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Questions à Olivier Allain, ambassadeur du volet agricole du Grand plan d’investissement : “80% de garantie !”

Questions à Olivier Allain, ambassadeur du volet agricole du Grand plan d’investissement : “80% de garantie !”

Pour l’ambassadeur du volet agricole du Grand plan d’investissement, le monde agricole est soutenu par l’Etat durant les cinq prochaines années pour accompagner leur investissement.

Vous êtes l’ambassadeur du volet agricole du Grand plan d’investissement : de quoi s’agit-il ?

Ce volet agricole du Grand plan d’investissement (GPI) est une promesse de campagne du Président Macron. Cette enveloppe a été construite à la suite des États généraux de l’alimentation qui ont fait émerger cinq priorités : l’agroécologie et la réduction des entrants, le bien-être animal et la sécurité sanitaire des élevages, l’indépendance protéique, la production d’énergies renouvelables et les économies d’énergie, la santé des travailleurs et les conditions de travail.

De même, trois grands axes structurants ont été définis pour répondre aux besoins de l’amont et de l’aval des filières. Il s’agit de la transformation de l’amont agricole et forestier, de l’amélioration de la compétitivité de l’aval agricole et forestier ainsi que l’innovation et la structuration des filières.

Qu’est-ce que ce volet agricole décliné outre-mer ?

Ce plan de 19 mesures, doté de 5 Md€ sur cinq ans, est accessible aux 18 régions françaises. L’ensemble du dispositif d’investissement sera prêt pour juin 2019. Nous avons donc une enveloppe de 800 M€ qui permettra d’apporter une garantie jusqu’à hauteur de 80 % du prêt que les agriculteurs demanderont directement à leur banque. L’État se porte donc garant à côté d’eux.

Ce plan se décline en Martinique, en Guadeloupe comme en Guyane. Nous savons qu’outre-mer le Poséi permet déjà des taux de subvention à hauteur de 90 % contre 25 % en métropole. Même si comparaison n’est pas raison, les aides à l’agriculture dans les îles sont 16 fois plus élevées par rapport à celles octroyées sur le continent. Cela s’explique notamment par le grand nombre d’exploitations de petite surface.

En revanche, il y a une donnée particulière outre-mer que nous avons découverte : les banques ne prêtent pas au secteur agricole. Le nouveau dispositif que nous proposons devrait libérer le crédit.

Que proposez-vous ?

Le volet agricole du GPI propose une garantie à hauteur de 80 % du crédit demandé pour un montant maximum de 200 000€. Il n’existe aucune restriction quant au type d’investissement, ni au niveau du secteur agricole concerné. Nous retiendrons en priorité les projets structurants.

Comment se monte le dossier ?

L’agriculteur s’adresse directement à sa banque, il ne passe pas par une coopérative. Un appel à projets sera bientôt lancé au niveau national auprès du secteur bancaire afin de retenir celles qui porteront cet outil financier structuré par Bpifrance. Les banques retenues seront connues fin juin et elles agiront également outre-mer.

La première enveloppe est donc de 800M€ pour toute la France : comment fonctionnera-t-elle ?

Les 800 M€ viennent du Fonds européen d’investissement mis en place voilà trois ans. L’enveloppe fonctionnera selon le principe des premiers arrivés premiers servis. Cependant, le fonds sera abondé en fonction des besoins et, au fur et à mesure que les prêts seront remboursés, nous pourrons dégager des possibilités pour de nouveaux investissements.

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