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Comptes rapides Cerom : le coronavirus percute les Antilles-Guyane !

Comptes rapides Cerom : le coronavirus percute les Antilles-Guyane !

Les données chiffrées fournies par l’Insee, l’AFD et l’Iédom montrent que l’impact a été violent au 2e trimestre 2020. La prolongation de la crise sanitaire et ses mesures arrivent sur des corps déjà malades !

Dans le cadre des Comptes économiques rapides pour l’outre-mer (Cerom), en association avec l’Agence française de développement (AFD) et l’Iédom, l’Insee vient de sortir les chiffres pour la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Ils concernent le deuxième trimestre 2020, soit précisément la période du confinement. Ce sont des données à avoir en tête, d’une part, parce qu’elles montrent l’effet spectaculaire, désormais précisément mesuré, du coronavirus sur ces trois places économiques ; d’autre part, parce qu’ils éclairent précisément les secteurs frappés par la crise sanitaire, et ce n’est pas fini ; enfin, parce qu’ils permettent de se faire une idée plus fine de la masse des personnes qui se retrouveront sans ressources et pour lesquelles chaque territoire devra imaginer des solutions, car l’herbe ne sera plus verte nulle part au milieu que nous sommes de la deuxième vague de cette crise sanitaire.

En Martinique comme en Guadeloupe et en Guyane, l’impact du coronavirus sur l’emploi salarié est majeur. En Martinique, il a reculé de 1,5 % durant le deuxième trimestre 2020, soit 1851 emplois perdus en trois mois par rapport au premier trimestre 2020. Sur un an, l’île a perdu 1,8 % de salariés, soit 2230 emplois, dont 3,7 % dans le commerce, 3,6 % dans le tertiaire marchand et 0,6 % dans le tertiaire non marchand.

 

Tous les secteurs sont touchés

En Guadeloupe, la tendance est la même : l’emploi salarié a baissé de 1,7 %, soit 1990 emplois en moins par rapport au 1er trimestre 2020 et, en un an, le nombre de salariés a baissé de 2 %, soit l’équivalent de 2400 emplois détruits, dont 2,7 % dans le commerce, 3,1 % dans le tertiaire marchand et 1,2 % dans le tertiaire non marchand.

Pendant cette période, la Guyane perd elle aussi des emplois salariés, précisément 870 sur un total de 54 450, soit un recul de 1,6 %, dont 3,4% dans le tertiaire marchand, 1,3 % dans le secteur tertiaire non marchand, 1,5 % dans l’industrie.

 

Le coronavirus fragile les tissus économiques

Dans ces trois territoires, le coronavirus est venu percuter de fragiles tendances positives enregistrées durant les trois dernières années, portées par le secteur tertiaire marchand, le secteur tertiaire non marchand et l’industrie. Il se trouve que ce sont très exactement les secteurs percutés par le coronavirus !

Pour être plus précis, durant le deuxième trimestre 2020, les personnes qui ont perdu leur emploi en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane dans le secteur tertiaire marchand exerçaient dans les transports, les activités financières, les services rendus aux entreprises, les services rendus aux particuliers, l’hébergement, la restauration, l’immobilier, l’information et la communication. Celles du secteur tertiaire non marchand exerçaient dans l’administration publique, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale. Sous cet éclairage, on se rend compte que c’est toute l’activité économique de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane qui est touchée par cette perte massive d’emplois !

Les missions d’intérim ne comblent pas cet effondrement de l’emploi salarié : +30,9 % par rapport au premier trimestre, soit l’équivalent de 400 emplois de plus en Martinique ; +10 % sur la même période en Guyane, soit l’équivalent de 120 emplois en plus ; 21,1% en Guadeloupe, soit 280 emplois de plus. Le nombre d’intérimaires en Guadeloupe s’établit à 1 630 mais reste à un niveau inférieur à celui d’avant la pandémie (2 230). Sur un an, l’emploi intérimaire baisse de 28,8 %, soit 660 emplois en moins dans ce territoire.

 

Chute de la création d’entreprises

Quant à l’activité économique générale, elle est en berne en Martinique comme en Guadeloupe. En Martinique, le BTP, qui devrait tirer l’activité, est à la peine : le nombre de logements autorisés a diminué de 5,1 %. Quant à l’activité hôtelière, elle est en chute libre : -93 % par rapport à la même période de 2019. En Guadeloupe également, les indicateurs ne sont pas bons : moins de logements autorisés (-11,6 %), un nombre de nuitées en très forte diminution (-92 %) et le chiffre d’affaires de la restauration en recul de 24 %.

Sur la période, seule la Guyane bénéficie d’une dynamique dans le secteur de la construction : +0,5 % en nombre de salariés, +24,2 % de logements en plus autorisés en un an. Mais la fréquentation hôtelière souffre : 69 % de nuitées en moins durant le deuxième trimestre 2020.

Dans ces trois territoires, la création d’entreprises est en recul : -30 % en Martinique par rapport au premier trimestre 2020, -24 % pour la Guadeloupe et -7,1 % pour la Guyane.

La Martinique, comme la Guadeloupe et la Guyane se retrouvent en même temps confrontées à une perte massive d’emplois salariés et à une chute remarquable de la création d’entreprises : des indicateurs préoccupants qui nécessitent des actions concertées et déterminées pour relancer les machines économiques.

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