Économie

Abattoir en Martinique : l’origine des problèmes

Abattoir en Martinique : l’origine des problèmes

Revers d’une même pièce : les artisans bouchers ont bloqué l’abattoir départemental de la Martinique pendant plusieurs jours à cause d’une augmentation qu’ils jugent insupportable de la taxe d’abattage.

Revers d’une même pièce : les artisans bouchers ont bloqué l’abattoir départemental de la Martinique pendant plusieurs jours à cause d’une augmentation qu’ils jugent insupportable de la taxe d’abattage. Cet énième conflit qui touche la filière animale de la Martinique est le revers d’une même pièce. Dans un document refaisant la chronologie du désastre et fort bien documenté, le président de la collectivité territoriale de Martinique a rappelé quelques faits têtus. Le jour de la liquidation en février 2019, la Société d’économie mixte de l’abattoir de la Martinique (SEMAM) devait 2 591 267,17€ exactement à ses fournisseurs et la majorité des coopératives utilisant les services de l’abattoir et membres du conseil d’administration ne payaient pas les prestations d’abattage. En clair, l’abattoir leur fournissait un service quasiment gratuit ! Leur dette totale envers la SEMAM s’élève au jour de la liquidation à 749 143,63€. Les membres du conseil d’administration ayant constitué cette dette sont, entre autres, la Coopérative des éleveurs de porcs de la Martinique (CoopMar), la Coopérative agricole de caprins (SCACOM), le Syndicat des bouchers qui représentaient l’équivalent de 80 % de la dette. “Durant 34 ans, l’abattoir a été maintenu sous perfusion pour soulager la filière, mais il y a des abus que l’on ne saurait cautionner”, a déclaré en substance le président de la Collectivité Territoriale de Martinique. Quant au protocole de fin de conflit, il propose la prise en charge par l’Association martiniquaise interprofessionnelle des viandes (AMIV) du paiement de la prestation de l’abattoir pour ce qui est communément le 5e quartier (tripes, abats, pattes…), service non payé par les artisans bouchers jusqu’alors. Le coût est estimé à 80 000€ par an.

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