Stratégie

AFD Océan Atlantique : travailler au monde d’après

AFD Océan Atlantique : travailler au monde d’après

Malgré la crise sanitaire, l’Agence française de développement fait tout pour ne pas ralentir ses investissements dans la zone.

Avec la crise sanitaire, nous avons fait le choix de conserver ouvertes toutes nos implantations dans la zone océan Atlantique, nos équipes télétravaillent et nous faisons tout pour conserver le contact avec nos partenaires”, déclare Charles Trottman, nouveau directeur du département Trois océans de l’Agence française de développement depuis juillet 2020. La zone Antilles-Guyane est regroupée dans l’espace Océan Atlantique (voir encadré). Sauf dans le Pacifique, tout le monde télétravaille à l’AFD : “Nous avions déjà cette culture, nous l’avons amplifiée. Notre système informatique supporte cette mutation, mais nous devons tout de même nous réinventer !” complète-t-il.

 

Trois axes de travail

Dans la tempête, ce jeune inspecteur des finances se fixe trois axes de travail construits avec le ministère de l’Outre-Mer : “Tout d’abord, nous souhaitons construire une réponse sanitaire avec des interventions à l’échelle régionale. Ainsi, nous soutenons le réseau de surveillance épidémiologique Carpha. Vers le secteur hospitalier des territoires français qui font face à des difficultés du fait de leur endettement, nous avons amorcé l’étude de la possibilité de la reprise d’une partie de la dette par l’État, afin qu’il retrouve des capacités financières. Nous entamons des discussions territoire par territoire, hôpital par hôpital”, précise-t-il.

 

Accélérer les décaissements

Le second axe de travail concerne l’impact de la crise sanitaire : “Nous sommes très attentifs à la bonne mesure de l’impact économique de cette crise sanitaire et nous nous montrons réactifs : nous reportons les échéances pour nos clients aussi bien publics que privés, nous accélérons les décaissements dès que les projets sont signés, nous venons d’octroyer une ligne budgétaire de 28 M€ à l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) afin qu’elle renforce son action dans tous les territoires d’outre-mer ; et nous continuions à travailler avec les collectivités locales, évitant les à-coups dans l’activité”, détaille Charles Trottmann. L’AFD devrait décaisser autant qu’en 2019 en 2020, malgré la crise sanitaire.

 

Aider les projets à murir

Le troisième axe de travail concerne la relance, qui doit être durable : “Bien que la crise sanitaire soit encore là, nous devons travailler au monde d’après. Dans la stratégie outre-mer 5.0, le fonds outre-mer de 17,5 M€ est particulièrement destiné à aider les porteurs de projet à sortir leur projet. Nous finançons des études et de la maîtrise d’ouvrage. Nous avons fait le constat que de nombreux financements existent, mais que les projets peinent à atteindre la maturité pour être en capacité d’utiliser ces fonds.

Pour lui, ce manque d’expertise se rencontre aussi bien dans le privé que dans le public. C’est le cas dans l’eau, dans l’aménagement urbain, dans les énergies renouvelables. Avec ce fonds, il s’agit très clairement de renforcer les capacités des collectivités, notamment des petites communes, des EPCI. “Elles ont peu de services techniques, et ceux qui existent n’ont pas la compétence : nous apportons les financements pour financer de l’expertise”, précise-t-il.

 

L’AFD, 100% accord de Paris sur le climat

En Guadeloupe et en Guyane, les discussions avancent : on est au stade des diagnostics partagés financiers et des organisations. La collectivité de Saint-Martin bénéficie également d’une assistance technique pour restructurer et accélérer la reconstruction de l’île. Selon Charles Trottmann, les nouveaux élus, conscients des difficultés, veulent agir pour que l’avenir soit meilleur que le présent. “Ils sont face à de vrais défis de cohésion sociale, de lien, de pauvreté, de problème d’environnement : ils me paraissent conscients du fait qu’il faut développer les capacités d’innovation pour réinventer un modèle. Des solutions existent : nous devons être du côté des solutions !

Pour Charles Trottmann, l’AFD est en phase avec sa raison d’être : “100 % accord de Paris sur le climat, 100 % lien social, c’est encore plus vrai en période de crise. C’est le bon chemin à prendre.

 

AFD dans la zone Océan atlantique

Outre la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre & Miquelon pour la partie française, le département Océan Atlantique de l’AFD couvre les États de la zone tels Haïti, la Jamaïque, la République dominicaine, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, le Guyana, le Suriname. En 2019, l’AFD a investi 255,1 M€ en République dominicaine, 27,2 M€ à Haïti. Au total, zone française comprise, l’AFD a prêté 540,6 M€ dans 64 projets. Cinquante-sept personnes travaillent dans les agences de la zone Océan Atlantique.

En 2019, l’AFD a prêté 256 M€ dans son espace outre-mer Océan Atlantique, dont 39 M€ aux entreprises et 217 M€ au secteur public. Elle a ainsi investi 66 M€ en Guadeloupe, 18 M€ à Saint-Martin, 96 M€ en Martinique, 68 M€ en Guyane et 7,5 M€ à Saint-Pierre-et-Miquelon. Pour les entreprises, l’AFD intervient dans les secteurs de l’économie sociale et solidaire, des énergies renouvelables et dans l’accroissement de la durabilité sociale, médico-sociale et agroalimentaire. Pour le secteur public, elle intervient auprès des communes, des EPCI, des régions et collectivités.

Parmi les projets financés dans la zone Antilles-Guyane en 2019/2020, il y a l’Eneko en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique. Il s’agit de l’accompagnement à la transition énergétique de ces territoires par le soutien au programme multisite d’installations photovoltaïques sur toitures, à savoir la construction et l’exploitation de près de 200 installations en Martinique, Guyane et Guadeloupe, pour une puissance totale de 16 MWc. L’AFD y a contribué sous forme d’un prêt de 15 M€.

Autre projet emblématique sur la période, celui de la Savane des Pères en Guyane. Il s’agit du financement de l’exploitation d’une centrale solaire au sol intégrant un dispositif de stockage de l’énergie, dans la commune de Sinnamary. Le projet permet la réhabilitation d’un site dégradé afin d’améliorer le mix énergétique guyanais et devrait contribuer à éviter l’émission de 3663 tonnes de CO2 par an et à sécuriser l’approvisionnement en électricité du littoral guyanais. L’AFD a accordé un prêt de 5 M€.

 

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