Editorial

Avoir raison

Avoir raison

Les rois sont nus, mais la vie grouille au cœur des brasiers !

Il y a dix ans, alors que la Guyane, la Guadeloupe puis la Martinique s’apaisaient au bout de 45 jours après s’être enflammées à cause de la vie chère, nous écrivions un édito qui sonne aujourd’hui, comme de manière prémonitoire : “‘Est-ce que les gens naissent égaux en droit à l’endroit où ils naissent, que les gens naissent pareils ou pas ?’ Maxime Leforestier a posé cette question en 1988 dans sa chanson intitulée “Né quelque part”. Tant que, quelque part, on répondra non à cette question, le monde ne sera pas en paix.” Pendant ces dix dernières années, Daech, Al-Qaïda, Boko Haram, Aqmi, Aqpa et leurs cortèges d’actes terroristes nous ont donné raison.

Nous poursuivions : “Tant que les peuples n’accepteront pas de perdre leur mémoire, de perdre les faux repères d’histoires issues d’une conception du monde, les LKP, des Collectifs du 5 février et bien d’autres émergeront de par le monde avec des intensités toujours décuplées.” Durant ces dix dernières années, les Printemps arabes, la succession des soulèvements dans le monde, comme celui des Gilets jaunes aujourd’hui en France, nous ont donné raison.

Crimes contre la nature

Nous poursuivions encore : “Tant que l’Autre, dans toute sa diversité, ne sera pas regardé comme soi, la peine habitera la Terre.” Les mouvements MeeToo, #BalanceTonPorc, le scandale de la pédophilie organisée, tolérée, cachée, dans les recoins les plus insoupçonnés de la société, enfin mis au grand jour durant ces dix dernières années nous ont là encore donné raison.

Nous poursuivons toujours : “Aimé Césaire l’a reprécisé en 2005 : ‘Sortir de la victimisation est fondamental ; c’est une tâche peu aisée. L’éducation que nous avons reçue et la conception du monde qui en découle sont responsables de notre irresponsabilité.” Ici encore, ces centaines de milliers de personnes englouties dans de nombreuses mers du monde durant ces dix dernières années, car voulant sortir de cauchemars créés par d’autres pour simplement vivre, les crimes toujours plus importants contre la nature provoquant des phénomènes naturels de plus en plus violents nous ont donné là encore raison.

Transformer les échecs annoncés en victoire

Nous poursuivions enfin : “Tant que l’Amour ne redeviendra pas le moteur du monde. Tant que l’argent n’aura pas retrouvé son âme nichée dans le partage équitable, nos peuples sombreront dans le désespoir et nos enfants dans la rage de détruire.” Carlos Gohn, avant lui Jean-Marie Messier, nombre des grands patrons rejoints par les ultrariches qui se persuadent de leur unique talent et de leur bon droit de posséder toujours plus sur le dos du plus grand nombre qui crève la misère. Sans parler des élus qui ont allègrement confondu durant ces dix dernières années l’argent public et leur porte-monnaie, et ce dans de nombreux recoins de la Terre. Là encore nous avions raison.

Ce qui met de la couleur dans ce triste tableau, c’est que, partout, des Femmes et des Hommes de peu jouent crânement leur chance, transformant les échecs annoncés en victoire. Là aussi nous avons raison !

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