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Rémy Weber : “Devenir la banque de tous !”

Rémy Weber : “Devenir la banque de tous !”

La Banque Postale va tripler sa force de frappe : “Nous visons 25% de part de marché dans le secteur des entreprises.”

Echanges avec le Pdg de La Banque Postale

La Banque Postale a dix ans : comment se porte-t-elle ?

La Banque Postale fête effectivement son dixième anniversaire et elle se porte bien. Cependant, comme l’ensemble des établissements financiers, nous souffrons en ce moment à cause des taux d’intérêt bas, parce que La Banque Postale a beaucoup de liquidité. Pour cette raison, nous accélérons notre projet stratégique de devenir la banque de tous, des populations fragiles à celles ayant du patrimoine, des particuliers comme des professionnels et des collectivités.

Quelle est votre stratégie ?

En étant proches du terrain, en étant réactifs et capables d’apporter une réponse à l’ensemble de nos clients. Le développement de l’activité banque est une priorité pour le Groupe La Poste. La Banque Postale a donc pris le virage technologique avec la banque en ligne et en 2018, tous les bureaux de Poste seront des points de contact financier : tous les postiers seront capables de proposer des produits financiers. Ce sera une force de frappe considérable !

Comment allez-vous vous y prendre ?

Voilà deux ans, nous avons créé notre Ecole de la banque et du Réseau. Nous y formons tous les postiers sur des cycles longs d’une année. Nous avons d’ailleurs créé un nouveau métier : celui de Responsable clientèle Pros ou RC Pro.

Nous formons aussi l’encadrement à notre nouvelle organisation et à leurs nouvelles responsabilités. Les patrons de secteurs, c’est-à-dire nos managers responsables de plusieurs bureaux de Poste, sont donc en première ligne, ceux des Antilles-Guyane aussi : ils seront capables de prendre dans un premier temps des engagements jusqu’à 250 000€. Ces montants évolueront en fonction de la technicité des équipes.

Ainsi, dès 2017, nos clients particuliers seront face à 3000 commerciaux qui seront capables de monter des crédits immobiliers par exemple.

Les entreprises seront-elles intéressées par ce mouvement ?

Oui. Tout d’abord, rappelons que La Banque Postale n’est habilitée à faire des crédits aux entreprises que depuis fin 2012. Nous avançons donc avec prudence parce que faire du crédit aux entreprises est un métier technique et à risque, mais nous y allons de manière déterminée parce que nous y avons de grands leviers de croissance, notamment outre-mer.

Ainsi, dès 2017, quelques 1000 chargés de clientèle professionnelle seront répartis dans les bureaux de Poste. Aux Antilles-Guyane, nous commencerons par mettre en place des facilités de caisse pour les clients entreprises et professionnels. Et d’ici à 2020, nous déploierons au fur et à mesure nos outils tels le crédit bail pour l’achat de mobilier, de véhicules et d’outils, l’affacturage et le crédit bail immobilier. Notre objectif est qu’en 2020, La Banque Postale propose toute la palette de produits et services aux entreprises.

Nous sommes par exemple une banque capable de gérer des flux financiers importants partout sur le territoire national : nous en avons fait la démonstration lors de la primaire de la Droite et du Centre en assurant la gestion des 2e versés par les votants. Nous pouvons offrir ce même genre de service à toutes les entreprises. Notre objectif est d’atteindre 25% de part de marché. Nous sommes dans une logique de start-up, même si nous sommes 70 000!

La Banque Postale finance également les collectivités notamment d’outre-mer : allez vous également intensifier votre action vers elles ?

Depuis 2013, La Banque Postale fait des crédits moyens et longs termes aux collectivités. Hors Caisse des Dépôts et BPIFrance, nous sommes la première banque des collectivités locales. Nous détenons 25% de ce marché et avons eu quelques dossiers aux Antilles-Guyane. Nous allons donc poursuivre ces financements.

 

La Banque Postale : chiffres clés

> 10,8 millions de clients particuliers actifs

> 17 000 points de vente

> 11.6 millions de comptes de dépôts

Résultats financiers au 30 juin 2016

> Produit net bancaire : 2 974 M€ (+ 1,6%)

> Frais de gestion : 2 388 M€ (+0,5%)

> Résultat brut d’exploitation : 586 M€ (+6,2 %)

> Résultat avant impôts : 588 M€ (-0,2 %)

> Résultat net part du groupe : 360 M€ (-2.6 %)

Résultats commerciaux au 30 juin 2016

> Encours de Livret A : 59,6 Mdse (-3,8 %)

> Dépôts à vue particuliers : 50,9 Mds€ (+6,5 %)

> Encours de crédits immobiliers : 54,6 Mds€ (+0,8 %)

> Encours de crédits à la consommation : 4,7 Mds€ (+ 9,7 %)

> Encours de crédits aux personnes morales : 10,8 Mds€ (+ 32,5 %)

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