Économie

Vie chère

Vie chère : et si ce n’était pas qu’une question de prix, mais l’effet d’un système ?

Vie chère : et si ce n’était pas qu’une question de prix, mais l’effet d’un système ?

Des voix commencent à s’élever de toutes parts.

La lutte contre la vie chère ne peut faire l’économie d’une politique d’actions sur les revenus, en agissant sur les revenus du travail et en développant la production locale et l’emploi.” Qui parle ? Jacques Brillant, alors préfet de La Réunion, en septembre dernier, dans un document de travail préalable à la venue du président Emmanuel Macron. Que démontre-t-il ? Que les écarts de prix n’érodent le pouvoir d’achat qu’à hauteur de 20%, que 80% du problème vient de la faiblesse des revenus. Ce que démontre également ce préfet est que le problème de la vie chère est systémique :  le modèle de développement économique basé sur la faiblesse des revenus d’une frange importante des populations atteint ses limites.

Cette idée fait son chemin visiblement partout : une dizaine d’investisseurs de la City, en Angleterre, dont Legal & General, Candriam, BMO ou encore Hermes EOS, représentant au total 2 Md de livres sterling d’actifs, ont écrit aux directeurs généraux de grandes entreprises du pays pour leur demander de relever le niveau de salaire minimum de leurs salariés (!)

Cette demande de relèvement des salaires à un niveau décent est à mettre en rapport avec celle qui consiste, au sein du patronat d’outre-mer, à réclamer toujours davantage de baisses de charges sur les bas salaires, provoquant l’effet pervers de tirer les grilles globales des revenus vers le bas.

Les écarts deviennent si grands qu’à un moment il faudra bien avoir le courage de stopper cette machine infernale, avant que le peuple, excédé, ne s’en mêle.

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