique (CCIM). Sur un fichier de 584 entreprises installées à 500 m du littoral, 357 ont vu leur activité impactée par les sargasses. 180 d’entre elles ont déposé un dossier d’indemnisation pour un total de 3,7 M€, dont 1,3 M€ au titre de perte de chiffre d’affaires, et 1,3 M€ pour perte de matériel. 40 % des entreprises ont dû remplacer leur outil de production, 50 % ont perdu la moitié de leur chiffre d’affaires, et 30 % d’entre elles ont envisagé un redressement judiciaire, une procédure collective, voire une liquidation judiciaire. Cinquante dossiers sont encore en cours d’instruction en 2019 parce que les entreprises n’ont pu présenter des documents comptables à jour.

Avec recul pour les deux présidents de chambre, les entreprises qui avaient déjà des problèmes avant l’arrivée des sargasses ont été liquidées. Celles qui étaient saines existent encore. De même, se retrouver du jour au lendemain sans chiffre d’affaires avec comme unique proposition un moratoire n’est pas satisfaisant. Ils préconisent de mettre en place une indemnisation spécifique de secours, ainsi qu’un fonds de garantie spécifique sargasses. De même, pour le personnel, un dispositif d’accompagnement et de formation aurait été plus pertinent, notamment pour les acteurs du tourisme.

En outre, de nombreux professionnels se sont entendu répondre par les services de l’État : “Déplacez votre activité !” Cette suggestion est simplement inaudible quand on possède un établissement depuis plus de vingt ans et qu’il fonctionne bien à l’endroit où il est. Autre difficulté dans laquelle se trouvent les entrepreneurs installés sur le littoral : l’impossibilité de prévoir les échouements et le manque de couverture de ce risque par les assureurs.

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