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Questions à Guillem Lefait, “La donnée : avoir une approche objective”

Questions à Guillem Lefait, “La donnée : avoir une approche objective”

Pour Guillem Lefait, la qualité des données est la vraie valeur ajoutée de l’entreprise.

Vous êtes un expert en données de masse : en quoi  sont-elles devenues le nouvel “or noir” de l’entreprise ?

Avec le développement du digital et la massification de la collecte et du traitement des données, les entreprises sont en mesure de connaître au plus près leurs clients. Plus cette connaissance sera précise, plus elle générera de la valeur ajoutée.

Les entreprises doivent donc avoir une approche stratégique des données, car il existe aujourd’hui un vrai marché de la vente ou de la location de fichiers.

 

Pour l’entreprise, quelle est la bonne approche de ce nouveau marché ?

Il faut selon moi en avoir une approche objective, c’est-à-dire faire en sorte que les données soient suffisamment fines afin qu’elles décrivent la réalité et objectivent les évolutions possibles.

 

La massification de la collecte des données rend-elle obligatoire l’automatisation de leur traitement ?

Oui. Le digital évite les tâches répétitives et permet des traitements complexes pouvant aboutir à une véritable personnalisation grâce à la définition de profils pour lesquels des offres particulières pourront être imaginées. Cette personnalisation fine maximalise le retour sur investissement. Cette approche fine sur des données massives n’est possible qu’avec l’informatisation.

 

Quelles sont les zones de risque d’une telle approche ?

Le premier risque de la collecte massive de données est juridique. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) édicté par l’Union européenne en mai dernier pose un certain nombre de règles raisonnables pour mettre un peu d’ordre dans des pratiques qui pourraient déraper.

Nous en avons eu l’illustration avec Cambridge Analytica qui, durant la campagne électorale de 2016 qui a porté Donald Trump à la présidence des États-Unis, a collecté et exploité les données personnelles de 97 millions d’utilisateurs de Facebook à leur insu.

Le second risque vient de la multiplication des données et des acteurs, ce qui accroît les risques de pertes.

 

Pour s’en prémunir, quelle serait la bonne stratégie pour les entreprises ?

La première est de respecter le RGPD : ces règles sont un premier socle commun sur lequel s’appuyer. Les entreprises doivent jouer le jeu.

La seconde bonne pratique est de ne stocker que ce qui est nécessaire à l’activité, pour éviter de tomber sous le coup d’abus en ce qui concerne la vie privée.

Une autre zone d’attention et de questionnement de chacun, dont les entrepreneurs, concerne l’impact de la digitalisation sur la démocratie. Le principe du digital est de collecter massivement des données, de les croiser avec de multiples sources : l’exploitation sans raison de ces données peut conduire à une société qui n’est pas forcément celle que nous souhaitons.

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