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Robert Satgé : “Nos outils doivent être plus dynamiques pour coller au contexte local ”

{shopref}magazine-57{/shopref} Robert Satgé

Le directeur de l’Agence française de développement en Guyane tire un bilan de la politique d’actions menée en 2008 pour mieux orienter celle de 2009.

> Au vu du contexte économique actuel, le prêt aidé à l’investissement est-il très utilisé ?

En 2008, quelque 5 M€ ont été accordés aux banques à des conditions bonifiées, soit deux points en-dessous du taux normal, afin qu’elles prêtent aux entreprises à des conditions très intéressantes. En fait, le PAI n’a pas été une ressource sur lesquelles les entreprises se sont précipitées. Il y a eu peu d’investissements. Les banques devant justifier dans les six mois qui suivent l’usage de cette enveloppe, je vais mettre en place un programme de rencontres dès ce début d’année pour faire le point.

> Comment expliquez-vous ce manque d’enthousiasme ?

Cet outil n’est peut-être tout simplement pas adapté au contexte guyanais. Il en est de même pour le fonds de garantie Guyane-AFD. Il est sans doute nécessaire de créer une meilleure dynamique de ces outils au niveau local. Nous allons ainsi nous rapprocher de la communauté bancaire afin d’élaborer une formulation plus simple et plus souple de ces outils.
J’ai par ailleurs engagé une réflexion avec le Conseil régional de la Guyane afin que ces outils financiers puissent mieux coller à la situation… Le produit Oséo n’est pas assez “domien”, ne correspond pas assez à notre réalité. Une mesure technique a toutefois déjà été prise, puisque nous avons désormais le pouvoir de débloquer jusqu’à 300 000€ en Guyane contre 100 000€ auparavant, et ce, en une semaine. Nos outils doivent permettre de renforcer l’ensemble des filières créatrices d’emplois, qu’elles soient à Cayenne ou à Saint-Georges.

> Avez-vous déjà des pistes de réflexion ?

J’ai quelques idées en effet. Je crois que l’ouverture des frontières est primordiale pour la Guyane. Et concernant le secteur privé, il est nécessaire d’identifier des outils spécifiques pour renforcer les acteurs économiques guyanais. Les entreprises de Saint-Georges et de Saint-Laurent doivent pouvoir se développer, mais elles ont besoin d’être dopées pour renforcer leur compétitivité. Aussi sommes-nous en train de mettre en place à cet effet des moyens financiers comme des garanties pour les aider à s’installer au Surinam ou au Brésil. Nous sommes également en train de voir comment permettre la création d’alliances d’entreprises guyanaises, surinamaises et brésiliennes.

> Cette réflexion fait-elle partie des axes de coopération régionale ?

Non, pas directement car elle ne s’inscrit pas dans les

> D’autres produits de garantie pourraient-ils être créés afin de mieux répondre aux besoins guyanais ?

Nous étudions en ce moment une garantie de crédit pour le préfinancement de subventions européennes aux entreprises. Les banques feraient les avances aux entreprises dans l’attente de la subvention et l’AFD donnerait des garanties. Mais ce n’est encore qu’en projet.

> L’AFD va-t-elle signer avec de nouvelles communes un protocole de mise en place du dispositif de restructuration financière visant l’apurement de l’ensemble de leurs dettes ?

Oui, celles du fleuve devraient elles aussi être intégrées dans ce système. Le montant total qui sera accordé n’est pas encore défini, mais il devrait être compris entre 5 à 10 M€. Je rappelle que les premières décisions d’octroi de ce dispositif ont été prises en octobre 2008 en faveur de cinq communes : Cayenne (19 M€), Kourou (11,6 M€), Matoury (8,2 M€), Mana (3,2 M€) et Montsinéry-Tonnégrande (2,3M€). Les premières conséquences sur l’économie locale devraient se faire ressentir, puisque l’un des impacts de ce dispositif est de permettre aux municipalités bénficiaires de régler les arriérés de leurs fournisseurs et prestataires de services dès décaissement des prêts.

> Allez-vous effectuer un suivi ?

Pas directement. En fait, ce dispositif comporte un volet stipulant la mise en œuvre d’actions de formation, d’expertises ainsi que d’appuis divers. Ce volet est financé par une subvention faisant l’objet d’une convention entre le secrétariat d’État à l’Outre-mer et l’AFD. Une dotation de 2M€ a été engagée à cet effet que nous sommes chargés de gérer.

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