Stratégie

Retraite : réformer quoi qu’il en coûte !

Retraite : réformer quoi qu’il en coûte !

Le ministre des Finances et de la Relance répète à l’envie que la réforme n’est qu’ajournée. Raison pour s’y intéresser. La crise sanitaire et la faible prise en charge de la dépendance incitent aussi à s’y préparer.

La crise sanitaire n’a fait qu’ajourner l’entrée en application de la réforme de la retraite. Pour ne pas l’oublier, Bruno Le Maire, ministre des Finances et de la Relance, le rappelle à chaque occasion : selon lui, il faut la mener à son terme, la loi Pacte de 2019 en ayant posé le cadre. Le gouvernement ne lâchera visiblement pas l’affaire, d’où l’intérêt de bien comprendre la réforme et de s’y préparer.

Un autre événement imprévu milite pour cette anticipation : “La crise du covid-19, avec la division par deux de la valeur des patrimoines qu’elle a entraînée, démontre qu’un chef d’entreprise n’est pas à l’abri de difficultés de pouvoir d’achat au moment de la retraite !” observe Lisa Nicolas, inspecteur Vie et Patrimoine chez Allianz Amériques, qui a vu les souscriptions pour de l’épargne en prévision de la retraite augmenter de 40% depuis le début de la pandémie. La crise sanitaire a donc fait prendre conscience de la fin de vie, notamment à la population des entrepreneurs qui jusqu’alors pensaient pouvoir être en mesure de repousser toujours plus loin cette échéance.

 

Aligner les systèmes de retraite

Pour Lisa Nicolas, la réforme de la retraite aligne tous les systèmes de retraite quelque soit le profil du cotisant et incite chacun à cotiser sur ses propres deniers pour améliorer les conditions de sa fin de vie. “L’objectif de la loi est également de réformer et de simplifier l’épargne retraite en permettant aux assureurs de mettre à disposition des épargnants des produits plus attractifs, plus simples, plus flexibles et avantageux fiscalement”, précise-telle. Et ils s’adressent à tous : aux indépendants, aux chefs d’entreprise, aux particuliers, aux femmes au foyer, etc., une offre démocratisée en quelque sorte.

 

Préserver le pouvoir d’achat

Financièrement en effet, le moment de la retraite est particulier : si l’espérance de vie s’allonge, les revenus à cet instant de la vie diminuent alors que certains besoins comme la dépendance partielle ou totale ne sont pas couverts. La volonté de conserver un pouvoir d’achat et d’anticiper ces futures dépenses incitent donc à se constituer une épargne retraite disponible. “Avec cette réforme, la grande révolution est que le capital épargné est entièrement disponible dès la liquidation du régime légal, quel que soit le statut de l’épargnant. Cette offre est particulièrement adaptée pour les indépendants comme pour les salariés qui peuvent ainsi bénéficier d’une rente viagère ou d’un capital en complément de la retraite obligatoire tout en bénéficiant d’une réduction fiscale durant toute la phase de l’activité professionnelle, c’est-à-dire celle durant laquelle nous sommes le plus imposables”, poursuit Lisa Nicolas.

 

Capital ou rente

Le choix entre le versement d’une rente viagère ou d’un capital s’effectue au moment de la liquidation des droits du contrat en fonction des besoins, de la situation familiale, de l’état de santé  de l’épargnant et de ses projets. Ce choix n’est possible que pour les versements volontaires ou provenant de l’épargne salariale. “De même, lors de la souscription, nous proposons à nos clients trois types d’investissements : “prudent”, “équilibré” ou “dynamique”, c’est-à-dire qu’avec cette gestion pilotée, la part des actifs à risques élevés ou intermédiaires diminue progressivement au profit d’actifs à faible risque à mesure que la date de liquidation des droits à la retraite approche”, détaille cette spécialiste de l’assurance-vie. En l’absence de choix, c’est un pilotage « équilibré » qui sera retenu par défaut.

Le temps de retraite représente jusqu’à un quart de la vie. Les crises successives montrent la nécessité d’anticiper de toutes les manières possibles cette période de la fin de vie. Se constituer une retraite complémentaire dans le cadre de la réforme peut être une solution.

 

Le déblocage anticipé

Le PER est un contrat de long terme, bloqué jusqu’à l’âge de la retraite. Cependant, il peut être débloqué de manière anticipée dans deux cas :

– pour faire face à des accidents de la vie, de type invalidité, chômage, liquidation judiciaire, décès du conjoint, situation de surendettement… ;

– pour acheter une première ou une nouvelle résidence principale, avec la partie de l’épargne correspondant aux versements volontaires et ceux issus de l’épargne salariale.

Le décès du titulaire d’un PER avant l’échéance entraîne sa clôture. L’épargne constituée est alors reversée aux bénéficiaires désignés lors de la souscription, dans le cadre fiscal de l’assurance vie. Les fonds ne sont donc pas perdus !

 

Les Plans épargne retraite

Trois produits Plan épargne retraite (PER) existent aujourd’hui sur le marché : deux produits pour les entreprises, à savoir le PER collectif et le PER obligatoire ; et le PER individuel. Ce dernier produit d’assurance s’adresse au plus grand nombre, aux indépendants comme aux salariés qui souhaitent souscrire une épargne retraite individuelle. A savoir : l’épargne retraite constituée sur un PER, quel qu’il soit, peut être transférée sur un autre PER, par exemple en cas de changement d’employeur ou de métier.

 

Pour les entrepreneurs

La loi Madelin permet aux chefs d’entreprise, s’ils sont gérants majoritaires, de se constituer une retraite complémentaire en fonction de leurs revenus. Cette épargne constituée en fonction du chiffre d’affaires est défiscalisée jusqu’à 15% du plafonds annuel de la Sécurité sociale et limitée à huit fois le plafonds annuel. Pour les travailleurs non salariés, le calcul de cette retraite complémentaire se fera à partir de l’impôt sur le revenu.

 

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