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Transport aérien

Prise de participation de la Martinique au capital de Corsair : les tractations doivent aboutir !

Prise de participation de la Martinique au capital de Corsair : les tractations doivent aboutir !

Aux côtés des Guadeloupéens, des Réunionnais, des Guyanais, des Mahorais, la Martinique, publique et privée, ne peut pas demeurer à l’écart d’un tel outil stratégique !

Il est des souvenirs qui laissent des traces si vivaces, qu’ils peuvent empêcher toute action. Et pourtant, il faut savoir les dépasser.

De quoi je parle ? De la participation de la collectivité territoriale de la Martinique, mais aussi d’opérateurs privés martiniquais, au tour de table de la compagnie Corsair !

La main de personne ne doit trembler au moment d’intégrer cet accord !

Pourquoi ? Parce que le contexte du sauvetage de la compagnie Corsair n’a rien à voir avec les précédentes tentatives aériennes locales.

Oui, Air Martinique et quelques autres ont laissé de belles ardoises dans les collectivités qui les ont financé à l’époque ainsi que dans quelques banques privées. Mais, ces aventures auraient pu se révéler gagnantes si ceux qui les dirigeaient à l’époque ne s’étaient pas pris pour des Cadors alors qu’ils n’étaient pas du métier : sous toutes les latitudes, l’aérien est une industrie qui demande beaucoup de capitaux et est à risque de pertes abyssales si un pilote chevronné n’est pas dans le cockpit !

Revenons à Corsair.

Tout d’abord, c’est grâce à l’arrivée de compagnies telles que Corsair, Level, XL Airways que l’offre de sièges s’est accrue durant ces dernières années sur les Antilles et que les prix ont durablement baissés.

Les trois compagnies… comme avant !

Je me souviens de conférences de presse durant lesquelles les dirigeants d’Air France et d’Air Caraïbes disaient “Même pas peur !” quand ils voyaient ces concurrents, porteurs de la stratégie low-cost, pointer leur nez. Pour preuve : ces deux compagnies sont demeurées leaders des liaisons vers nos territoires. Elles sont bien organisées et professionnelles dans leurs process : de quoi ont-elles peur aujourd’hui ?

Revenons à Corsair.

Corsair est la deuxième compagnie nationale et la troisième en termes de part de marché sur les Antilles : la disparition d’un tel opérateur aurait eu un impact durable sur les liaisons de nos territoires avec le reste du monde en termes de prix des billets mais aussi en termes du coût du fret !

Contenir le coût du fret !

Nous l’avons vu, au plus fort du confinement, quand la compagnie nationale était la seule à voler, le coût du fret s’est littéralement envolé. Encore aujourd’hui, parce qu’elle demeure seule sur la liaison vers la Guyane, les tarifs ne sont plus raisonnables !

Seconde raison pour expliquer que le contexte de la reprise de Corsair est différent : les entreprises privées qui ont porté le dossier sont guadeloupéennes, mais aussi réunionnaises, guyanaises, mahoraises. Ce n’est pas par grandeur d’âme ou pour faire un coup que leurs dirigeants ont trouvé les bons arguments pour convaincre Bercy et Bruxelles, mais parce qu’ils ont vite compris que si l’outre-mer perdait un moyen de connexion avec l’extérieur, que c’étaient leurs activités qui allaient en pâtir, le tourisme biensûr, mais aussi la grande distribution, le transport aérien régional, etc.

Troisième raison enfin qui explique que le contexte est différent : les acteurs autour de la table sont des chefs d’entreprises reconnus dans leur secteur d’activité, crédibles, ayant leurs actifs uniquement outre-mer et qui ont eu la bonne idée de ne pas changer la gouvernance de la compagnie pour mettre leurs copains. Ce sont des professionnels qui ont compris que, pour que ce coup audacieux réussi perdure, qu’il faut les bonnes personnes aux bons endroits !

La Martinique, publique et privée, ne peut pas demeurer à l’écart d’un tel outil stratégique !

Des audiences et des sollicitations sont en cours : elles doivent aboutir !

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