Économie

Handicap : implanter un foyer pour les sourds et malentendants en Guadeloupe

Handicap : implanter un foyer pour les sourds et malentendants en Guadeloupe

Ce sera une première pour tout l’outre-mer !

Alors que des structures de ce genre existent de longue date en France continentale, l’outre-mer français, et singulièrement les Antilles-Guyane, sont dépourvu de foyers où les personnes sourdes et malentendantes peuvent se rencontrer, effectuer des démarches administratives et autres. Depuis 20 ans, les associations de sourds et malentendants de Guadeloupe s’activent pour la création d’une telle structure dans ce territoire, jusqu’à présent sans succès. Ophély Mézino, Miss Guadeloupe 2018, Première dauphine de Miss France 2019 porte ce projet.

Des personnes au sein des administrations

Mes parents sont sourds. Très tôt, dès l’âge de 8 ou 9 ans, j’ai dû prendre auprès d’eux des responsabilités qui ne sont habituellement pas celles portées par des enfants : remplir les papiers à la banque, les accompagner dans les administrations, à l’hôpital, et dans les moindres actes de la vie courante. Les problématiques de cette population ne sont pas prises en compte en Guadeloupe”, explique Ophély Mézino qui représentera la France lors de l’élection de Miss Monde en décembre prochain. La langue des signes, longtemps interdite, n’est en effet reconnue comme langue officielle que depuis 2005, et aucune administration locale ne possède en son sein de personnel capable d’échanger de manière satisfaisante avec les sourds et malentendants. La situation est identique en Martinique et en Guyane.

C’est ce projet de foyer qu’Ophély Mézino présentera dans le cadre de la compétition Miss Monde. “Nous souhaitons un lieu central, implanté entre Les Abymes, Pointe-à-Pitre et Baie-Mahault. Pointe-à-Pitre serait même emblématique puisque le Pointois Auguste Bébian a été un pionnier de la scolarité bilingue français/langue des signes”, précise-t-elle. Ce lieu permettrait à l’ensemble de la communauté des sourds et malentendants, les enfants, les parents, les amis, etc., de trouver de l’assistance administrative, de la formation ou simplement un espace où se réunir pour rompre l’isolement social dont souffre cette population. “Ce handicap fait peur, il a été longtemps caché : la seule chose que nous voulons est une surface de trois ou quatre salles, et après nous nous en occupons, parce qu’au sein de la communauté des sourds et malentendants, nous avons tous les corps de métier et nous avons du talent !” insiste-t-elle. Avec la visibilité que lui confère la participation à l’élection de Miss Monde, Ophély Mézino espère booster cette implantation. “Sous forme associative ou autre, avec des capitaux publics et/ou privés, nous pouvons faire émerger ce lieu en un an, et ce sera une première aux Antilles-Guyane !”.

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