Blog de Francette

Qualité de vie aux Antilles-Guyane

Une majorité d’Antillo-Guyanais en situation de privation matérielle et sociale !

Une majorité d’Antillo-Guyanais en situation de privation matérielle et sociale !

Après la lecture des résultats de l’enquête sur la qualité de vie des Antillo-Guyanais, plus personne, plus aucun politique ne pourra parler “d’impression” de pauvreté, de sensation de “vie chère” ou encore de “sentiment” d’inégalité !

L’enquête sur la qualité de vie réalisée par l’Insee en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane vient de livrer ses dernières informations et elles laissent pantois. Après leur lecture, plus personne, plus aucun politique ne pourra parler “d’impression” de pauvreté, de sensation de “vie chère” ou encore d’inégalité. Et les résultats date de 2018 : imaginez ce qui se passe à bas bruit avec la crise sanitaire du coronavirus !

Ainsi, 50% de la population de Guyane, 41% en Guadeloupe et 38% en Martinique sont en situation de privation matérielle et sociale ! A titre de comparaison, seulement 10% de la population en France continentale se sent dans cette situation. Selon l’Insee, une personne est en situation de privation quant elle cumule au moins cinq privations parmi une liste de treize.

Entre privation et privation sévère

Ces treize privations sont ne pas être en mesure de payer un loyer, un prêt immobilier ou des factures courantes à temps ; de chauffer correctement le domicile ; de faire face à des dépenses imprévues ; de consommer de la viande, du poisson ou un équivalent de protéines tous les deux jours ; de s’offrir une semaine de vacances en dehors du domicile ; de posséder une voiture personnelle ; de posséder un lave‑linge ; de posséder un téléviseur couleur ; de posséder un téléphone (y compris un téléphone portable) ; d’appartenir à un ménage à très faible intensité de travail ; d’être dans un ménage ayant un revenu disponible inférieur au seul de pauvreté. 

Ainsi, sept habitants sur dix vivant aux Antilles-Guyane ne peuvent pas faire face à une dépense imprévue de moins de 1000€, ne peuvent pas remplacer des meubles défectueux et sont dans l’incapacité de se payer une semaine de vacances hors de leur domicile. Les familles monoparentales sont les plus touchées par les privations : 57% en Guyane, 55% en Martinique et 53% en Guadeloupe. Les 16-29 ans sont particulièrement touchés dans ces régions : 57% en Guyane, 47% en Guadeloupe et 42% en Martinique. Si en Guyane, les femmes et les hommes sont autant touchés, en Martinique et en Guadeloupe, elles sont plus nombreuses, soit respectivement 42% et 45%.

6 chômeurs sur dix en situation de privation

De même, les locataires sont les plus touchés que les propriétaires de leur logement par les privations : 54% contre 34% en Guadeloupe, 50% contre 44% en Guyane et 46% contre 32% en Martinique. Dans un système construit autour du diplôme, les diplômes et l’emploi semblent mieux protéger contre la privation et 6 chômeurs sur 10 subissent les privations. Enfin, une majorité des Antillo-Guyanais ne sont pas satisfaits de la vie qu’ils mènent en ce moment : 6,4 Martiniquais sur 10, en Guadeloupe 6,3 habitants et en Guyane 6,2 habitants. Cette insatisfaction est très directement liée à leur situation financière.

Rappelons que plus de 30% des Antillo-Guyanais sont sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire vivant avec moins de 1041€ par mois, contre 14% au niveau national ; ils vivent dans un contexte de prix supérieurs de 12% par rapport à ceux de la France continentale, situation qui s’est dégradée depuis 2010, année de la précédente mesure ; et le chômage structurel y est important ainsi que le sous emploi.

Dans un contexte aussi dégradé, être incapable de faire consensus, de faire taire les égos, de retrousser ses manches pour accélérer la bonne organisation de la cité pour le bien-être du plus grand nombre est simplement coupable.

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