Environnement

Gestion des risques : Changer de paradigme

Gestion des risques : Changer de paradigme

La gestion des risques devient un choix politique, collectif et individuel.

Arrive-t-on aux limites des doctrines de gestion de crise ? L’ampleur des catastrophes naturelles récentes a mis en lumière la vulnérabilité des organisations. Malgré tous les guides d’action et les injonctions à la prévention et à la résilience, y compris au niveau international, on constate que ces doctrines ne sont pas totalement adaptées aux menaces et à l’évolution des sociétés. Trois enseignements peuvent être tirés de ces crises récentes. Si les causes de la vulnérabilité varient (occupation des zones à risques sans prise en compte du danger, dépendance à des réseaux ou à des services dont l’interruption a des conséquences en chaîne, impréparation des sociétés et des personnes, mauvaise anticipation, etc.), la vulnérabilité elle-même devient une constante. La tendance générale confirme les prédictions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Certains phénomènes s’intensifient, d’autres se décalent dans l’année, d’autres encore augmentent en fréquence : le changement climatique fragilise ou aggrave les situations locales.

En outre, les dynamiques démographiques, économiques, sociales, l’urbanisation, la littoralisation, etc., transforment nos sociétés et obligent à réfléchir collectivement à la manière d’assurer, de façon juste et efficace, la sécurité des personnes, des biens et des milieux naturels dont nous dépendons. Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’opposer les solutions, mais de les articuler pour qu’elles se renforcent.

Une bonne réaction peut donc se construire dans le temps, si on anticipe, se prépare, si on tire des leçons des expériences passées. Le changement climatique global pose aussi un problème de rythme. Les sociétés humaines ont déjà connu des changements environnementaux importants, mais ils se sont produits sur des durées plus longues que celle d’aujourd’hui, d’où la difficulté d’adaptation rapide. De même, constat a été fait qu’il ne suffit pas de diffuser les mesures de sauvegarde pour qu’elles soient appliquées ; qu’il ne suffit pas de connaître les “bons comportements” pour les mettre en pratique. Pour se préparer à ces épisodes imprévisibles, l’amélioration en continu des systèmes de prévision et d’alerte peut être une solution. Les organisations doivent se préparer, ainsi que les secours, les forces de sécurité, les individus, les groupes sociaux, en passant par les autorités, les entreprises, les médias, etc. L’adaptation est d’abord un choix politique, collectif et individuel. Un des enjeux majeurs est également celui de la solidarité locale, nationale, voire mondiale.

Sur le court terme, pour mieux se préparer à la gestion de crises qui deviendront plus complexes et moins maîtrisables, notamment aux Antilles-Guyane, les organisations devront développer une culture commune de la sécurité, afin que chacun reconnaisse sa vulnérabilité, apprenne à faire face à des situations de crise, à aider et à soutenir les personnes qui, en raison de leur âge, de leur situation de santé, familiale, socio-économique, juridique, etc., ne sont pas en mesure de faire face. Les zones exposées devront également être protégées et leur habitabilité à 25, 50 ou 100 ans imaginée. Partout sur le territoire national et singulièrement aux Antilles-Guyane, le renouvellement urbain doit être mieux réfléchi afin de rebâtir, de rénover, de transformer l’existant ; et les espaces menacés à court, moyen ou long terme par le changement climatique devraient être répertoriés et mieux suivis.

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