Économie

Contingent de rhum : première étape franchie

Contingent de rhum : première étape franchie

La Commission européenne vient de donner son accord.  Reste à convaincre le Parlement et le Conseil et s’entendre.

Cela fait quatre ans que tous les producteurs de rhum des DOM réclament à l’Europe, via la France, l’augmentation du contingent de rhum qu’ils peuvent vendre sur le marché de la France continentale. En effet, depuis cette période, les ventes de rhum progressent de 5 à 8% par an en volume. Comme ils ne peuvent pas vendre plus que 120 000 hectolitres d’alcool pur (HAP) depuis 2011, les producteurs des DOM voyaient ce boom leur échapper au profit des rhums étrangers et leur part de marché diminuer : elle est passée de 95% à 80% en 2015. Et cette érosion s’accélère au regard des puissances de pénétration déployées par les challengers (Baccardi, Havana notamment) qui sont des leaders mondiaux.

Plus de contingent : reste à le répartir !

Sensible à ces arguments, la Commission européenne a donné son accord pour 20%, soit 24 000 HAP de plus par an.  Le Conseil des ministres et le Parlement doivent confirmer cet accord, d’ici octobre normalement.

Ce pas franchi, le plus difficile restera à faire : déterminer deux répartitions de ce nouveau contingent ; tout d’abord pour les territoires (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion) puis entre chaque producteur de rhum. Les discussions s’annoncent âpres : le dynamisme du marché français porte pour une grande part sur le rhum vieux jusqu’alors dominé par la Martinique. Les autres territoires qui avaient pris l’option de production de sucre (Guadeloupe, La Réunion) sont en train de rattraper leur retard avec des investissements importants en vieillissement. Ils veulent donc une grosse part. La Guyane ne veut pas être oubliée. S’ils ne parviennent pas à s’entendre, ce sont les douanes qui vont trancher. Ce que personne ne semble souhaiter visiblement. 

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