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L’enquête Ti Moun à poursuivre et à approfondir

L’enquête Ti Moun à poursuivre et à approfondir

En Guadeloupe, l’enquête TiMoun a porté sur une cohorte de 1100 femmes entre 2004 et 2007, dès le 3e trimestre de grossesse et jusqu’aux 7 ans des enfants.

> En Guadeloupe, l’enquête TiMoun a porté sur une cohorte de 1100 femmes entre 2004 et 2007, dès le troisième trimestre de grossesse et jusqu’aux 7 ans des enfants. 1096 naissances ont eu lieu, dont six enfants mort-nés et six interruptions volontaires de grossesses. 90 % des femmes avaient leur sang contaminé au-delà de 0,39 mg/l et le cordon ombilical de 86 % d’entre elles était contaminé au-delà de 0,20 mg. Le chlordécone se retrouve aussi dans le lait maternel. Par ailleurs, 35 cas de malformations ont été recensés et 25 cas de testicules non descendus. La durée de gestation diminue avec l’augmentation de l’exposition au chlordécone, c’est-à-dire que le risque de naissance avant 37 semaines (prématuré) est sensiblement accru. La présence du chlordécone dans le sang et dans le cordon entraîne une contamination du fœtus.

> Le chlordécone affecte le développement neuronal des enfants. Dans le cadre de l’enquête TiMoun, 300 enfants en bonne santé, sans malformation ni pathologie pendant la grossesse, ont fait l’objet d’un suivi particulier à 3 mois, à 7 mois et à 18 mois. À 3 mois, les enfants contaminés par le chlordécone connaissent une variation du taux hormonal de leur thyroïde, notamment les garçons. À 7 mois, ces enfants ne présentent aucune perturbation de leur acuité visuelle. En revanche, plus ils sont exposés au chlordécone, plus leur score d’attention à la nouveauté est faible et plus leur développement psychomoteur en motricité fine est affecté. À 18 mois, les petits garçons les plus exposés présentent de moins bons scores en termes de motricité fine. Les données concernant les enfants à 7 ans sont en cours d’exploitation. Cependant, de premières tendances se font jour. Sur un groupe de 461 enfants dont 223 garçons et 238 filles, 50 % d’entre eux ont des taux de chlordécone en diminution ; pour 25 % d’entre eux, il est stable ; et pour 10 % d’entre eux, il est en forte augmentation, sans doute à cause de leur alimentation.

> Dans le cadre de l’enquête TiMoun, les conséquences du chlordécone sur le développement de 300 nourrissons ont été observées en termes de taille et de poids. À 3 mois, quand le cordon de la mère est contaminé, les garçons présentaient un indice de masse corporelle (IMC) élevé qui a diminué ensuite. En revanche, chez les filles, cet IMC élevé perdure jusqu’à 18 mois.

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