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Questions à Frédéric Moyne, Pdg d’Albioma “Nous voulons utiliser d’avantage de ressources biomasse locales !”

Questions à Frédéric Moyne, Pdg d’Albioma “Nous voulons utiliser d’avantage de ressources biomasse locales !”

Avec Galion 2, Albioma inaugure un modèle de centrale bagasse/biomasse à dupliquer dans le monde.

Comment se porte Albioma ?

Notre société se porte bien. Nous détenons 20 % de part de marché de la production d’énergie renouvelable dans les DOM avec nos usines et nos centrales photovoltaïques. Nous avons un modèle économique basé sur des contrats de fourniture d’énergie à EDF sur 20 à 30 ans, et chaque projet réalisé est autonome dans son équilibre et réalisé grâce à de la dette, sans avoir à faire appel à l’actionnariat. 90 % de notre chiffre d’affaires est réalisé avec nos installations biomasse, et 10 % avec nos installations photovoltaïques.

Nous sommes également très actifs à l’international, par exemple à l’île Maurice où nous produisons 40 % de l’électricité avec nos installations thermiques/bagasse, et depuis 2013, nous opérons au Brésil avec trois centrales.

Comment est constitué votre actionnariat   ?

25 % de notre capital est détenu par des investisseurs de long terme, comme la Compagnie financière européenne de prises de participations (COFEPP) qui détient 6 % de notre capital et contrôle également les marques Dillon, Depaz, Saint-James et est actionnaire de la sucrerie du Galion ; ou encore Bpifrance avec 5 %, la Caisse des Dépôts et Consignations avec 4 %, etc. 75 % de notre actionnariat est flottant en Bourse Euronext Paris.

Vous venez d’inaugurer Galion 2 : est-ce une étape importante pour votre groupe ?

Galion 2 signe la sortie du charbon : Albioma est aujourd’hui en capacité de construire en deux ans et demi et d’exploiter des usines utilisant comme unique ressource de la biomasse qui peut être couplée à de la bagasse. Nous sommes un acteur de la transition énergétique : avec Galion 2, la Martinique passe de 7 % de son électricité produite à partir des énergies renouvelables à 23 % et c’est la première usine de ce type dans l’arc antillais : nous en installerons d’autres, par exemple au moule en Guadeloupe dès fin 2020, ou encore à Marie-Galante. Nous proposerons également ce modèle dans les autres îles.

Aujourd’hui, vous importez des granules de bois des États-Unis : est-ce une finalité ?

Notre finalité est de favoriser l’installation de filières locales pour la fourniture de biomasse : nous avons des besoins sur 20 à 30 ans !

Nous avons identifié des ressources locales estimées à 20 000 tonnes par an, constituées de la mise en culture de haies, de bois de palettes, de résidus d’élagage, de déchets verts, etc. Nous avons identifié 150 emplois directs et indirects liés à ces activités tout en apportant des revenus complémentaires aux planteurs. Reste à écrire le schéma régional biomasse qui cartographiera les gisements et permettra de mobiliser les fonds d’État dédiés au développement de ces activités. C’est un document qui est lié à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Notre objectif est d’atteindre 30 % de biomasse locale dans dix ans. Nous partons de zéro.

Qui doit rédiger ce document ?

Ce schéma est rédigé par la collectivité territoriale et l’État. Celui de Guadeloupe sortira à l’occasion de la révision de la PPE en décembre.

Et pour la Martinique ?

Nous attendons.

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