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Pascal Hoffmann : “Accompagner la mutation des territoires !”

Pascal Hoffmann : “Accompagner la mutation des territoires !”

Pour son directeur régional Antilles-Guyane, la Caisse des Dépôts possède les moyens de son action et veut être
investisseurs aux côtés d’acteurs privés.

Comment se porte la Caisse des Dépôts ?

La Caisse des Dépôts se porte bien. En 2018, son résultat global a été bon : il a atteint précisément 3,3 Md, dont 1,5 M grâce à notre fonds d’épargne venus de la collecte des fonds du Livret A que nous mettons ensuite à disposition des bailleurs sociaux pour la construction de logements.

La Caisse des Dépôts (CDC) collecte 60 % de l’épargne des Français : en cette période de taux d’intérêt bas, les banques ne se montrent pas très actives sur ce produit qui leur fait perdre de l’argent.

Les autres filiales de la CDC ont contribué de leur côté à hauteur de 1,8 Md au résultat. Ce qui fait que début 2019 la CDC dispose de 36 Md de fonds propres et qu’elle verse au budget de l’État 1,6 Md en équivalent impôts sur les sociétés et dividendes. La CDC est un établissement public qui ne coûte rien au contribuable !

La CDC est un groupe utile : un Français sur six a acquis son logement grâce à un prêt de la Caisse des Dépôts ; et nous gérons la pension d’un Français sur cinq.

Quelle a été votre principale actualité en 2018 ?

En 2018, la CDC a créé la Banque des territoires. Ce n’est pas un établissement supplémentaire, mais davantage une marque sous laquelle nous regroupons nos activités pour intervenir plus efficacement partout en France, dont outre-mer.

Quels sont vos objectifs avec cette marque ombrelle ?

Nous nous fixons quatre axes de travail : parvenir à des territoires plus connectés en termes d’équipement et d’usage numériques ; qu’ils soient en outre plus attractifs pour permettre un développement de l’emploi ; qu’ils soient plus inclusifs en favorisant l’économie solidaire ; et enfin qu’ils soient plus durables en soutenant les actions qui protègent la biodiversité et l’environnement.

Quelles sont les zones d’intervention de la CDC ?

Nous intervenons en ingénierie financière auprès des collectivités, en prêts pour renforcer les fonds propres auprès d’acteurs économiques, aux côtés des bailleurs sociaux comme la Siguy, la Simco, la Simar, la SIG pour financer le logement social, et avec notre filiale SCET (Services, conseil, expertises et territoires) pour accompagner l’ingénierie de développement local des sociétés d’économie mixte (SEM) dans les actions Cœur de ville, etc.

Comment cela se traduit-il au niveau interrégional ?

En 2018, la CDC a consenti 318 M de prêts au logement social et aux collectivités, soit précisément 171 M en Guyane où les besoins sont très importants au regard de la dynamique démographique ; 103 M en Guadeloupe et 45 M en Martinique.

Ainsi, la CDC a contribué à la construction de 800 logements en Guyane, 822 en Guadeloupe et 380 en Guyane. Nous avons également permis la réhabilitation de 2000 logements, soit 1300 en Martinique, 500 en Guadeloupe et 260 en Guyane. Les bailleurs sociaux de la Martinique sont très actifs pour remettre aux normes, notamment parasismiques, leur parc locatif.

Ce volume d’activité est en retrait de 23 % par rapport à 2017, mais au regard des dossiers en cours de finalisation, le rebond sera important en 2019. Preuve du redémarrage de l’activité dans le BTP, à fin mars, nous avons déjà réalisé 45 % de notre volume d’activité de 2018.

Et en matière de prêts aux collectivités ?

Nous avons prêté au total 9 M, dont 8 M en Guadeloupe, principalement pour la rénovation d’un groupe scolaire à Goyave, pour la réfection de l’éclairage public à Morne-à-l’Eau, ou encore avec Cap Excellence pour la création de la plate-forme agroalimentaire qui sera installée à Dothémare.

Quelles ont été vos prises de participations auprès d’acteurs privés durant cette année 2018 ?

Elles ont concerné deux opérations : l’une en Guyane, pour la production d’énergie renouvelable avec la société Voltalia ; la seconde, en cours de finalisation avec la société aéroportuaire Martinique Aimé Césaire pour la construction d’un ensemble de bureaux, hôtels et restaurants à côté de l’aéroport. La CDC a investi dans ces deux opérations 8 M.

Notre soutien au secteur privé se fait également au travers des plates-formes de création et d’accompagnement des TPE, comme Réseau Entreprendre, les réseaux Initiatives… En 2018, nous avons ainsi soutenu 1600 entreprises et permis la création ou le maintien de 1800 emplois. Nous avons transféré cette activité à Bpifrance à partir de cette année 2019.

Nous avons également déployé notre dispositif de microcrédits avec les collectivités locales et les banques de la place pour les publics fragiles. Ainsi, avec les CCAS, le fonds de cohésion sociale géré par Bpifrance qui garantit le prêt jusqu’à 50 % et obligatoirement une banque locale, nous permettons des financements de proximité dans le cadre d’un projet économique. Nous avons contractualisé avec quasiment toutes les collectivités de Martinique ; nous poursuivons le déploiement en Guadeloupe : nous venons de contractualiser avec la commune d’Anse-Bertrand. En revanche, nous sommes au point mort en Guyane parce qu’aucune banque locale ne veut pour l’instant prendre le relais.

D’une manière générale, comment voyez-vous l’évolution de votre activité ?

Aux Antilles-Guyane, la CDC aura une activité de plus en plus soutenue auprès des collectivités. Par exemple, sur les 22 villes retenues dans les actions Cœur de villes, sept sont aux Antilles-Guyane. Il s’agit de Cayenne, de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane ; de Pointe-à-Pitre, des Abymes et de Basse-Terre en Guadeloupe ; de Fort-de-France et du Lamentin en Martinique. La CDC est au cœur de ce programme de reconquête des centres-villes, d’une part en financement de la maîtrise d’ouvrage publique, d’autre part en investissement avec des acteurs privés. À Fort-de-France, nous sommes au stade de la mise en œuvre. Dans les autres villes, nous sommes au stade de l’ingénierie. Nous sommes également actifs dans la redynamisation des centres-bourgs des communes rurales, comme à Marie-Galante, à Saint-Martin. Accompagner les mutations est notre cœur de métier.

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